Revue de presse Niger – 16/03/2026

Revue de presse Niger – 16/03/2026

Résolution de l’UE exigeant la libération de Mohamed Bazoum :  La CCSN rejette toute pression politique extérieure – ANP – 15/03

La Coalition des Centrales Syndicales du Niger (CCSN) a, dans un communiqué de presse publié le  samedi 14 mars 2026, rejeté la résolution du parlement de l’Union européenne adoptée le 12 mars 2026, exigeant la libération de l’ancien Président Mohamed Bazoum.

La Coalition des centrales Syndicales du Niger (CCSN), rapporte le communiqué , ‘’considère cette résolution comme une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de la République du Niger, ainsi qu’une pression politique injustifiée contre un État souverain engagé dans un processus de refondation nationale’’.

Par conséquent, les Centrales Syndicales membres de la CCSN rappellent, selon la source , ‘’que le Niger est un État libre et souverain, et que la situation de l’ancien Président Mohamed Bazoum relève exclusivement des juridictions et institutions compétentes du Niger, conformément aux lois de la République et à la volonté du peuple nigérien’’.

A cet effet,, ‘’la CCSN rejette fermement toute tentative de pression ou de diktat venant de l’extérieur et réaffirme son attachement indéfectible à la défense de la souveraineté nationale’’ indique le communiqué, réitérant ainsi le  soutien ferme des Centrales membres de la CCSN, ‘’aux Autorités du Niger dans leur démarche qui a consisté à convoquer l’ambassadrice de la Délégation de l’Union Européenne au Niger pour lui transmettre une lettre officielle de protestation’’.

Par ailleurs, ‘la CCSN dénonce  le silence coupable de cette même Union Européenne face aux violations graves du droit international dans d’autres régions du monde notamment le Kidnapping du Président du Venezuela Nicolas Maduro, le blocus injuste contre le peuple cubain, le parrainage du terrorisme au Sahel et l’agression Israelo-americaine contre l’IRAN illustrant ainsi, un deux poids deux mesures contraire aux principes de justice et d’équité entre les nations’’ rapporte la même source.

Enfin, toujours  à travers ce même communiqué, les Centrales Syndicales membres de la CCSN exhortent  l’ensemble des travailleurs nigériens, les organisations sociales et toutes les forces vives de la Nation à demeurer unis, vigilants et mobilisés afin de préserver la cohésion nationale et défendre la souveraineté du Niger.

Face à la volonté manifeste de l’UE de s’ingérer dans les affaires internes au Niger : les organisations de la société civile préconisent l’Union sacrée des nigériens ANP – 15/03  

Les organisations de la société civile nigérienne ont, au cours d’une rencontre organisée ce dimanche 15 mars au siège de l’union des scolaires nigériens (USN), préconisé l’union sacrée de tous les nigériens autour des idéaux prônés par les autorités et face à la volonté manifeste de l’union européenne de s’ingérer dans les affaires internes du Niger.  

Cette annonce de la société civile nigérienne fait suite à une résolution du parlement de l’UE adoptée le jeudi 12 mars exigeant la libération immédiate de l’ex-président de la République, Mohamed Bazoum.  

En prenant la parole à cette occasion, le secrétaire général du mouvement M62, Sanoussi Mahaman a déclaré que  »le  choix opéré par notre pays, de prendre son destin en main, est un choix qui dérange ceux qui ont l’habitude de profiter de notre pays, de piller notre pays’’.

Aujourd’hui, a-t-il ajouté,  »ils sont en train de jouer leur dernière carte, leur dernier objectif, c’est de se mobiliser pour attaquer notre pays, le Niger’’.

Sanoussi Mahaman de rappeler, à cet effet, que ‘’depuis les événements de 26 juillet 2023, le peuple nigérien est resté mobilisé et engagé pour défendre la patrie », assurant que  »nous allons continuer à la défendre au prix de notre vie’’.

Le responsable de la société civile de rappeler également à la population que  »l’heure n’est plus de repos ou de sommeil, c’est le moment pour prendre d’assaut tous les points de réponse stratégiques de notre capitale et de l’intérieur de notre pays pour assurer une veille citoyenne’’.

Selon Sanoussi ‘’ il faut qu’on comprenne une chose, en rangs dispersés, nous ne serons jamais forts ».  

 »Il faut serrer les rangs, il faut regarder dans la même direction, il faut rester unis et solidaires’’ a-t-il préconisé.  

