Revue de presse Niger – 16/10/2025

Revue de presse Niger – 16/10/2025

Sommaire des articles

Actualités nationales

PRESSE LOCALE

Renforcement des forces de sécurité : la Police et la Garde Nationale du Niger à nouveau dotées de matériels modernes – Actu Niger – 15/10……………………………………………………………………………………… 3

PRESSE FRANÇAISE ET AUTRES

Niger : Global Atomic prépare une nouvelle levée de fonds pour le projet d’uranium de Dasa – Agence

Ecofin – 16/10 ……………………………………………………………………………………………………………………………… 4

Niger: Moussa Tchangari, figure de la société civile, devant le doyen des juges, 10 mois après son incarcération – RFI – 15/10 ………………………………………………………………………………………………………….. 5  

Actualités régionales

PRESSE FRANÇAISE ET AUTRES

Les influenceurs pro-AES suivent de près la situation à Madagascar – RFI – 15/10 …………………………… 6

Dans le quotidien des mendiantes de Dakar venues du Mali et du Niger – Courrier international – 16/10

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Articles

Renforcement des forces de sécurité : la Police et la Garde Nationale du Niger à nouveau dotées de matériels modernes – Actu Niger – 15/10  

Quelques jours seulement après la remise de matériels roulants, de pièces de rechange, et l’inauguration d’un commissariat de police à Matankari ainsi qu’un escadron polyvalent de la Garde Nationale à Dogon Kiria, la Police nationale et la Garde nationale viennent de bénéficier d’une dotation substantielle en matériels et équipements.

Cette nouvelle dotation, composée notamment de camions de transport de troupes, de camionsciternes, de tenues de travail et de combat, de rangers, de casques, de lits, de hangars collectifs et de gilets pare-balles, traduit la volonté ferme des autorités de la Refondation — particulièrement du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire — de renforcer les capacités des forces de sécurité pour leur permettre de remplir efficacement leurs missions.

Acquis sur fonds propres de l’État, cet investissement témoigne de l’engagement personnel du Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, à doter les forces placées sous sa tutelle de moyens modernes et adaptés aux réalités du terrain.

En procédant à la remise officielle des équipements, le Directeur Général des Ressources du ministère, le Commandant Hamidou Soumana, a souligné la détermination de la hiérarchie à poursuivre sans relâche cet effort de modernisation. Il a d’ailleurs laissé entendre que d’autres opérations similaires sont prévues dans les jours à venir, sous le leadership du Général de Division Mohamed Toumba.

Pour la Garde Nationale, le Commandant Hamidou Soumana a remis au Colonel Abdou Issa, Directeur du Matériel et des Infrastructures, un lot de 24 camions gros porteurs flambant neufs. Ce parc automobile se compose de 17 camions de transport de troupes, 3 camions semi-remorques, 3 camionsciternes à eau et 1 camion-benne.

Ce renforcement majeur illustre la détermination du gouvernement, sous la conduite de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, à moderniser et à accroître les capacités opérationnelles et logistiques de la Garde Nationale du Niger, mais aussi de l’ensemble des Forces de Défense et de Sécurité.

En dotant régulièrement ces unités de nouveaux moyens, l’État nigérien affirme sa volonté de garantir la sécurité des citoyens et la stabilité du territoire, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants.

Niger : Global Atomic prépare une nouvelle levée de fonds pour le projet d’uranium de Dasa – Agence Ecofin 16/10  

Avec le projet Dasa, Global Atomic veut ériger au Niger une nouvelle mine au potentiel de 68,1 millions de livres d’uranium sur une durée de vie de 23 ans. Pour concrétiser ce potentiel, elle multiplie depuis quelques mois les initiatives afin de sécuriser le financement nécessaire.

Global Atomic veut lancer une offre publique d’achat de 20 millions de dollars canadiens (environ 14,2 millions USD) dans l’optique de financer l’avancement de son projet d’uranium Dasa au Niger. L’initiative annoncée dans une note publiée le mercredi 15 octobre s’inscrit dans une série de levées de fonds réalisées cette année par la société minière canadienne.  

