Revue de presse Niger – 28/11/2025
FSSP : Les autorités régionales de Tillabéri sensibilisées sur les nouvelles modalités d’alimentation du Fonds – ANP – 28/11
Le Gouverneur de la Région de Tillabéri, le Lieutenant-colonel Maina Boukar a présidé, ce jeudi 27 novembre 2025, dans l’enceinte du Gouvernorat de Tillabéri, une rencontre entre la présidente du FSSP et les autorités régionales, relative à la promotion des nouvelles mesures destinées à alimenter le fonds.
Cette rencontre a réuni l’ensemble des Préfets de la région, ainsi que les Secrétaires généraux, les Administrateurs délégués, les Autorités coutumières et les Leaders religieux, sans oublier les responsables des forces de défense et de sécurité, les directeurs généraux et centraux des services déconcentrés, et d’autres personnalités de la région de Tillabéri.
L’objectif de cette rencontre est de promouvoir les nouvelles dispositions relatives aux ressources alimentant le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie, suite à la modification de l’ordonnance n°2025-35 du 22 octobre 2025, instituant ce Fonds.
Au-delà de la présentation du contenu de l’ordonnance, cette activité a offert à la présidente du FSSP, Mme Brah Réki Djermakoye, l’opportunité d’expliquer de manière plus approfondie les nouvelles mesures devant les diverses couches socioprofessionnelles de la région de Tillabéri.
Alors que l’ancienne ordonnance comportait 11 règles, la nouvelle en établit désormais 22, élargissant ainsi de manière significative la base de mobilisation des ressources.
Dans ses propos introductifs à cette occasion, le Gouverneur de la région de Tillabéri, le Lieutenantcolonel Maina Boukar a souligné que le principal défi auquel la région est confrontée demeure l’insécurité, qui constitue l’un des objectifs majeurs de ce Fonds.
Il est essentiel, selon Maina Boukar, de « doter nos forces de défense et de sécurité des équipements et des ressources nécessaires pour contrer cette menace », soulignant qu’il est « également impératif de renforcer l’autonomie alimentaire et d’investir dans la création d’emplois pour les jeunes et les femmes ».
« Dans la région de Tillabéri, nous nous sentons tous concernés et pleinement engagés dans l’atteinte de ces objectifs », a-t-il fait savoir, avant de saisir l’occasion pour demander à la Présidente du FSSP d’adresser ses remerciements les plus sincères, ainsi que sa profonde gratitude aux plus hautes autorités pour les efforts déployés en faveur de l’amélioration du bien-être des populations.
Par la suite, le Gouverneur de la région de Tillabéri a procédé à l’installation officielle du noyau régional chargé de la sensibilisation et de la communication sur le FSSP. Ce dispositif a été mis en place pour accompagner le Gouverneur dans ses actions de communication, notamment pour expliciter les objectifs du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie, favoriser l’adhésion et encourager les initiatives en faveur de ce fonds.
En marge de cette rencontre, note-t-on, une réunion restreinte avec l’ensemble des Administrateurs Délégués des communes des départements de Tillabéri a été initiée afin de discuter de la collecte des 100 francs CFA et d’aborder la question des recouvrements, pour lesquels ils disposent désormais des prérogatives nécessaires, comme le précise l’ordonnance.
Il convient de souligner également qu’à l’issue de cette rencontre, le Gouverneur de la région de Tillabéri a reçu une contribution significative de plus de 25 millions de francs CFA, destinée au Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie. Cette somme provient des diverses administrations, des communes urbaines et rurales, ainsi que des groupements et associations, sans oublier les apports des forces de défense et de sécurité. La totalité de cette somme a été remise à la présidente du Fonds.
Après avoir réceptionné cette somme, la présidente du FSSP a exprimé sa profonde gratitude envers les populations de la région de Tillabéri pour leur geste hautement patriotique, d’autant plus qu’elle n’avait pas espéré recevoir des contributions financières lors de sa visite, initialement prévue pour expliquer la nouvelle ordonnance instituant le Fonds.