Notons qu’au cours de cette réunion plusieurs recommandations ont été faites pour une mobilisation générale, pour la défense de la patrie contre toutes menaces.

Niamey : le Premier Ministre rencontre le haut responsable du bureau des affaires Africaines du département d’État ANP 14/03  

Le Premier Ministre, M. Ali Mahaman Zeine a rencontré en fin de soirée de ce vendredi 13 Mars 2026, le haut responsable du bureau  des affaires Africaines du département d’État américain, M.NICOLAS CHECKER  

Cette rencontre s’est déroulée en présence du  Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré.

Notons qu’aucune déclaration n’a été faite à la presse à l’issue de cette rencontre.  

Niger : la Banque mondiale décaisse 250 millions USD pour renflouer les caisses des institutions financières et bancaires Actu Niger – 14/03  

Une véritable thérapie financière pour les institutions financières et bancaires du Niger, en panne sévère de liquidités depuis les événements de juillet 2023 et les sanctions économiques et financières imposées au pays. La Banque mondiale a approuvé, le 12 mars 2026, un don de 250 millions de dollars USD, un peu moins de 140 milliards FCFA, de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le pays à renforcer son secteur financier et à élargir l’accès des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) aux financements. Concrètement et selon le communiqué publié par le Groupe, l’opération vise à rétablir les liquidités du système bancaire, à encourager la reprise des prêts aux entreprises viables et à soutenir la création d’emplois et la génération de revenus dans tout le pays.

Le Projet d’appui au secteur financier et d’accès au financement des MPME, qui aidera le Gouvernement nigérien à résoudre les problèmes de liquidité auxquels sont confrontées les institutions financières et les MPME, était en négociation depuis plusieurs mois et a été au centre d’échanges, fin janvier, entre le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine et une délégation de la Banque mondiale, conduite par le représentant résident au Niger, Affouda Léon Biaou.

Selon le Groupe de la Banque mondiale, le Projet d’appui au secteur financier et d’accès au financement des MPME au Niger aidera le Gouvernement nigérien à résoudre les problèmes de liquidité auxquels sont confrontées les institutions financières et les MPME. « Il déploiera un ensemble d’instruments complémentaires destinés à améliorer la liquidité et à renforcer l’intermédiation financière, tout en élargissant l’accès des MPME aux financements », a indiqué l’institution financière internationale dans un communiqué publié le 12 mars dernier.

Le projet devrait bénéficier à 7 500 MPME, notamment grâce à un soutien ciblé aux entreprises dirigées par des femmes et à des investissements résilients face au changement climatique, et contribuer à créer et à maintenir environ 58 000 emplois.

Pénuries de liquidités des banques privées, faiblesses des banques publiques et difficile accès au crédit pour les entreprises

Le secteur privé et les MPME du Niger sont confrontés à des difficultés croissantes en raison de la conjoncture macroéconomique et des récentes perturbations financières, est-il rappelé dans le document, qui précise que le secteur financier est confronté à des pénuries de liquidités dans plusieurs banques et institutions de microfinance, à des faiblesses dans les banques du secteur public et à un accès limité au crédit pour les MPME. Ces contraintes ont réduit la capacité des prêteurs à répondre aux besoins des clients et ont réduit le financement du secteur privé, en particulier pour les MPME qui dépendent des fonds de roulement et du financement des investissements pour fonctionner, maintenir les emplois et se développer.

« Ce projet vise à restaurer la confiance et à ouvrir des opportunités aux entrepreneurs nigériens. En conjuguant apport de liquidités, outils de partage des risques et assistance technique pratique, l’opération aidera les MPME viables à accéder à des financements pour investir, protéger les emplois et se développer, tout en renforçant la capacité des institutions financières à prêter de manière durable, notamment aux entreprises dirigées par des femmes », explique Johan A. Mistiaen, responsable des opérations du Groupe de la Banque mondiale pour le Niger.

Le projet contribuera également à accroître les prêts aux MPME grâce à une combinaison de mécanismes d’apport de liquidités et de partage des risques, ainsi qu’à un soutien ciblé pour renforcer les capacités des institutions financières participantes et améliorer l’accès des MPME aux services financiers et non financiers. Il comprend également une composante d’intervention d’urgence conditionnelle (CERC) qui offre la souplesse nécessaire pour une réponse rapide en cas de crise, ainsi qu’un appui à la mise en œuvre, un suivi et une évaluation pour assurer une exécution efficace.