Selon une étude de faisabilité définitive publiée en 2024, le coût initial pour construire Dasa est évalué à 424,6 millions USD. Pour couvrir ce besoin, Global Atomic négocie depuis quelques mois une facilité de dette de 295 millions USD auprès d’une banque de développement américaine. Bien que la procédure soit toujours en cours, la société a récemment rapporté un allongement des « délais d’examen et d’approbation ».

Elle faisait aussi part en juin de discussions avec un potentiel partenaire de coentreprise censé apporter des fonds propres pour faire avancer le projet. En attendant de boucler ces initiatives, Global Atomic multiplie ainsi les recours aux investisseurs boursiers. Avant l’offre publique d’achat susmentionnée, elle avait déjà annoncé la mobilisation d’environ 24 millions de dollars canadiens dans le cadre d’un placement privé effectué en juin dernier.  

Plus tôt En janvier, une opération similaire a également été menée pour un montant de 35 millions de dollars canadiens levé. Globalement, ces transactions s’inscrivent dans un contexte où Global Atomic a déjà lancé des travaux préliminaires de développement à Dasa, dont la mise en production est jusqu’ici prévue pour 2026. Dans son rapport opérationnel du deuxième trimestre publié en août dernier, la société indique poursuivre les travaux de terrassement afin de préparer le site à accueillir l’usine de traitement.  

En parallèle, elle poursuit la construction de logements pour les employés de la mine.

Elle précise cependant que « la mise en service de l’usine est soumise au calendrier de financement du projet ». Pour l’heure, on ignore encore l’état d’avancement réel des démarches engagées pour sécuriser les fonds, et par extension l’impact que ces processus pourraient avoir sur la feuille de route de Dasa. À court terme, la compagnie entend déjà clôturer l’offre publique d’ici le jeudi 23 octobre prochain, sous réserve des approbations réglementaires nécessaires.

Pour rappel, Dasa devrait à terme produire 68,1 millions de livres d’uranium sur une durée de vie de 23 ans. Son développement s’inscrit dans un contexte de regain d’intérêt mondial pour le nucléaire civil, tendance qui pourrait doubler la demande mondiale d’uranium d’ici 2040, selon la World Nuclear Association (WNA). Notons que l’État nigérien détient une participation de 20 % dans le projet, contre 80 % pour Global Atomic.

Niger: Moussa Tchangari, figure de la société civile, devant le doyen des juges, 10 mois après son incarcération RFI 15/10  

Moussa Tchangari, secrétaire général de l’ONG Alternative espaces citoyens et figure de la société civile, entouré de ses avocats, a été entendu mercredi 15 octobre sur le fond du dossier pour la première fois, 10 mois après son incarcération à la prison de Filingué (à 180 km au nord de Niamey).

Moussa Tchangari est inculpé pour apologie du terrorisme, attentat et complot contre l’autorité de l’État, intelligence avec une puissance extérieure et atteinte à la défense nationale. Après sept heures d’audition, il a été reconduit en prison. La prochaine audition est prévue dans une semaine.

Les influenceurs pro-AES suivent de près la situation à Madagascar RFI – 15/10

Alors que des militaires ont pris le pouvoir à Madagascar et que de nombreuses questions continuent de se poser sur ce qu’ils comptent en faire, les influenceurs de la sphère pro-AES, pour beaucoup financés par la Russie, s’agitent sur les réseaux sociaux. Ces soutiens des régimes militaires putschistes de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger et Burkina Faso) veulent voir dans le colonel Michael Randrianirina et ses acolytes de nouveaux alliés.

Les manifestations des jeunes du collectif Gen Z ne les intéressaient pas encore fin septembre. Mais depuis l’entrée en scène d’hommes en treillis, Madagascar est presque devenu un pays sahélien pour ces influenceurs pro-AES : l’annonce par le colonel Michael Randrianirina de la prise du pouvoir a même été retransmise « en direct de Madagascar » par un Burkinabè résidant aux États-Unis.

