Revue de presse Niger – 15/12/2025

Revue de presse Niger – 15/12/2025

Niger : Plus de 1,5 milliard FCFA de la FAO pour renforcer l’agriculture à Dosso et Tillabéri – ANP – 13/12

Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, M. Mahaman Ali Lamine Zeine, a procédé, dans la soirée de ce samedi 13 décembre 2025 à son cabinet, à la signature d’un accord portant sur un projet d’un montant de 1 535 077 500 FCFA, soit environ 2 750 000 dollars américains, avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) représentée par son représentant au Niger, M. AL Hassan Cissé.

Ce projet, d’une durée de trois ans, sera mis en œuvre dans les régions de Dosso et de Tillabéri, et la Fédération Mooriben en sera la bénéficiaire.

A l’entame de ses propos, le Premier ministre a d’abord « salué l’excellente coopération qu’il y a d’abord entre la FAO et le Niger, et  ensuite un peu plus élargie avec le système des Nations Unies. Ces 2.750.000 de dollars iront directement aux paysans nigériens de deux zones d’intervention du projet.  

« Notre souhait pour la prochaine fois, c’est de voir comment étendre ce projet sur les autres régions pour que ça rejoigne un peu la vision du Chef de l’État qui travaille ardemment pour la valorisation des points d’eau sur l’ensemble du pays, donner les meilleures chances à notre agriculture, qui représente 40% de la richesse nationale du PIB. » a déclaré le Premier ministre qui a tenu à féliciter des actions de la FAO au Niger qui répondent à  »nos priorités et ça répond également à votre propre stratégie ».  

« je souhaite que cette bonne coopération-là soit accentuée et que nous pourrions avec le suivi qui sera assuré, voir très rapidement se réaliser l’impact sur les populations » a-t-il conclu.  

Pour le représentant de la FAO au Niger M. Al Hassan Cissé «ce projet ambitieux, est centré sur l’autonomisation des producteurs et la création des chaînes de valeurs inclusives »

« Notre approche sera résolument participative et inclusive, garantissant l’appropriation des activités par chaque acteur local pour atteindre les trois principaux résultats. » a indiqué le représentant de la FAO tout en détaillant que « le premier vise à renforcer la Fédération Mooriben, ses unions et organisations dans les régions de Dosso et de Tillaberi grâce à des formations techniques, organisationnelles et administratives ; Le deuxième résultat consiste à accompagner les organisations de producteurs, unions et OPB à développer effectivement des chaînes de valeurs résilientes et adaptées afin de pouvoir améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les communes d’intervention; et Le troisième se concentrera sur la coordination, le suivi et la capitalisation du projet afin de garantir la qualité, la transparence et la reproductibilité des bonnes pratiques identifiées. »

A travers ce projet, a poursuivi M. Al Hassan, « notre ambition est de faire de Mooriben et des organisations membres des partenaires solides pour développer des filières agricoles rentables et établir des partenariats durables avec le secteur privé au bénéfice des petits exploitants. »

« Nous renforcerons particulièrement les capacités des agriculteurs à mobiliser et à gérer des investissements, à conduire des activités génératrices de revenus durables et résilientes avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes. Ce projet est en parfaite cohérence aussi avec la stratégie de la FAO qui promet les priorités aussi du gouvernement. » a-t-il fait savoir, soulignant qu’il s’agit  »d’améliorer la production, d’améliorer la nutrition, d’améliorer l’environnement et améliorer le cadre de vie. C’est dans ce cadre que ce projet mis en œuvre contribuera spécifiquement à améliorer la production et les conditions de vie des communautés ».

Notons que ette cérémonie s’est déroulée en présence du Ministre des Affaires Etrangères, du Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, et du Directeur de cabinet du Premier Ministre.