Soutien aux efforts du gouvernement

Selon la Banque mondiale, cette opération soutient les efforts déployés par le Niger pour stabiliser et moderniser son secteur financier, stimuler l’activité du secteur privé et créer de meilleures conditions pour l’entrepreneuriat, l’investissement et l’emploi.

Le Projet d’appui au secteur financier et d’accès au financement des MPME était en négociation depuis plusieurs mois et a été au centre d’échanges, fin janvier, entre le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine et une délégation de la Banque mondiale, conduite par le représentant résident au Niger, Affouda Léon Biaou.

À l’issue de la rencontre, qui s’est déroulée en présence du nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Laouali Abdou Rafa, le représentant résident de la BM, Affouda Léon Biaou, s’est dit rassuré par les propos du Premier ministre qui lui a dit que « le gouvernement prend à bras-le-corps les problèmes du secteur financier et veut leur donner ce taux d’hygiène pour permettre au secteur de rebondir et de soutenir l’économie nationale ».

Niger: le ministère des Affaires étrangères convoque la chargée d’affaires de l’UE à Niamey RFI 15/03  

Au Niger, le ministre des Affaires étrangères a convoqué jeudi la chargée d’affaires de l’Union européenne à Niamey. Bakary Yaou Sangaré lui a remis une lettre officielle de protestation suite au vote par le Parlement européen d’une résolution demandant la libération du président renversé Mohamed Bazoum et de son épouse, détenus à la résidence présidentielle à Niamey depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. Les relations entre l’UE et le Niger sont houleuses depuis la prise du pouvoir par les militaires nigériens. 

C’est la chargée d’affaires de la délégation européenne qui a été convoquée, il n’y a plus d’ambassadeur européen au Niger depuis que Niamey a demandé son remplacement il y a un an et demi, l’accusant de mauvaise gestion d’un fonds humanitaire.

Il s’agissait du point d’orgue d’une crise entre le nouveau pouvoir nigérien et l’Union européenne, dont les relations se sont tendues après le coup d’État et un peu plus encore après l’adoption, en novembre 2023, d’une première résolution au Parlement européen, demandant la libération de Mohamed Bazoum.

Dénonciation de ses accords avec l’UE

Fin 2023, Niamey a dénoncé ses accords avec l’UE, mettant fin à deux missions de défense et de sécurité. Les autorités ont affirmé, quelques semaines plus tard, avoir saisi une importante quantité d’armes au siège d’Eucap Sahel. Niamey a par ailleurs abrogé la loi de 2015 qui criminalisait le trafic de migrants, actant la fin de la coopération avec l’Europe sur la gestion des frontières.

Ces derniers mois, l’UE a exprimé son souhait de normaliser ses relations avec le Niger. Fin janvier, son représentant spécial pour le Sahel a été reçu par le Premier ministre nigérien. Joao Cravinho avait alors évoqué un renforcement du dialogue entre l’UE et les pays du Sahel, pour que la coopération puisse se renforcer cette année.

Après le Mali et le Burkina Faso, les États-Unis veulent relancer la coopération avec le Niger – Jeune Afrique 15/03  

Depuis le retour au pouvoir du président américain Donald Trump, les États-Unis affichent une nouvelle approche et veulent reprendre leur coopération avec les juntes souverainistes ayant tourné le dos à certains partenaires occidentaux.

Le haut responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État américain, Nick Checker, s’est rendu en fin de semaine au Niger, après de récentes visites au Burkina Faso et au Mali, marquant la volonté des États-Unis de renouer le dialogue et la coopération avec les juntes sahéliennes.

Après l’arrivée au pouvoir par la force de régimes militaires dans ces trois pays entre 2020 et 2023, Washington avait suspendu une grande partie de leur aide au développement et de leur coopération militaire. Le Niger avait de son côté exigé et obtenu en septembre 2024 le départ des soldats américains. Mais depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis affichent une nouvelle approche : faire de la diplomatie commerciale un axe central de leur engagement en Afrique.

Une « nouvelle vision »

Vendredi 13 mars, Nick Checker a été reçu à Niamey par le ministre nigérien des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine.

