Revue de presse Niger –18/12/2025
Niamey : Le programme de la refondation de la République 2025-2029 présenté à la plénière du CCR –ANP – 17/12
Le Ministre de la Refondation, de la culture et de la promotion des valeurs sociales, M. Ali Ben Salah Hamouda a présenté, ce mercredi 17 décembre 2025, le programme de la refondation de la République du Niger (PRR), devant la plénière du conseil consultatif de la refondation (CCR), sous la présidence du 1er vice-président M. Issoufou Katambé.
Cette séance plénière du CCR avait pour ordre du jour la Présentation du compte rendu de la séance plénière du mardi 16 décembre 2025, la Présentation du Rapport de la première session et compte Rendu des activités du CCR pendant l’Intercession et la Présentation du programme de Refondation de la République (PRR) 2025-2029.
Dans son exposé, le Ministre de la refondation a rappelé que dans le cadre de l’élaboration de ce programme, ‘’le gouvernement a effectué un diagnostic de la situation socio-économique qui a fait ressortir quatre (4) défis majeurs à relever et ces défis prennent en compte les dimensions sécuritaire, sociale et économique dans l’optique d’un développement endogène et d’une amélioration’’.
Ces défis se définissent comme la sécurité du territoire et de ses frontières, l’amélioration de la gouvernance et la mise en place d‘une administration publique performante, le développement des bases de production à travers le développement des Infrastructures économiques, l’amélioration de l’accès des producteurs aux facteurs de production, et l’accélération des réformes sociales à travers le développement du capital humain, notamment l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la formation.
Selon le Ministre Ali Ben Salah, ‘’le programme de la refondation est élaboré sur la base de la vision du Président de la République en combinant á la fois les résultats des travaux des comités techniques sectoriels mis en place par arrêté du 04 octobre 2024, de la revue des projets et de programmes ainsi que l’exploitation des rapports préparés par les régions dans la perspective de la tenue des assises nationales et le PRR prend aussi en compte les grandes orientations déclinées dans les lettres de missions des membres du gouvernement’’, ajoutant que ‘’le document a été enrichi, par la suite, avec les orientations du gouvernement à la suite de la réunion du Cabinet tenu le 2 juillet 2024 et celle du 24 avril 2025 ainsi que celle tenue le 15 mai 2025 avec les membres du CNSP’’.
‘’Le PRR a bénéficié des acquis du processus de formulation du PRSP et a respecté toutes les étapes préconisées pour l’élaboration des cadres stratégiques au Niger ainsi, le PRR donne une liste de quelques programmes phares à mettre en œuvre ; dans quelques secteurs et le financement du PRR sera assuré par l’Etat à hauteur de 85%’’ a-t-il annoncé.
Le Ministre de la refondation de préciser enfin que, ‘’ce document a été entièrement élaboré par des compétences nationales et sur financement propre, c’est le lieu ici de féliciter de vive voix toutes les personnes qui ont contribué à l’aboutissement de ce travail’’.
Les pays de l’AES concernés par les nouvelles restrictions d’entrée aux États-Unis – RFI – 17/12
Les États-Unis étendent les restrictions d’entrée sur leur territoire à sept nouveaux pays. Douze pays du monde entier étaient déjà frappés depuis le mois de juin par des restrictions totales, une dizaine par des restrictions partielles. Mardi 16 décembre, le président américain Donald Trump a signé une proclamation « restreignant et limitant davantage l’entrée des ressortissants étrangers afin de protéger la sécurité des États-Unis », selon la Maison Blanche. Parmi les sept nouveaux pays blacklistés, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, mais également les trois pays de l’Alliance des États du Sahel : Mali, Niger et Burkina Faso.
Les restrictions partielles déjà en vigueur deviennent des restrictions totales, selon la proclamation de Donald Trump. En clair, qu’ils souhaitent émigrer ou simplement séjourner aux États-Unis, les ressortissants des pays concernés voient leur admission « totalement suspendue ».
« Contrôles et vérifications insuffisants »
L’administration américaine justifie cette mesure par des « informations de contrôle et de vérification » « insuffisantes ». Des exceptions sont toutefois prévues pour les résidents permanents légaux, les titulaires de visas existants, les athlètes, les diplomates, et les personnes dont « l’entrée sert les intérêts nationaux des États-Unis ».
Sollicité par RFI, le Département d’État américain n’a, à ce stade, pas apporté de précisions sur les motifs ayant conduit à cette décision pour les pays de l’AES. L’ambassade des États-Unis à Bamako non plus. De leur côté, ni le Mali, ni le Niger, ni le Burkina Faso n’ont encore réagi à l’annonce américaine.
Au mois d’octobre, les États-Unis avaient imposé des cautions de 5 000 à 15 000 dollars lors des demandes de visa aux ressortissants de plusieurs pays africains présentant, selon Washington, « des taux élevés de dépassement de la durée de séjour autorisée ». Concerné, le Mali avait réagi en imposant la réciprocité, avant d’être rapidement retiré de la liste – sur laquelle figurent la Mauritanie, la Tanzanie, la Gambie ou encore le Malawi.