« Quand cela ne va pas avec les [dirigeants, NDLR] démocratiquement élus, les militaires sont toujours prêts à prendre leurs responsabilités », écrit un autre, qui se réjouit : « À l’instar des autres pays de l’AES, Madagascar semble suivre la règle ». Et de s’interroger :  « Qu’attendent les militaires français ? Ne sontils pas des patriotes ? »

Pour autant, tous ne vont pas si vite en besogne. Les intentions des militaires désormais au pouvoir à Madagascar ne sont pas encore claires : on ignore combien de temps ils comptent s’y maintenir, ce qu’ils veulent en faire, et dans quelle mesure ils le partageront avec les civils.

« Si c’est un coup d’État pro max à l’AES (sic), nous félicitons, mais si c’est pro français, nous disons bonne chance », peut-on lire sur un compte plus prudent, mais c’est une autre marque de fabrique, toujours obnubilé par la France.

Dans le quotidien des mendiantes de Dakar venues du Mali et du Niger Courrier international – 16/10  

Contraintes de mendier ou de tenir de petits commerces pour leur survie, ces femmes venues de la sousrégion sont partout dans les rues de la capitale sénégalaise. “Le Soleil” leur donne la parole. Elles racontent l’exil, la faim et l’espoir d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Sur l’avenue Bourguiba, des femmes, hidjab enveloppant le corps, font face aux interminables lignes de voitures qui défilent sous leurs yeux. Impossible de ne pas remarquer le visage de ces femmes de nationalités différentes accompagnées d’enfants. Aminata, une Malienne, qui sait seulement donner son nom en wolof [langue majoritaire au Sénégal], informe tant bien que mal qu’elle est bambado [griotte d’origine peule].

Des mouchoirs dans un sachet bleu et un sac d’écolier dans l’autre main, elle confirme par un acquiescement de la tête les vendre à 500 francs CFA [0,76 euro]. Couverte d’un mini-hidjab blanc, elle guette sa fille du regard. Celle-ci, Mamintou, se plaît à observer les voitures et les passants dans un grand bonheur enfantin. Toute souriante, la mère saisit un bras de sa fillette et poursuit son chemin sous le soleil du vendredi 29 août 2025.

Contrairement à Aminata, l’autre femme, assise sous un arbre, chapelet blanc en main, entourée d’un seau au couvercle rouge et de pots, ne comprend aucun mot en wolof ni en français. “Haoussa, haoussa [langue officielle du Niger]”, “Niger” sont les seuls mots qu’elle a communiqués, à part sa réponse en arabe : “Que la paix soit avec vous.”

Un silence pesant

Dès lors, le recours à un interprète s’impose afin de connaître l’histoire de cette jeune Nigérienne si absente de la place où elle s’assoit. Parfois, on l’aperçoit somnoler malgré le vrombissement des voitures. Le lendemain, l’interprète, Hanatou Abdouramane Gali Adam, doctorante en science juridique à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, vient à sa rencontre.

À son tour, elle tente de percer le mystère, l’histoire de cette jeune femme haoussa. Un petit garçon agité entre les mains, c’est sous des sourires tristes qu’elle répond aux salutations de Hanatou. L’enfant commence à pleurer et la mère tente en vain de le calmer. Il refuse même de téter le sein. L’interprète lui explique qu’elle souhaiterait lui poser quelques questions.

Dans un premier temps, elle accepte. Mais à la première question, elle refuse de donner son nom. À la deuxième question, permettant de connaître son âge, elle lui répond : “27 ans”. Elle soulève ainsi un doute, car elle paraissait avoir entre 18 et 20 ans. À une question de curiosité qu’on lui pose sur le nombre de ses enfants, elle se tait et refuse de répondre, à travers un silence pesant. À partir de cet instant, elle refuse toute communication malgré maintes tentatives de l’interprète pour la rassurer. Hanatou lui a même montré une vidéo de déguerpissement [terme employé en Afrique francophone pour qualifier des expulsions] qui a eu lieu au tunnel du pont Dioutiba de Rufisque. L’on aperçoit ainsi des larmes au coin de ses yeux. Tenant toujours l’enfant en pleurs, elle a l’air d’une personne qui veut être laissée se noyer dans ses propres peines.