Elle a aussi souligné que ces actions spontanées témoignent de l’engagement et de la détermination de ces populations à soutenir le Président de la République et les autorités dans le processus de refondation.
Niger: un convoi transportant de l’uranium a quitté le site de la Somaïr à Arlit – RFI – 28/11
Au Niger, des camions transportant de l’uranium ont quitté, jeudi 27 novembre, le site de la Somaïr, à Arlit, dans le nord du pays. Plus de 1 300 tonnes d’uranium y sont stockées faute de pouvoir être exportées depuis la fermeture de la frontière avec le Bénin. Le groupe français Orano condamne « le transport illégal de l’uranium entreposé sur le site de la Somaïr ».
Un convoi de camions, sous escorte militaire, sur la route entre Arlit et Agadez, jeudi 27 novembre, a effectué un long trajet de 250 kilomètres dans le nord nigérien désertique.
Le chargement d’uranium a quitté le site de la Somaïr, sur lequel plus de 1 300 tonnes d’uranium sont stockées. La Société des mines de l’Aïr, qui était détenue à 63% par Orano, à 36% par la société d’État Sopamin, a été nationalisée par Niamey en juin dernier, dans un contexte de fortes tensions entre la France et le Niger depuis le coup d’État de 2023.
Le groupe français Orano indique, dans un communiqué, ne pas être à l’initiative de ce convoi qu’il condamne et ne pas disposer d’information officielle sur la quantité d’uranium transportée, ni sur sa destination finale ou les conditions de transport en termes de sécurité.
Le Niger chercherait un acheteur crédible
Ce mois-ci, lors de son passage dans le nord du pays, le général Tiani a réaffirmé que « l’uranium appartient désormais au peuple nigérien ». « Nous n’allons demander l’autorisation de personne pour le vendre », a-t-il ajouté.
Une source proche du pouvoir – jointe par RFI – sans toutefois confirmer l’existence du convoi, précise que le Niger cherche avant tout un acheteur crédible, pour ne pas participer à la prolifération nucléaire.
Le groupe Orano a déjà engagé deux procédures internationales d’arbitrage. Il y a deux mois, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) avait ordonné à Niamey de ne pas vendre le stock d’uranium. Selon son communiqué, le groupe se réserve le droit d’engager d’autres actions.
La junte face à l’équation de l’otage américain enlevé par les djihadistes – Africa Intelligence – 28/11
En lien avec l’administration Trump, les services du général Abdourahamane Tchiani se sont mis sur la piste du missionnaire chrétien enlevé à Niamey en octobre. S’ils sont parvenus à recueillir des éléments sur le début de son itinéraire de captivité, ils se heurtent à d’importantes difficultés pour localiser Kevin Rideout.
Début novembre, une équipe de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE) s’est rendue en toute discrétion dans la ville de Tillabéri, le chef-lieu de la région éponyme située dans le sud-ouest du pays. Sur place, les officiers de la principale agence de renseignement nigérienne, dirigée par le lieutenant-colonel Souleymane Balla-Arabé, se sont entretenus avec un notable du village d’Ayorou. Ce dernier venait alors d’être libéré des griffes de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), après avoir été enlevé en octobre.
Durant leur débriefing, les limiers de la DGDSE ont sondé l’ex-otage sur un dossier éminemment sensible. Celui-ci concerne le sort de Kevin Rideout, un ressortissant américain enlevé à Niamey dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025. Les sécurocrates nigériens soupçonnent ses ravisseurs d’avoir transité par les environs d’Ayorou avec leur prisonnier, dans le même périmètre où l’édile récemment libéré par l’EIGS fut vraisemblablement détenu. Ils auraient ensuite franchi la frontière malienne, trouvant un temps refuge dans la localité de Ti-n-Agarof, à proximité de la réserve naturelle d’Ansongo-Ménaka.