Niamey : le Forum national sur la communication inclusive se clôt sur un appel à l’action des radios communautaires Actu Niger 14/12

Le Palais des Congrès de Niamey a abrité, dans l’après-midi du jeudi 27 novembre 2025, la cérémonie de clôture du Forum national sur la communication inclusive et responsable, une initiative stratégique du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, appuyée par l’UNICEF. Pendant trois jours, acteurs des radios communautaires, autorités locales et partenaires techniques ont échangé autour du thème : « Le rôle des radios communautaires et des autorités locales dans la promotion des droits de l’enfant, la consolidation de la paix et la gouvernance locale ».

La cérémonie de cloture a été présidée par le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou en présence de la représentante par intérim de l’UNICEF au Niger, du secrétaire général du ministère de la Communication, des autorités administratives locales et de nombreux professionnels des médias communautaires, venus de différentes régions du pays.

Des échanges « francs et constructifs »

Dans son allocution de clôture, le ministre Adji Ali Salatou a salué la qualité des débats, soulignant que le principal mérite du forum réside dans « des échanges francs et constructifs », loin de toute logique de leçon ou de posture. Pour le ministre, les discussions ont permis de mettre en lumière le rôle central de la communication dans les transformations sociales

« La communication façonne les perceptions, influence les opinions et détermine la manière dont les individus et les groupes interagissent », a-t-il rappelé, tout en mettant en garde contre les dérives possibles d’une communication qui ne serait ni inclusive ni responsable. Selon lui, une telle communication peut diviser, exclure et renforcer les inégalités, alors qu’une approche véritablement inclusive doit tenir compte des besoins spécifiques de chacun et donner la parole aux populations souvent marginalisées.

Une feuille de route consensuelle adoptée

Au terme des travaux, plusieurs résultats concrets ont été enregistrés. Le ministre a indiqué que les radios communautaires et les autorités locales ont été sensibilisées à l’importance d’une communication inclusive et responsable, que des expériences réussies ont été partagées et capitalisées, et qu’une feuille de route consensuelle a été adoptée.

Un cadre de collaboration entre radios communautaires, autorités locales et leaders communautaires a également été esquissé afin d’assurer le suivi des engagements pris. « Ce forum a démontré que la responsabilité en matière de communication va bien au-delà du respect de la vérité et de la transparence », a insisté Adji Ali Salatou.

Appelant à passer des paroles aux actes, le ministre a rappelé que communicants, journalistes, responsables publics, éducateurs et citoyens engagés ont tous un rôle à jouer pour bâtir un environnement informationnel équitable et respectueux. « Ce forum n’est qu’un début. Il est maintenant de notre responsabilité de traduire nos conclusions en actions concrètes », a-t-il martelé, exhortant les participants à maintenir leur engagement dans la durée.

Les radios communautaires, leviers de paix et de développement

Prenant la parole à son tour, la représentante par intérim de l’UNICEF au Niger, Ainhoa Jaureguibeitia, a souligné l’importance stratégique des radios communautaires dans le contexte nigérien. « Lorsqu’une information fiable, contextualisée et diffusée dans une langue comprise par les populations, elle devient une véritable force de transformation sociale », a-t-elle déclaré, estimant qu’une telle communication peut apaiser les tensions, stimuler le dialogue et protéger les plus vulnérables.

Pour l’UNICEF, ce forum doit marquer un point de départ et non une simple parenthèse. L’ambition affichée est de faire de chaque radio communautaire « un pilier du développement local, un outil de résilience et une voix pour chaque enfant, chaque femme et chaque homme du Niger ». Citant l’historien africain Joseph Ki-Zerbo, elle a rappelé que « la parole est un pouvoir : lorsqu’elle circule, elle construit la paix, et lorsqu’elle est confisquée, elle prépare la guerre ».

Revenant sur les travaux des trois jours, Ainhoa Jaureguibeitia a salué des échanges qui ont permis d’aller au-delà des constats pour aboutir à des engagements concrets et des recommandations fortes. Autant d’éléments qui traduisent, selon elle, une volonté collective de faire des radios communautaires des acteurs incontournables du développement local, des vecteurs de paix et des alliés essentiels dans la promotion des droits de l’enfant.