Pour les besoins de ses enfants

“Partons, elle ne veut pas parler”, dit l’interprète. En partant, cette dernière prononce des mots vibrants en haoussa qui font dire des amen à la jeune femme, la tête en hidjab vert penchée sur l’enfant.

De la pharmacie Baobab où est assise cette dernière, l’on prolonge l’avenue Bourguiba jusqu’au croisement Casino. Après le tracé du BRT [route réservée aux bus à Dakar], des mendiants sont assis sous un arbre, entourés de petites filles de 2 à 3 ans. Ces dernières viennent à notre rencontre dans l’espoir d’obtenir une pièce. Mais, à la place, une discussion s’engage. L’une d’elles, qui parle wolof, dit s’appeler Mariama. Les autres donnent leur nom en haoussa et continuent de discuter avec l’interprète. Mariama est en réalité une Sénégalaise, tout comme sa mère, assise sur un sachet de riz où sont allongés deux jumeaux. Les mains en l’air, ils sont en plein jeu de bambins joyeux. Tout en soulevant un des jumeaux et en le déposant sur ses genoux, Dibor Guèye dit être originaire de Diourbel [à 140 kilomètres à l’est de Dakar]. Elle dit venir mendier à Dakar pour les besoins de ses enfants, particulièrement les jumeaux.

Trois mois de voyage

D’ailleurs, avant de discuter avec Dibor, deux femmes nigériennes, Zeytouna Badamassi et Mariama, trouvées sous le grand arbre, informent qu’elles partagent ce lieu de fortune avec des mendiants de toutes nationalités de la sous-région : Mali, Burkina Faso, Guinée… Et aussi des Sénégalais. Derrière elles, un homme fort âgé, observant ses jambes amaigries, est un mendiant sénégalais, renseignentelles. De même qu’une femme âgée assise près de Dibor et de ses jumeaux. Visage éploré par la précarité d’une vie de mendicité, bien dégagé en gros plan par le hidjab, la voix aiguë de Zeytouna Badamassi perce le bruit des moteurs des différents calibres de voitures qui attendent au feu rouge. D’un épanchement du cœur, elle raconte leur calvaire.

Zeytouna et Mariama ont effectué trois mois de voyage pour arriver au Sénégal parce qu’elles n’avaient pas de quoi payer un ticket de bus direct. Le voyage s’effectuait au moment où elles avaient de quoi payer le ticket d’un endroit à un autre jusqu’ici. Fatiguées de suivre la discussion, les filles se mettent à jouer non loin de l’arbre et du goudron sous le regard des passagers de bus, de taxis, ou de particuliers.

“Personne n’aime quitter sa famille”

Les regards curieux se prolongent aussi sur les mendiantes et les deux jeunes femmes assises près d’elles, qui, en les faisant parler, déchaînent en elles toutes sortes de gestes et de sourires. Tantôt les mains en l’air vers le ciel, tantôt autour des reins, Mariama, âgée de 30 ans, en complicité avec Zeytouna confie : “Personne n’aime quitter sa famille pour rien au monde. Ce sont les circonstances de la vie qui nous poussent à le faire, et on prie le bon Dieu d’améliorer notre situation pour que ça soit la première et la dernière fois que nous partons à l’aventure.”

Puisque les hommes qui sont censés les nourrir et en prendre soin ne le peuvent pas, elles ont décidé de partir à l’aventure afin de sauver leur famille de la faim, comme le font toutes les femmes de nos jours. Elles ne voulaient pas rester les bras croisés, précisent-elles. Originaires de la région de Magaria [dans le sud du Niger], elles avaient chacune une activité économique peu rentable. Zeytouna vendait de la nourriture et vivait des bénéfices. Quant à Mariama, elle cultivait le mil, le haricot, l’arachide et le sorgho pour nourrir sa famille. Puisque l’agriculture est difficile, et qu’elle ne s’en sortait pas tellement, elle a décidé de tenter l’aventure de l’émigration. La précarité qu’elles vivaient et qu’elles continuent de vivre à Dakar est insupportable, mais elles s’en remettent à Dieu.

LA VOIE DU SAHEL