Cette mobilisation des autorités nigériennes a lieu en étroite coordination avec l’administration de Donald Trump, qui a érigé la libération de Kevin Rideout en priorité. Si les autorités américaines s’abstiennent pour l’heure de préciser l’identité des ravisseurs, la piste d’intermédiaires proches de l’EIGS, qui demeure très actif dans la zone transfrontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, est privilégiée.
Amenuisement des capteurs
Alors que l’otage serait fréquemment déplacé au sein de cet espace échappant largement au contrôle des États concernés, les enquêteurs américains et leurs homologues nigériens peinent cependant à le localiser. Des difficultés exacerbées par l’amenuisement des capteurs de renseignement américains et de ceux de leurs principaux partenaires dans la région au cours des dernières années.
Avec la fermeture de ses deux bases nigériennes de Niamey et d’Agadez en 2024, l’armée américaine a été amputée de précieux moyens de reconnaissance aérienne dans la région. Au premier rang de ceuxci, ses drones Reaper, qui avaient déjà été employés dans le cadre de missions de sauvetage d’otages au cours des dernières années. Washington ne peut également plus s’appuyer sur l’aide de Paris, dont les capacités dans la région ont fondu comme neige au soleil depuis les coups d’État successifs dans les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES, AI du 30/09/25). Or, la coopération avec l’allié français avait joué un rôle non négligeable dans la libération de Jeffery Woodke, autre humanitaire américain enlevé au Niger en 2016 et libéré en même temps que le journaliste français Olivier Dubois en 2023.
Également bien implanté dans la zone sous l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum (2021-2023), le Bundesnachrichtendienst (BND), les services de renseignement allemands, qui s’était distingué à travers des opérations d’exfiltration, s’est aussi retrouvé affaibli à partir de 2024 en raison de la décision de Berlin d’abandonner l’enclave logistique que dirigeait l’armée allemande dans la capitale. En 2022, ce service avait notamment œuvré à la libération de Jörg Lange, un humanitaire allemand kidnappé dans l’Ouest nigérien quatre ans plus tôt. En quête de nouveaux canaux
À défaut de pouvoir recourir à ces options, l’administration Trump n’a d’autres choix pour l’heure que de miser sur la junte du général Abdourahamane Tchiani, auprès de qui elle a tenté un timide rapprochement il y a quelques mois. Dans le courant de l’été, elle a accordé à cette dernière une dérogation spéciale afin qu’elle puisse obtenir des pièces détachées nécessaires à la remise en état d’une poignée de gros-porteurs de type C-130 Hercules (AI du 21/10/25). Mettre la main sur ces équipements était une demande de longue date des autorités nigériennes, qui n’étaient pas en mesure de se les procurer au regard de la législation américaine limitant la coopération avec les gouvernements issus de coups d’État.
Mais l’actuel gouvernement nigérien doit lui aussi composer avec son lot de faiblesses en matière de renseignement, en partie aggravées par la destitution de Mohamed Bazoum. Ministre de l’intérieur entre 2016 et 2020 avant d’accéder à la magistrature suprême en 2021, ce dernier avait su tisser un solide réseau au sein d’une poignée de commerçants arabes bien introduits auprès de l’EIGS. Il avait en outre noué des relations de confiance avec certaines franges de la communauté touarègue, qui, bien que minoritaire, demeure bien implantée dans la région des trois frontières.
À Niamey, d’autres canaux diplomatiques sont désormais envisagés pour pallier ces lacunes. Ceux-ci incluent notamment le Qatar, qui dispose d’une certaine assise auprès des populations sahéliennes grâce à plusieurs ONG, parmi lesquelles la Qatar Charity. De leur côté, les autorités américaines pourraient se tourner vers leurs homologues russes ou encore turcs. Si le FBI a officiellement la charge du dossier, le sort de Kevin Rideout est aussi suivi par le National Security Council (NSC) de la Maison blanche. Dans la capitale américaine, sa recherche a déjà fait l’objet de plusieurs réunions interservices mobilisant près de 200 personnes, comme l’a révélé le quotidien Washington Post.