L’émissaire américain est venu « présenter la nouvelle vision de son pays visant le renforcement des relations bilatérales entre le Niger et les États-Unis », précise samedi, le ministère nigérien des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Coopération commerciale et lutte antiterroriste

« Les échanges se sont déroulés dans un climat de sérénité et de respect mutuel. Les deux parties ont exprimé leur volonté de relancer la coopération sur de nouvelles bases et d’œuvrer au rétablissement de la confiance », ajoute le ministère. Parmi les sujets abordés : « la coopération économique et commerciale » ainsi que « la lutte contre le terrorisme, selon la même source.

Les échanges devraient se poursuivre « dans le respect de la souveraineté nationale et des priorités définies d’un commun accord », ajoute le ministère. Avant le Niger, Nick Checker s’était rendu au Mali début février et au Burkina Faso cette semaine, là aussi pour relancer la coopération.

Les trois pays sont réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui revendique une politique souverainiste et anti-impérialiste. Ils sont minés par des violences de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui ont fait des milliers de morts sur de larges pans de leurs territoires et qu’ils peinent à endiguer.

Les États-Unis investissent le Sahel russophile Jeune Afrique – 14/03  

Avec la visite de l’émissaire américain Nick Checker au Burkina Faso, après le Mali et avant le Niger, les États-Unis poursuivent leur rapprochement diplomatique avec le Sahel. Il est question de politiques économiques et sécuritaires.

Si les cyberactivistes proches de l’Alliance des États du Sahel (AES) soutiennent, au nom du souverainisme prodigué par leurs juntes chéries, le régime iranien malmené par l’actuelle intervention israélo-américaine, les dirigeants de l’AES, eux, ont donné l’impression de n’exprimer leur solidarité que du bout des lèvres. L’indignation anti-impérialiste téléphonée souffrirait-elle d’un hasard de calendrier ? Tandis que le « Grand Satan » dénoncé par Téhéran bombarde le partenaire islamique des juntes ouestafricaines, Washington est en pleine campagne de rapprochement avec la confédération sahélienne.

Après un passage à Bamako, le mois dernier, le responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État américain était reçu, ce mercredi, à Ouagadougou, par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, avant un prochain séjour à Niamey. Et Nick Checker de dérouler, à grand renfort de sourires affables, un jargon diplomatique fait d’évocation d’un « échange très constructif », d’affirmation d’un « travail ensemble sur des questions d’intérêt partagé » et d’annonce d’une « volonté de relancer les relations entre les États-Unis et le Burkina Faso ».

Diplomatie commerciale

Si la rencontre de Ouagadougou paraît aussi remarquable que le vocabulaire est convenu, c’est que l’administration de Joe Biden avait suspendu sa coopération militaire avec le Burkina Faso, après le coup d’État de 2022. Si le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, début 2025, était censé balayer le « moralisme » américain à l’égard des prises de pouvoir anticonstitutionnelles, les relations entre les deux pays étaient encore tendues, il y a un trimestre, quand le Burkina appliquait « aux ressortissants des États-Unis d’Amérique des mesures équivalentes en matière de visas », après l’ajout du pays des Hommes intègres à la liste américaine des nationalités interdites de précieux sésame.

Nouvelle année, nouvel esprit : Nick Checker entend « les leçons du passé ». Se dessine ainsi une nouvelle collaboration dont les deux mamelles seront les politiques économique et sécuritaire. Sur le second point, sont annoncées la levée de la suspension des exportations d’équipements militaires vers le Burkina Faso et la possible reprise d’opérations américaines de renseignement ciblant les jihadistes. Du côté de la dimension économique, l’avenir dira quel marché « pragmatique » Washington est venue passer au Faso.

Nique à la Russie

Si la configuration géopolitique actuelle conduit à décrypter la nouvelle inclination américaine pour le Sahel sous le prisme de l’opération « Fureur épique » au Proche-Orient, elle renvoie également à la grille de lecture américano-russe à l’égard du continent africain. Au Sahel, Donald Trump semble investir des terres « poutiniennes ».

Lors de son premier voyage présidentiel à Moscou – un rare déplacement à l’étranger –, le capitaine burkinabè Ibrahim Traoré avait convaincu le président de la Fédération de Russie d’un soutien censément anti-impérialiste à… l’impérialiste opération spéciale en Ukraine. Si Donald Trump n’est guère obsédé par le martyr ukrainien, lui et son homologue russe lorgnent tous les deux vers les opportunités économiques africaines.

LA VOIE DU SAHEL

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