Revue de presse Niger – 18/03/2026

Revue de presse Niger – 18/03/2026

Demande de libération de l’ex président Bazoum : la société civile nigérienne s’indigne face à cette exigence de l’UE – ANP – 17/03  

Les organisations de la société civile nigérienne ont, dans une déclaration   rendue publique, ce mardi 17 mars 2026 au siège de l’union des scolaires nigériens (USN), exprimé   leur profonde indignation face à l’exigence du Parlement européen qui, dans une résolution adoptée par l’institution, exigeait la libération immédiate de l’ancien président Mohamed Bazoum.  

Dans cette déclaration, lue par le secrétaire général du comité directeur de l’union des scolaires nigériens, M. Effred Alhassan Mouloul, ces organisations de la société civile ont considéré ‘’cette résolution comme une énième ingérence caractérisée dans les affaires intérieures de la République Souveraine du Niger, traduisant une volonté persistante de certains cercles politiques extérieurs bien identifiés d’influencer le destin politique de notre Nation’’.

’’Le Niger n’est pas sous tutelle, et le peuple nigérien demeure le seul maître de son destin’’ ont-elles martelé, avant de dénoncer avec force ‘’le deux poids deux mesures flagrant qui caractérise l’attitude du Parlement européen et de certaines institutions de l’Union européenne face aux grandes tragédies du monde’’.

‘’Dans un contexte mondial marqué par les tensions énergétiques, la recomposition des alliances sécuritaires et la compétition accrue autour des ressources naturelles, le peuple nigérien comprend parfaitement les enjeux géopolitiques et stratégiques liés à son pays et qui font de lui l’objet de toutes les convoitises’’ a-t-il fait remarquer, tout en réaffirmant la détermination du Niger à ‘’exercer une souveraineté totale sur ses ressources, ses choix politiques et ses partenariats internationaux’’.

Effred Alhassan a, à cet effet, invité ‘’l’ensemble des Nigériens à se mobiliser avec lucidité, détermination et sens des responsabilités’’ pour exprimer clairement leur ‘’refus catégorique de toute ingérence extérieure d’où qu’elle vienne, leur attachement profond à la souveraineté assumée et leur détermination collective à défendre les institutions issues du processus de refondation en cours dans notre pays’’.

Par ailleurs, ‘’nous appelons à maintenir cette mobilisation dans la durée, avec discipline, unité et responsabilité, jusqu’à ce que toute menace contre la souveraineté du Niger et contre la stabilité de ses institutions, soit définitivement écartée’’ a-t-il lancé à l’endroit des participants à cette rencontre.

Le comité directeur de l’union des scolaires nigériens a réaffirmé, à cette occasion, son soutien constant et résolu au ‘’processus de refondation nationale engagé pour restaurer et consolider la souveraineté pleine et entière de notre pays, aux institutions mises en place dans le cadre de cette dynamique historique de reconstruction de l’État ainsi qu’au leadership des autorités nationales qui assument, dans un contexte particulièrement exigeant, la responsabilité de conduire le Niger vers la sécurité, la stabilité, le développement, la dignité et l’indépendance réelle’’.

Diplomatie parlementaire : les Conseillers de la Refondation répondent à la résolution du Parlement européen sur Bazoum Actu Niger – 18/03  

Après la réaction du gouvernement qui a convoqué la chargée d’affaires de l’UE au Niger pour protester contre l’adoption par le Parlement européen, jeudi dernier, d’une résolution appelant à « la libération immédiate » de l’ancien président Mohamed Bazoum, les réactions continuent de se manifester au sein des institutions, syndicats et autres associations civiles qui soutiennent le CNSP au pouvoir. La dernière en date, c’est celle du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) qui a vivement réagi, ce mardi, dans un communiqué de son bureau, à la résolution adoptée le 12 mars 2026. Dans la déclaration lue en présence des membres du bureau, le Conseil a tenu à exprimer sa « profonde indignation » face à ce qu’il qualifie « d’ingérence inadmissible » dans les affaires intérieures du Niger.

Drôle de diplomatie parlementaire, serait-on tenté de dire au regard de la couleur avec laquelle le Conseil consultatif de la Refondation (CCR) prend contact avec le Parlement européen !

Dans une déclaration ce mardi, le Bureau des conseillers de la Refondation, qui fait office de Parlement de transition nigérienne sans en avoir les prérogatives de législateurs, a dénoncé la résolution adoptée la semaine dernière par le Parlement européen et dans laquelle les eurodéputés « exigent » la libération du président déchu Mohamed Bazoum et de son épouse, en détention au complexe présidentiel depuis le coup d’État qui a renversé son régime, le 26 juillet 2023.

Selon le CCR, cette résolution s’inscrit dans une logique persistante de pression extérieure visant à influencer les décisions souveraines du Niger. L’institution estime que l’Union européenne « s’est une fois de plus trompée de terrain », en cherchant à maintenir une forme d’influence sur les États africains, en particulier ceux du Sahel, au mépris de leur souveraineté.