Le Niger aborde une nouvelle ère de connectivité avec la dorsale transsaharienne à fibre optique – La Tribune – 27/11
La Politique nationale de développement du numérique 2026-2035 du Niger a pour ambition de créer de nouvelles niches de richesse et d’emplois, afin de contribuer au développement économique du pays sahélien. Une connectivité Internet universelle, de qualité et abordable en constitue la pierre angulaire.
Pays enclavé du Sahel, le Niger a franchi une nouvelle étape dans sa connectivité numérique. Le 14 novembre 2025, son ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information, Adji Ali Salatou, a réceptionné à titre provisoire 1 031 km de fibre optique déployés à travers le territoire, dans le cadre du projet de dorsale transsaharienne à fibre optique (DTS), financé à hauteur de 43 millions d’euros par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds Africain de Développement (FAD) et la contrepartie de l’État nigérien.
L’infrastructure a été déployée jusqu’à la frontière de cinq de ses sept pays limitrophes, rendant possible l’interconnexion par fibre optique avec l’Algérie, le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad. À ces liaisons frontalières potentielles s’ajoute une boucle urbaine d’environ 88 km destinée à connecter les principaux sites administratifs à un futur centre de données national. Pour le gouvernement, il ne reste plus qu’à vérifier la conformité des ouvrages aux plans et au contrat, et à signaler d‘éventuels défauts à corriger avant la réception définitive du projet. Plus qu’un simple investissement pour améliorer la connectivité Internet, ces routes numériques contribueront à la résilience de l’internet nigérien tout en permettant l’éclosion de diverses opportunités.
La finalisation de ce chantier qui a démarré en 2021 ouvre en effet de nombreuses possibilités. Pour Adji Ali Salatou, « l’accès au haut débit constitue un facteur clé de croissance, de transformation économique, d’aménagement du territoire et de diversification de l’économie nationale ». Soumaila Abdoul Karim, coordinateur de la DTS, rajoute que « cette dorsale constitue un levier essentiel pour le désenclavement numérique de notre pays. Elle contribue de manière significative à la réduction de l’exclusion géographique et des écarts de connectivité dans les zones reculées. Elle favorise aussi le développement économique en offrant une base solide aux services numériques, notamment le commerce électronique, les services financiers mobiles et l’administration électronique ».
De la baisse des prix à l’essor des services numériques
Les autorités misent sur trois effets immédiats induits par le réseau de fibre optique, une fois mis en service et éventuellement connecté à ceux des pays voisins : la couverture réseau, la qualité de service indispensable pour une expérience numérique optimale, et la baisse des prix d’Internet. Au second trimestre 2025, l’Autorité de régulation de la communication électronique et de la poste du Niger (ARCEP) dévoilait un taux global de couverture réseau géographique de 34,51 %. En septembre dernier, le colonel-major Chaibou Idrissa, directeur général de l’ARCEP, était dans les bureaux des différents acteurs du marché télécoms national pour dénoncer la mauvaise qualité de service et leur rappeler leurs obligations contractuelles.
Pour ce qui est du prix des services Internet, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que le coût de 2 Gigaoctets (Go) d’internet mobile haut débit a considérablement baissé en Afrique, passant de 7,3% du revenu moyen mensuel par habitant en 2018 à 3,9% en 2024. Il reste néanmoins bien supérieur au taux de 2% fixé par la Commission sur le haut débit. Quant aux services fixes à haut débit (5 Go), le prix médian en 2024 représentait 13,4% du revenu moyen mensuel par habitant. Au Niger, le prix de 2 Go d’internet mobile haut débit représente encore environ 8,5% du revenu moyen mensuel par habitant, contre 61% pour l’internet fixe.