La clôture de ce forum ouvre ainsi une nouvelle étape pour la communication communautaire au Niger, appelée à jouer un rôle accru dans la cohésion sociale, la gouvernance locale et la protection des plus vulnérables.  

Niamey essuie ses dettes envers la Banque mondiale Africa Intelligence – 15/12  

La junte du général Abdourahamane Tchiani s’est acquittée d’arriérés de paiement envers la Banque mondiale à la mi-novembre. Le règlement de la facture, d’un montant de 15 millions de dollars, a permis la reprise des principaux projets financés par l’institution de Bretton Woods dans le pays, lesquels avaient été interrompus durant quelques semaines. La banque y dispose d’un portefeuille de 4,4 milliards de dollars, dans des secteurs variés allant de l’agriculture à l’énergie en passant par l’élevage et la rénovation des routes.

Le gouvernement nigérien, qui fait face à une situation économique fragile, cherche à soigner sa collaboration avec l’établissement dirigé par Ajay Banga. Si l’institution financière avait suspendu ses opérations au Niger dans la foulée du coup d’État ayant renversé l’ex-président Mohamed Bazoum en juillet 2023, elle y a repris ses activités à partir de février 2024. Les relations entre Niamey et la Banque mondiale sont notamment facilitées par les liens de longue date existant entre le premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, et le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, le Mauritanien Ousmane Diagana. En poste dans la capitale nigérienne dans les années 2000, les deux hommes entretiennent depuis une certaine proximité.

Contactée, la Banque mondiale indique de son côté que les programmes financés par l’institution sont « en bonne voie ».

AES : lancement à Bamako de la Banque confédérale d’investissement, dotée de 500 milliards de FCFA Actu Niger 14/12

Bamako a accueilli cette semaine un rendez-vous économique majeur de l’Alliance des États du Sahel (AES). Les ministres de l’Économie et des Finances du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont signé la convention créant la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), dotée d’un capital initial de 500 milliards de FCFA (environ 890 millions de dollars), ouvrant la voie à son opérationnalisation.

Cette institution vise à devenir un outil central pour financer les ambitions économiques et sociales des trois pays, avec un prélèvement confédéral prévu pour alimenter durablement ses ressources.

Pour les autorités de l’AES, l’enjeu dépasse la simple création d’une banque. « Une étape décisive a été franchie », a déclaré le Premier ministre nigérien et ministre de l’Économie et des Finances, Ali Lamine Zeine. À ses yeux, la BCID-AES incarne « le véhicule de notre autonomie décisionnelle », capable de mobiliser des financements selon « nos calendriers, nos normes et nos visions de développement ».

La future banque aura pour mission de soutenir des projets structurants à fort impact, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de l’industrie, ainsi que dans les interconnexions régionales et l’appui au secteur privé. Le ministre burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Dr Aboubakar Nacanabo, a insisté sur le rôle central de la BCID-AES dans le financement de ces projets stratégiques, tandis que son homologue malien évoquait un outil clé pour accompagner la transformation économique du Sahel.

La dynamique s’est poursuivie jeudi 11 décembre 2025, avec la réception, à Bamako, d’une délégation de haut niveau par le Président de la Transition du Mali et Président de la Confédération des États du Sahel, le Général d’Armée Assimi Goïta. Conduite par le ministre malien de l’Économie et des Finances,

Alousseni Sanou, la délégation comprenait Dr Aboubakar Nacanabo pour le Burkina Faso et Ali Lamine Zeine pour le Niger. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des travaux finaux visant à rendre la banque pleinement opérationnelle.

« Nous avons validé et signé les statuts de la banque, ce qui marque officiellement sa création », a annoncé Dr Aboubakar Nacanabo, porte-parole de la délégation. Cette validation ouvre la voie à la phase opérationnelle, même si certaines modalités de fonctionnement restent encore à préciser.

La prochaine étape concernera la nomination des dirigeants de la BCID-AES, un passage obligé pour engager la mobilisation de financements complémentaires, notamment sur les marchés. Lors de l’audience, les ministres ont également reçu les orientations finales du Président Assimi Goïta sur la vocation stratégique de l’institution. « Il s’agit de financer des projets à fort impact, en cohérence avec la ligne de souveraineté tracée par nos trois Chefs d’État », a souligné le ministre burkinabè.