Le CCR a dénoncé également le « caractère sélectif » de cette prise de position. En effet, les conseillers du Niger ont reproché au Parlement européen de faire preuve d’une « indignation à géométrie variable », en s’immisçant dans la situation du Niger tout en restant en retrait face à d’autres crises internationales majeures marquées par des violations du droit international.

L’institution a en outre souligné que cette posture semble motivée par le fait que l’ancien président déchu Mohamed Bazoum demeure, pour certains acteurs extérieurs, « un allié privilégié, au détriment de la nation nigérienne et de son peuple souverain ». Et d’estimer qu’une telle approche est « illusoire, inappropriée et dénuée de bon sens ».

La diplomatie parlementaire en prend un coup

Sur le fond, le CCR a dit catégoriquement rejeter la dite résolution, affirmant qu’elle constitue une atteinte aux principes fondamentaux du droit international, notamment au respect de la souveraineté des États. Il la considère « contraire à toute éthique de la diplomatie parlementaire » et en récuse aussi bien la forme que le contenu.

Dans sa déclaration, le CCR rappelle que depuis les événements du 26 juillet 2023, le Niger s’est engagé dans un « processus irréversible de reconquête de sa souveraineté », consacré par les Assises nationales tenues en février 2025. « Ce choix souverain, porté par le peuple nigérien, ne saurait être remis en cause par des injonctions extérieures », met en avant l’institution.

Dans un ton ferme, l’institution appelle les responsables européens à faire preuve de discernement, en se concentrant sur les défis internes à leur propre espace, plutôt que de s’ériger en arbitres des décisions d’un peuple libre et souverain. « Le Conseil consultatif de la Refondation réaffirme enfin son soutien au gouvernement nigérien face à cette tentative d’ingérence et appelle à une mobilisation générale », lit-on dans la déclaration. Le Conseil consultatif de la Refondation a saisi l’occasion pour appeler « l’ensemble des filles et des fils de la Nation à une mobilisation totale, responsable et permanente en vue de la défense de la Patrie ». Avant de conclure que, « le Niger veille, le Niger est debout, et le Niger ne cédera pas ».

Niger : la résolution du Parlement européen agace à Niamey DW – 17/03  

Focus Sahel. Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Niamey, en soutien aux militaires au pouvoir et pour dénoncer la résolution du Parlement européen qui réclame la libération de Mohamed Bazoum.

Au Niger, une manifestation a rassemblé aujourd’hui plusieurs centaines de personnes à Niamey, en soutien aux militaires au pouvoir. Les protestataires dénoncent la récente résolution du Parlement européen, adoptée la semaine dernière à une quasi‑unanimité, réclamant la libération « immédiate et inconditionnelle » du président déchu Mohamed Bazoum et un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans ce Focus Sahel Plus, retour sur les enjeux de ce vote européen et les réactions qu’il a provoquées au Niger comme sur la scène internationale. Retrouvez Focus Sahel Plus dans notre journal de 17hTU sur la chaîne YouTube de DW Afrique :

Le pourquoi de la résolution européenne

Pour comprendre le sens de cette résolution, il faut écouter son initiateur : l’eurodéputé français Christophe Gomart, membre du PPE et vice‑président de la commission Sécurité et Défense du Parlement européen.

Christophe Gomart explique : « Cette résolution, elle est vraiment faite pour demander à la junte militaire actuellement à la tête du Niger de libérer le président Bazoum parce qu’il est détenu depuis trop longtemps avec son épouse, reclus, séquestré. Et c’est totalement anormal. […] Voilà pourquoi, sur le plan humain, il me semble important que l’Union européenne porte cette résolution et demande à la junte militaire nigérienne de libérer le président Bazoum. »

Sur 555 votants, 524 eurodéputés ont approuvé le texte, 2 ont voté contre et 29 se sont abstenus.

À Niamey, un rejet massif  

Du côté des autorités nigériennes de transition, ainsi que de certaines organisations de la société civile, le vote est perçu comme une intrusion dans les affaires intérieures du pays. Notre correspondante à Niamey, Maimouna Amadou, a recueilli plusieurs témoignages.

Un homme déclare : « Nous savons très bien que ce n’est pas l’initiative de l’Union européenne, c’est la manigance de la France […] cette résolution incongrue ne va nullement prospérer. »  

Une femme renchérit : « La souveraineté, ça s’arrache […] Les affaires politiques du Niger, ce sont les Nigériens qui doivent les gérer. »

Une troisième personne dénonce : « une énième tentative d’ingérence […] Ce n’est pas la démocratie qui les intéresse, c’est comment reprendre pied au Niger et avoir la maîtrise sur nos ressources naturelles. » Les défenseurs des droits humains saluent la résolution

Les positions sont loin d’être uniformes. Parmi ceux qui réclament également la libération de Mohamed Bazoum figure le journaliste et militant des droits humains nigérien Mamane Kaka Touda :

« Cette résolution, ou le vote de cette résolution, nous réconforte dans notre position de dire qu’il faut libérer le président Bazoum. […] si réellement il y a des choses qu’on lui reproche, eh bien que la justice fasse son travail. »

L’intérêt pour le sort de Mohamed Bazoum dépasse largement les frontières du Niger. L’eurodéputé Christophe Gomart rappelle d’ailleurs avoir demandé sa libération à quatre reprises depuis juillet 2023.