Pour le secteur public et privé, cette infrastructure numérique ouvre aussi un champ d’opportunités, notamment l’accélération de la connexion de l’administration publique à Internet et la numérisation des services publics qui reste faible. Sur 193 pays, le Niger occupe la 187ème place au classement mondial 2024 de l’Indice de développement du gouvernement électronique des Nations unies. Une connectivité internet accessible partout, de bonne qualité et à des prix abordables, est aussi un catalyseur de l’économie numérique sur divers volets, notamment les services financiers digitaux et le commerce en ligne, ainsi que l’innovation locale dans la fintech, l’agritech, l’e-santé ou l’éducation en ligne. Il y a aussi l’attrait des investisseurs étrangers et des nomades numériques.
La Banque mondiale suggère qu’une hausse de 10% du taux de pénétration du haut débit mobile pourrait entraîner une hausse de 1,3 point du Produit intérieur brut par habitant.
Poursuivre l’investissement après la dorsale
Mais un déploiement de la dorsale transsaharienne de fibre optique ne garantit pas automatiquement au Niger l’émergence des diverses opportunités escomptées. Plusieurs défis restent à relever pour exploiter le plein potentiel de cette infrastructure. Un premier challenge est celui du dernier kilomètre : sans investissements des opérateurs pour étendre la fibre jusqu’aux utilisateurs finaux (entreprises, ménages, etc.) et pour déployer des réseaux mobiles haut débit (4G, 5G) jusque dans les régions reculées, la dorsale nationale risque de rester une « autoroute vide ».
Un autre enjeu crucial est la régulation de l’accès. L’ouverture non discriminatoire de l’infrastructure et une régulation efficace des tarifs de gros seront déterminantes pour que les bénéfices se répercutent sur l’ensemble des citoyens et des entreprises, plutôt que de profiter seulement à quelques acteurs dominants. La sécurité physique du réseau est également un impératif, notamment dans les zones parfois instables. La fibre y est exposée à des risques de vol et de vandalisme, ou à des coupures accidentelles dues à des travaux publics mal coordonnés.
Pour que la nouvelle infrastructure Internet concrétise véritablement les possibilités évoquées, le Niger devra aussi investir dans l’accessibilité des appareils (ordinateurs, smartphones, etc.), l’alphabétisation numérique, la cybersécurité, le soutien à l’innovation, la réglementation, et l’énergie.
AES : les ministres des Affaires étrangères renforcent l’unité et la sécurité au Sahel – Actu Niger – 27/11
La réunion ministérielle de la Confédération des Etats du Sahel (AES), tenue à Ouagadougou le 26 novembre 2025, s’est conclue sur un bilan positif. Les ministres du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont réaffirmé leur coordination pour renforcer la sécurité et l’unité régionale, tout en lançant la radio AES « Daandè Liptako », destinée à mobiliser les populations autour des enjeux et idéaux de la Confédération.
Présidée par Son Excellence Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali, la rencontre a réuni les délégations du Burkina Faso, conduite par Son Excellence Karamoko Jean Marie Traoré, et du Niger, dirigée par Son Excellence Bakary Yaou Sangaré. La session ministérielle a été précédée de réunions préparatoires des hauts fonctionnaires chargés de la Défense et sécurité, de la Diplomatie et du Développement.
Au cours de cette rencontre, les ministres ont dressé un bilan positif des initiatives menées depuis le sommet de Niamey en juillet 2024, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État malien et président de l’AES. Ils ont salué les efforts conjoints pour renforcer le front commun contre le terrorisme, coordonner l’action diplomatique et promouvoir le développement socio-économique dans la région.