Avec la BCID-AES, l’Alliance des États du Sahel entend se doter d’un levier financier souverain, capable d’accélérer l’intégration régionale, de soutenir le développement économique et de renforcer la résilience des populations sahéliennes, dans un contexte marqué par de profonds défis économiques et sécuritaires.

La lutte fratricide entre les États du Sahel et l’Afrique de l’Ouest Mondafrique 15/12  

Le coup d’État manqué révèle révèle la nouvelle guerre d’influence qui oppose désormais les juntes militaires aux régimes traditionnels de l’ Afrique de l’Ouest

Le 7 décembre 2025, Cotonou s’est réveillé sous le fracas des armes. Une tentative de putsch rapidement étouffée, mais dont la portée dépasse largement les frontières béninoises. Derrière cette opération improvisée se dessine un affrontement plus vaste : la bataille d’influence qui oppose désormais les États côtiers aux régimes sahéliens.

Une attaque éclair et une guerre de récits

À l’aube, un groupe de militaires menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a pris d’assaut la télévision nationale. Un geste symbolique, hérité de décennies de putschs africains, où contrôler l’écran revient à s’emparer du récit.

Sur les réseaux sociaux, des relais proches des régimes sahéliens ont aussitôt annoncé la chute du pouvoir béninois. Une communication précipitée, révélatrice d’une stratégie hybride : mêler action militaire et offensive médiatique pour donner à une mutinerie l’apparence d’un soulèvement populaire.

L’illusion n’a duré que quelques heures. L’intervention rapide du Nigeria et de la France a mis fin à la tentative de renversement. Mais l’épisode expose une dynamique plus profonde : une poussée idéologique et stratégique venue du Sahel, qui avance par touches, teste les défenses et cherche à étendre son influence sans confrontation directe.

Une influence diffuse, sans uniforme

Les signaux s’accumulent : financements discrets, réseaux numériques actifs, discours anti‑CEDEAO amplifiés depuis des mois. Aucun ordre formel n’a besoin d’être donné. Le terrain avait été préparé en amont, dans les esprits.

Le Sahel n’envoie plus de troupes ; il diffuse des récits, instille la défiance et exploite les fragilités internes. Une stratégie de pénétration lente, où les acteurs locaux croient agir pour la souveraineté nationale tout en s’inscrivant dans un axe géopolitique opposé aux partenaires occidentaux.

Pour les régimes sahéliens, l’enjeu est clair : un coup réussi offrirait un accès stratégique à la mer. Un échec, lui, ne coûte rien — mais permet de mesurer les lignes de défense adverses.

Le Bénin, maillon d’un corridor vital

Si le Bénin est ciblé, c’est aussi pour son rôle dans un dispositif énergétique crucial : le pipeline reliant les champs pétroliers d’Agadem, au Niger, au terminal béninois de Sèmè‑Kpodji.

Cette infrastructure constitue la seule ouverture du Niger vers l’océan. La sécuriser est devenue un impératif vital pour les États sahéliens regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Installer un pouvoir favorable à Cotonou serait, pour eux, un atout stratégique majeur.

Failles internes et frontières poreuses

Au nord du Bénin, la menace est déjà présente. Des groupes armés venus du Burkina Faso progressent, des soldats tombent dans l’indifférence, et une partie de l’armée se sent abandonnée. Un terreau idéal pour les opérations d’influence.

La frontière avec le Niger est devenue une zone grise où circulent idées, armes et agents. À l’ouest, le Togo entretient une ambiguïté stratégique qui facilite les mouvements transnationaux.

Dans le même temps, la CEDEAO se fragilise. Depuis la rupture avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, l’organisation n’est plus un médiateur : elle est devenue un champ de confrontation entre deux visions du continent. Le Bénin se retrouve au cœur de cette ligne de fracture.