Plusieurs organisations africaines et internationales suivent également la situation de près.

Le fondateur de l’Afrikajom Center, Alioune Tine, exprime son indignation : « Je suis vraiment révolté, indigné par cette longue détention arbitraire. […] Le président Bazoum est un président démocrate, humaniste […] Ce coup d’Etat est quelque chose de totalement injuste et de totalement absurde. »

Un partenaire clé pour l’Europe au Sahel

Mohamed Bazoum était un pilier de la coopération sécuritaire entre le Niger et l’Union européenne, notamment dans la lutte contre les groupes armés djihadistes. L’eurodéputé Christophe Gomart, ancien commandant des opérations spéciales françaises, rappelle la portée de ce partenariat : « Depuis la détention du président Bazoum, on voit bien que la situation sécuritaire […] se détériore et que le trafic d’armes […] ne cesse d’augmenter. »

La comparaison avec le cas Maduro rejetée par les Européens

De nombreux internautes nigériens comparent la situation de Mohamed Bazoum avec celle de Nicolas Maduro, enlevé à Caracas lors d’une opération militaire américaine. Une comparaison infondée selon Christophe Gomart :

« L’élection de Maduro était très contestée et l’Union européenne […] ne reconnaît pas cette élection. […] On n’est pas du tout dans le même cas que dans celui du président Bazoum. »

Une date symbolique : le 2 avril

Pour plusieurs défenseurs des droits humains, l’échéance du 2 avril – date officielle de fin du mandat de Mohamed Bazoum – devrait conduire à sa libération. Alioune Tine estime qu' »aucun argument juridique […] ne peut tenir. »

Retour rapide à l’ordre constitutionnel

Outre la libération de Mohamed Bazoum, les eurodéputés pressent le CNSP de respecter son engagement de transition politique. Mamane Kaka Touda souligne  que « Le général Tiani […] a dit qu’ils ne vont pas dépasser trois ans. […] J’espère bien qu’ils vont tenir promesse. »

Le terme d’ingérence, utilisé par les autorités nigériennes, fait réagir Christophe Gomart : « On demande la libération du président Bazoum, le retour à l’ordre constitutionnel […] C’est tout. […] L’Union européenne est totalement légitime à dire ça. »

Pour une coopération « gagnant-gagnant »

Mamane Kaka Touda nuance enfin le débat sur la souveraineté : Le Niger a plusieurs partenaires et l’essentiel est, selon lui, que ces coopérations soient « vraiment fructueuses et bénéfiques » pour la population.

Projet de gazoduc transsaharien: une délégation algérienne à Niamey L’Algérie Aujourd’hui – 17/03  

Une délégation algérienne est à pied d’œuvre à Niamey, au Niger, pour le besoin du lancement du projet de gazoduc transsaharien. C’est ce que ressort d’un communiqué du groupe Sonatrach publié ce mardi.

Cette délégation est composée des équipes de Sonatrach du ministère des Hydrocarbures et des mines, a souligné la même source, précisant que la mission de celle-ci consiste à « récolter les données techniques afférentes au tracé situé sur le territoire nigérien auprès de la partie nigérienne ».

Sonatrach précise que son équipe « est chargé d’examiner le cadre légal et réglementaire au Niger, notamment en matière de pose de canalisations, d’études règlementaires (EDD et EIE), de permis et d’autorisations de construction liés à la réalisation de ce gazoduc ».

Selon le communiqué, plusieurs rencontres et discussions techniques sont programmées avec les différents responsables de la Société Nigérienne du Pétrole (SONIDEP) ainsi que ceux du ministère nigérien du pétrole, entre autres parties, directement impliquées dans ce projet d’envergure régionale et transcontinentale.

Lancement imminent

Ce programme, ajoute t-on dans le même document, « vise à examiner conjointement les premières étapes opérationnelles pour réaliser les études du tracé du TSGP situé sur le territoire nigérien, en tenant compte des résultats préliminaires de l’étude de faisabilité réalisée par le consultant PENSPEN. Cette première action constitue un prélude à la phase des études détaillées de tracé, ainsi que celle de la construction du gazoduc TSGP ».

Sonatrach a indiqué par ailleurs que « la phase opérationnelle du projet du Gazoduc Transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie, sera lancée à l’issue du mois de Ramadan 2026 » et ce « conformément aux instructions du président de la République, monsieur Abdelmadjid Tebboune ».

LA VOIE DU SAHEL

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