La réunion a également servi à examiner des projets d’instruments juridiques visant à consolider la Confédération, en préparation de la deuxième session ordinaire du Collège des chefs d’État. Les ministres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la construction de l’espace confédéral conformément à la vision commune des présidents du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Par ailleurs, la session a été l’occasion de dénoncer ce que les participants ont qualifié de « terrorisme médiatique » ciblant le Mali, et de réaffirmer leur solidarité avec le gouvernement et le peuple maliens. Dans ce cadre, ils ont salué le lancement, le jour même à Ouagadougou, de la radio AES « Daandè Liptako », dédiée à la promotion du narratif de la Confédération et à la mobilisation des populations autour de ses idéaux et enjeux.
Enfin, une motion spéciale a été adressée au président Ibrahim Traoré du Burkina Faso pour son engagement aux côtés de ses pairs à consolider l’espace AES et à réaffirmer la souveraineté et la dignité des peuples du Sahel.
La réunion de Ouagadougou se conclut ainsi sur un message d’unité, de coordination et de vigilance face aux défis sécuritaires et géopolitiques, confirmant la volonté des pays membres de la Confédération de renforcer leur coopération pour un Sahel plus stable et prospère.
Notre chronique de l’implosion programmée du Sahel – Mondafrique – 28/11
Les hostilités dans le sud et le centre du Mali ne connaissent de trêve. On assiste à une nette augmentation des attaques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim-Alqaïda) et à une pénurie de carburant illustrée par de nombreuse images de propagande dont certaines produites par les autorités via l’Intelligence Artificielle pour tenter d’apaiser les populations frappées par un climat d’inquiétude généralisé
Au Mali de nombreux convois d’approvisionnement en carburant parviennent à atteindre la capitale et quelques chefs-lieux administratifs mais la pénurie et la spéculation induite se poursuivent.Durant la semaine, des heurts qualifiés de vifs se déroulaient au cœur de la forêt de Mandéla, en périphérie de Sikasso. Des frappes aériennes des Fama visaient des emprises du Gsim. Suivant une « jurisprudence » relativement établie, les canaux de l’Etat gardent le silence, en dépit d’un large écho des évènements, sur les réseaux sociaux.
De son côté, le Gsim diffuse, le 24 novembre 2025, une série de tracts où il se félicite de ses assauts et poses d’engins explosifs dirigés (eed) aux dépens des troupes loyalistes, autour de Bla, Yangasso, Zantiguila et Sikasso, tous points du territoire éloignés les uns des autres. Aux abords de la dernière ville, ses combattants auraient repoussé la tentative d’infiltration d’une unité motorisée des Fama. Celleci gardent le silence.
Le seul communiqué de la Direction de l’information et des relations publiques de l’armée (Dirpa) remonte au 22 novembre : Il mentionne la destruction d’un « véhicule logistique camouflé » près d’Abeibara (Nord) et la « neutralisation » d’éléments supplémentaires lors d’une seconde frappe à Kidal.
Depuis le 20 novembre, la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (Cnddr) reprend ses programmes dans plusieurs localités – Ségou, Mopti, Ménaka et Kidal – avant une extension vers Tombouctou, Gao et Taoudéni. La relance du dispositif ne manque de paradoxe alors que Bamako s’efforce d’entraîner et d’équiper les milices des chasseurs traditionnels Donzos.
Au Burkina Faso, l’agence de presse du gouvernement révèle, le 25 novembre, l’arrestation d’un dirigeant notoire du Gsim, le dénommé Ousmane Dicko, un homme au « lourd passé de violences » mais à présent repenti. L’individu —capturé en août dernier pendant une bataille au cours de laquelle plus de la moitié de sa katiba a été tuée — appelle, ses anciens compagnons, à se rendre et « épargner les populations ».
Le septentrion du Burkina Faso a subi, le 24 novembre, une vague de raids menés par le Gsim qui revendique la prise de positions militaires et de certains camps de l’entité affiliée « Volontaire pour la défense de la patrie » (Vdp), dans les espaces ruraux de Fada N’Gourma, Ouahigouya et Tangaye (Nord). Les Forces armée burkinabè (Fab) ne confirment les annonces en question
Au Niger, l’on constate l’imbrication permanente de l’insécurité et des fragilités de l’économie. Les deux substrats reflètent, ainsi, l’enracinement des foyers de crise. Le 24 novembre, le Syndicat national des distributeurs de gaz domestique déclare la suspension temporaire de ses activités, en raison de l’absence d’un accord final avec le ministère du Commerce, au sujet de la révision tarifaire. Par la même occasion, la corporation présente ses excuses, aux citoyens, de la perturbation à venir.