Coopération sécuritaire et immigration
Cette suspension totale des délivrances de visas américains survient alors que les pays de l’AES, le Mali en tête, tentent de relancer leur coopération militaire avec les États-Unis. En juillet, à l’occasion de la visite d’un représentant de la Maison Blanche pour la lutte contre le terrorisme, Bamako s’était même félicitée du « dialogue politique rénové et constructif » « renoué » avec les États-Unis.
Depuis, Donald Trump a affiché d’autres priorités : « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde », dont le président américain estime qu’ils profitent des États-Unis et menacent leur sécurité.
Accès des pays du Sahel à l’Atlantique: les enjeux économiques de l’initiative marocaine débattus à Niamey – Le 360 – 17/12
Sur les 31 pays en développement sans ports d’accès, 16 sont les pays les plus pauvres de la planète à cause de leur enclavement. Ce constat, à l’origine de l’initiative marocaine d’accès des pays du Sahel à l’Atlantique, a fait l’objet d’une conférence à Niamey durant laquelle l’adhésion à cette feuille de route a fait l’Unanimité. Les pays concernés ont déjà fait part de leur intérêt pour cette stratégie. Rappels.
Le Centre National d’Etudes Stratégiques et de la Sécurité (CNESS) et l’Ambassade du Maroc au Niger ont organisé, en fin de semaine dernière, une conférence sur «Le projet royal visant la facilitation d’accès des pays du Sahel à l’Atlantique: enjeux stratégiques et logistiques pour une Afrique intégrée» à la quelle ont pris part conférenciers et responsables diplomatiques accrédités au Niger.
A l’ordre du jour, le projet du roi Mohammed VI du Maroc visant à faciliter l’accès à l’Atlantique aux pays du Sahel que sont Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.
Les pays privés par la géographie d’un accès à la mer subissent de lourdes pertes économiques en raison de leur enclavement.
Selon l’ONU, les pays en développement sans littoral paient plus du double de leurs voisins en frais de transport pour envoyer et recevoir des marchandises. «Par conséquent, peu d’échanges commerciaux ont lieu entre les pays en développement sans littoral et leurs voisins», observent les Nations unies.
Sur les 31 pays en développement sans ports d’accès, 16 se retrouvent dans la classe des pays les plus pauvres de la planète à cause de leur enclavement, note la Banque mondiale, ce qui entraîne une croissance économique plus lente et un niveau de développement de 20% inférieur à celui de leurs homologues côtiers.
Afin de surmonter ces contraintes et bien d’autres encore, le monarque marocain, dans son discours du 6 novembre 2023 à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche verte, a tracé une feuille de route stratégique audacieuse pour engager et réussir la structuration de l’espace géopolitique que constitue la façade atlantique africaine.
«Cette orientation royale exprime une conviction profonde selon laquelle l’intégration n’est pas un supplément, c’est une condition. Il ne s’agit ni d’un acte symbolique, ni d’un geste conjoncturel, mais d’une stratégie de fond qui vise à transformer les contraintes géographiques en levier de souveraineté», explique Jaafar Debbarh, chargé d’affaires à l’ambassade du Maroc à Niamey.
Une aubaine pour les économies enclavées
Cette initiative royale de désenclavement des pays sahéliens, constitue une aubaine pour les économies des pays bénéficiaires. «Concrètement, cette initiative permettra à ces pays de s’ouvrir vers des nouveaux marchés, à leurs entreprises d’avoir accès à des nouveaux marchés dans de meilleures conditions», explique Mahammed Amine Balambo, conférencier.
C’est pour tous ces avantages que cette initiative est félicitée par les autorités nigériennes. «Le Niger est un pays n’ayant aucune façade maritime, se félicite de cette initiative à portée régionale et internationale qui constitue une réponse ambitieuse aux défis et enjeux majeurs qui assaillent notre région», explique Djibo Barikoye, directeur général des relations bilatérales au ministère des Affaires étrangères.
Pour donner corps à cette adhésion, le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré, a fait savoir que des comités ad hoc ont été constitués dans chaque pays sahélien concerné (Niger, Mali, Tchad, Burkina Faso…), pour accompagner progressivement le projet d’accès direct à l’océan Atlantique porté par le roi Mohammed VI.
«Nous avons mis en place des comités ad hoc au niveau de chaque pays. Il s’agit, dans un premier temps, de mettre à niveau les infrastructures, de remédier à celles qui n’existent pas, de répertorier l’existant et d’étudier les modalités de leur création», a déclaré Bakary Yaou Sangaré, qualifiant l’initiative royale d’«énorme projet structurant en Afrique». Le chef de la diplomatie du Niger avait déclaré, fin 2023, que «la mer va nous ouvrir des marchés internationaux pour vendre nos produits.»
Le Burkina Faso a également fait part de son intérêt pour cette initiative. En juin 2024, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita et son homologue burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, avaient fait savoir qu’une équipe du Burkina Faso a effectué une visite au Maroc pour s’enquérir de la faisabilité du projet royal offrant l’accès aux pays du Sahel de l’Océan Atlantique.