Le golfe de Guinée, nouvelle ligne de front

L’échec du putsch ne met pas fin à la confrontation. L’AES semble jouer la carte de l’usure : multiplier les provocations, tester les réactions, recommencer jusqu’à épuiser les États côtiers.

Chaque tentative accroît la pression sur Abuja et Paris, alimentant le ressentiment populaire contre leurs interventions. Le Nigeria, affaibli par ses crises internes, peine à assumer son rôle de puissance stabilisatrice. La France, elle, se retrouve enfermée dans une posture défensive qui nourrit les discours hostiles.

La bataille qui s’annonce ne se jouera pas seulement sur le terrain militaire, mais dans les récits, les alliances et la capacité à tenir dans la durée. Le 7 décembre n’était qu’un avertissement.

Le Sahel a compris que contrôler l’accès à la mer, c’est maîtriser les routes, les ressources et les symboles. Et qu’un empire — même moderne — étouffe sans ports.

Le golfe de Guinée s’impose désormais comme la nouvelle ligne de front de la guerre d’influence qui redessine l’Afrique de l’Ouest.

Le Bénin, la Guinée-Bissau et le terrorisme au coeur d’un nouveau sommet de la Cédéao à Abuja RFI – 14/12  

Renversement du président Umaro Sissoco Embalo à Bissau, tentative de putsch contre le président Patrice Talon à Cotonou, dégradation de la situation sécuritaire dans le nord des pays côtiers ouestafricains…: les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest se réunissent en sommet, ce dimanche 14 décembre au Nigeria, avec un ordre du jour très consistant.

Une semaine tout juste après la tentative de putsch militaire au Bénin, les dirigeants des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se réunissent en sommet, ce dimanche 14 décembre, à Abuja, au Nigeria. La réunion, qui va clore l’année du cinquantenaire de l’organisation ouest africaine, sera également pour elle l’occasion de passer en revue les nombreux sujets de préoccupation du moment, rapporte notre correspondant sur place, Moïse Gomis

Pour son premier sommet en tant que président de la conférence des chefs d’État, le président sierra léonais Julius Maada Bio a droit à un ordre du jour très consistant. Avec ses pairs de la sous-région, il va d’abord devoir statuer sur le maintien ou non des quelque 200 hommes de la force en attente de la Cédéao déployés au Bénin depuis le coup d’État raté du 7 décembre à Cotonou. Vont-ils être rejoints par des soldats de la Sierra Leone et du Ghana ? Une réponse à cette question devrait sans doute être donnée ce dimanche à Abuja où la crise politique en Guinée-Bissau sera également au centre des débats.

À l’ordre du jour : le Bénin, mais aussi la Guinée Bissau et la situation sécuritaire dans le nord des pays côtiers

dans ce dossier, la principale question réside dans la nature et le ciblage des sanctions qui seront prononcées à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embalo, le 26 novembre. À cette occasion, 17 organisations et mouvements de la société civile d’Afrique de l’Ouest appellent de leur côté l’organisation à faire publier sans délai les résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre, estimant qu’ils peuvent toujours être proclamés, conformément à la loi électorale.

« Lors de la tentative de coup d’État au Bénin, la Cédéao s’est mise en branle pour empêcher qu’il y ait un renversement du régime. Nous estimons donc qu’elle a aussi la capacité de maintenir la pression sur les autorités militaires bissau-guinéennes pour qu’elles respectent la volonté du peuple bissau-guinéen et publient immédiatement les résultats des élections », affirme ainsi Alseny Farinta Camara, coordinateur pays du mouvement Tournons la page, en Guinée.

Enfin, un an exactement après que les dirigeants de l’organisation aient décidé d’activer en urgence sa force en attente pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans la sous-région, ces derniers devraient avoir en main un nouveau mémorandum dressant un état des lieux encore plus sombre de la situation et des menaces qui s’étendent désormais sur une bande allant de manière plus ou moins continue du nord de la Côte d’Ivoire au nord du Nigeria.

LA VOIE DU SAHEL