Les Toubous à la manœuvre
En parallèle, le 22 novembre, le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (Mplj) publie un avertissement aux entreprises qui entérinent les contrats d’exploitation et les appelle à «quitter immédiatement le pays ». Le Mplj émet une mise en garde directe à l’endroit de la Société minière de Dasa Sa (Somida), filiale locale du leader canadien de l’uranium, Global Atomic, active dans la région d’Agadez. La rébellion acquise au Président détenu Mohamed Bazoum menace de cibler les installations, après une attaque antérieure à proximité du site pétrolier d’Agadem. Le Mplj, constitué en majorité de rebelles Toubous, marque son empreinte à l’entour de Diffa et s’efforce de priver, le régime de transition, des revenus de l’industrie extractive.
Le 24 novembre, un atelier médiatique de riposte à l’extrémisme se tient, à Niamey sous l’égide du Comité inter-États de lutte contre le terrorisme (Cimct). Y participaient des officiers et des journalistes, aux fins de renforcer le rôle des institutions face à la propagande jihadiste qui progresse parmi les civils.
Au niveau culturel, le ministère du Tourisme reconnaît, le 24 novembre, le report de la 17ème édition du festival de l’Aïr, prévu à Iférouane (Nord) du 5 au 7 décembre prochain. Les animateurs prétextent une forte demande nationale et internationale (sic).
Le Tchad, endure un afflux massif de migrants venus du Soudan. Les rescapés fuient la guerre d’extermination et la famine croissante, au Darfour, notamment depuis la ville d’El Fasher. Les survivants décrivent un « massacre à ciel ouvert ». Des observateurs explicitent, quant à eux, le concept de « génocide ».
Selon un rapport d’InfoMigrants, en date du 24 novembre, les centres de tri de Tiné et les destinations d’accueil à Touloum, Iridimi et Goudran — situés dans la région du Wadi Fira — souffrent d’un déficit criant de nourriture et des secours d’urgence. Des responsables du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (Hcr) soulignent le défaut, dans la zone, du Programme alimentaire mondial (Pam).
Notre encadré sur la Mauritanie, l’ultime allié de Paris
En Mauritanie, Le général Pascal Lann, Commandant des forces françaises en Afrique, entame, le 24 novembre, une visite officielle. A la faveur de la première étape de son séjour, il a été reçu au siège du commandement militaire, par le général Mohamed Ould Cheikh Ould Beida, chef adjoint de l’état-major général des armées. La situation au Sahel occupait l’essentiel des échanges. La Mauritanie s’engage à développer le partenariat avec la France.
Aux discussions, prenaient part des officiers supérieurs, dont le Directeur du renseignement et de la sécurité militaire, les commandants des brigades respectives, des opérations et de la coopération militaire, en sus de l’officier accompagnateur du chef adjoint de l’état-major.
Le général Pascal Ianni s’est également rendu au Collège de défense, où il a été accueilli par le Directeur de l’établissement, le colonel Mohamed Ahmed Mahmoud El-Bennan et son équipe. La réunion a permis de passer en revue les niveaux de la collaboration et les perspectives de son renforcement.
Le général français a ensuite donné une conférence aux stagiaires du Collège, sous le titre : «Réorganisation de la présence française en Afrique centrale et occidentale ». Il y évoqua les transformations stratégiques qui exigent, désormais, « une nouvelle approche fondée sur une présence discrète, la fermeture des bases permanentes et la mise en avant des partenaires plutôt que la tutelle
».