En décembre 3023 à Marrakech, les ministres des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, du Niger, Bakary Yaou Sangaré, et du Burkina Faso, Karamoko Jean- Marie Traoré avaient qualifié le Royaume de «partenaire fiable pour réussir l’initiative royale» qui vise à désenclaver les pays du Sahel. Abakar Kourma, directeur Afrique et intégration africaine du ministère des Affaires étrangères, des Tchadiens de l’étranger et de la coopération internationale, représentant le Tchad.
Avec 16 pays enclavés, l’Afrique est le continent comptant le plus de pays sans littoral, loin devant l’Asie (10), l’Europe (4) et l’Amérique latine (2). «La géographie impose aux 16 pays africains sans littoral un désavantage systémique où les coûts de transport excèdent de 50% la moyenne mondiale, doublant mécaniquement le prix des échanges. Cette réalité s’accompagne de délais d’importation deux fois plus longs que la norme, avec une distance moyenne de 1.370 km jusqu’au premier port, transformant chaque transaction en parcours du combattant logistique » indique la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement.
Violence et exil au Sahel : les réfugiés au Togo en quête d’une nouvelle vie – Handicap International – 16/12
brahim* et sa famille ont fui le Burkina Faso après avoir subi les attaques de groupes armés. Réfugiés au Togo, ils reconstruisent leur vie avec l’appui de HI.
Les civils payent un lourd tribut dans la crise qui dure depuis près de quinze ans au Sahel et de nombreuses personnes ont dû fuir après que des violences se sont abattues sur elles et leur village. Ayant tout perdu, elles trouvent refuge dans des pays voisins, où elles tentent de se reconstruire. Dans leur chemin vers la résilience, HI les aide notamment en leur proposant un accompagnement psychologique, en les orientant vers des structures de soin adaptées et en leur apportant un soutien financier. C’est le cas d’Ibrahim*, qui raconte son histoire et celle de sa famille partie de son Burkina Faso natal pour le Togo.
L’irruption de la violence dans la vie quotidienne
Je me nomme Ibrahim*, j’ai 47 ans et je viens d’un village à l’ouest du Burkina Faso. Jusqu’en 2024, j’y vivais avec ma femme et nos huit enfants. Là-bas, nous avions vingt hectares de terre sur lesquelles je cultivais du mil, du maïs, des haricots, des arachides… Ces récoltes servaient à nourrir notre famille et, parfois, nous vendions ce que nous avions en surplus pour acheter un produit qui nous manquait.
Cette vie heureuse a pris fin le jour où un groupe de personnes armées jusqu’aux dents est arrivé dans notre village ; elles étaient très nombreuses et avaient le visage masqué, on ne voyait que leurs yeux. Elles ont ordonné à tous les villageois de se rassembler et nous ont fait quitter le village
Pendant vingt jours, nous sommes restés leurs otages dans la brousse. Elles ont tué certains villageois, d’autres sont morts de faim et de soif, de peur, ou encore égarés dans la brousse. Nous dormions sous les arbres, sans nattes, à même la terre. Heureusement, un jour, profitant d’un moment où leur surveillance s’était relâchée, ma famille et moi avons réussi à nous enfuir dans la nuit.
Tout reconstruire dans un nouveau pays
Nous sommes partis vers l’est du Burkina Faso et avons ensuite obliqué au sud, vers le Togo. Nous étions nombreux à nous enfuir ensemble. Ma famille a cheminé pendant vingt jours, avant de finalement se réinstaller dans une ville à la frontière nord du Togo.
Ici, nous sommes en sécurité mais la vie n’est pas facile. J’ai perdu mes champs et je ne peux rien cultiver, ma femme n’a pas d’emploi et les enfants ne vont pas à l’école. Pour trouver de quoi nourrir ma famille, j’accepte tous les petits travaux que je trouve, comme sarcler les champs des autres avant la saison des semis. Parfois, je vais au marché mendier de l’argent.
C’est pourquoi le soutien de HI nous a été précieux. Avec leur aide, nous avons pu acheter ce qu’il nous manquait : des sacs de riz, du sel, de l’huile et toutes les nattes que nous possédons aujourd’hui.
Soutien aux communautés au nord du Togo
HI déploie un projet de réponse d’urgence au nord du Togo et du Bénin pour aider les réfugiés et les habitants de la région à faire face à la crise et renforcer ainsi la résilience des communautés. Ce projet permettra d’aider plus de 26 000 personnes.
Grâce au travail des chargés de protection de HI et des relais communautaires formés par l’organisation, les personnes déplacées en détresse psychologique reçoivent les premiers secours psychologiques ou sont orientés vers des structures compétentes pour répondre à leurs besoins. Ainsi, entre avril 2024 et septembre 2025, 1 153 personnes ont reçu un soutien psychosocial. HI apporte également un soutien financier aux ménages les plus précaires pour leur permettre de couvrir leurs besoins de base. Au Togo, 12 871 personnes ont bénéficié d’une aide financière.

