ROUE INFOS N°121
Diplomatie: L’heure de la décrispation diplomatique a-t-elle sonné? Par Adoum Boulkassoum
Depuis l’attitude agressive de la CEDEAO qui a décidé d’une expédition militaire punitive et des sanctions économique et financières inhumaines et injustes à l’endroit du Niger consécutive aux événements du 26 juillet 2023, les relations diplomatiques entre le Niger et certains pays membres de la CEDEAO se sont pour le moins dégradées. Des vives tensions mêlées de méfiance et d’invectives ont alimenté les relations diplomatiques entre le Niger et ses deux grands voisins du sud à savoir le Nigeria et le Bénin.
De l’autre côté, avec l’avènement de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) au Nord-ouest, les relations cordiales et fraternelles entre l’Algérie et le Niger allait se refroidir.
Mais ces derniers jours, on assiste à un réchauffement des relations entre le Niger et certains de ses voisins, donnant l’impression que l’heure de la décrispation diplomatique a peut-être sonné.
Invitation du Président Tebboune au Président Tiani
Le 7 février 2026, le président de la République algérienne, M. Abdelmadjid Tebboune, annonçait avoir adressé au Président de la République du Niger une invitation officielle à effectuer une visite en Algérie et réaffirmait la volonté constante de l’Algérie de demeurer une force de stabilité, à la lumière des bonnes relations qu’elle entretient avec les pays voisins.
Un signal fort de décrispation des relations qui soufflent le chaud et le froid entre les deux pays. Cette invitation officielle intervient après le séjour fin janvier 2026 d’une délégation officielle algérienne de haut niveau, conduite par le ministre de l’Énergie et des Mines Mohamed Arkab. La visite de travail à Niamey de la délégation algérienne avait pour but de relancer la coopération énergétique, notamment le projet de gazoduc transsaharien et de redynamiser l’axe Alger-Niamey, suspendu depuis 2025, en renforçant les partenariats pétroliers et miniers.
Cette visite a été perçue par les observateurs comme la manifestation d’une volonté de relancer les relations bilatérales entre les deux pays après une période de froid diplomatique suite à la crise entre l’Algérie et la Confédération des États du Sahel (AES).
Pour rappel, au lendemain des événements du 26 juillet 2023, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exprimé son opposition à toute intervention militaire, déclarant qu’« une intervention militaire pourrait enflammer toute la région du Sahel et l’Algérie n’utilisera pas la force avec ses voisins » et proposant une médiation et une feuille de route pour une sortie de crise au Niger.
Pour le moment rien n’a filtré, coté nigérien, de la suite réservée à l’invitation du Président algérien Abdelmadjid Tebboune au Président Abdourahamane Tiani.
Cependant, le président algérien a donné, jeudi 12 Février 2026, instructions pour le retour avec effet immédiat de l’Ambassadeur de la République algérienne démocratique et populaire accrédité auprès de la République du Niger tandis que l’Ambassadeur du Niger auprès de l’Algérie reprenait fonction.
Pour l’opinion publique nationale, en Algérie comme au Niger, cela marque peut-être le début d’une véritable décrispation entre les deux pays qui malgré quelques incompréhensions ont gardé des relations cordiales et amicales et disposent de nombreux projets en commun entrant dans le cadre du renforcement de la souveraineté de nos Etats.
La réouverture de la frontière entre le Nigeria et le Bénin, une autre lueur d’espoir d’apaisement
Du côté du voisin du Sud, le Nigeria avec lequel les relations sont tendues depuis les événements du 26 juillet 2023, un événement majeur intervenu en début de semaine laisse croire que la tendance est à l’amélioration progressive et au rétablissement d’un climat cordial de coopération et de dialogue entre des Etats.
Depuis les événements du 26 juillet peu de délégations officielles nigériennes se sont rendues au Nigeria. Mais le lundi 9 février 2026, les autorités douanières du Nigeria et du Niger ont procédé à la réouverture de la frontière de Kamba, une localité nigériane située dans l’Etat de Kebbi. Ce poste frontalier était fermé depuis plusieurs mois, bloquant plus de 1600 camions chargés de marchandises en direction du Niger.
Selon le directeur des douanes nigérianes, Bashir Adewale Adeniyi, la décision de rouvrir ce point de passage entre les deux pays, émane directement du président Bola Ahmed Tinubu pour permettre le transit des marchandises destinées au Niger via le port de Cotonou au Bénin.
« Le président Tinubu nous a donné pour mandat d’autoriser le transit des camions vers le Niger via le Bénin et l’État de Kebbi, » a indiqué M. Adewale-Adeniyi.
La réouverture de cette frontière permet également la reprise du trafic sur le corridor Tsamiya-Kamba, Tsamiya étant une autre localité de l’Etat de Kebbi au Nigeria qui fait frontière avec le Bénin.
Lors de la cérémonie officielle de réouverture, le patron de douanes nigérianes a précisé que selon les instructions du président Tinubu, des technologies modernes seront déployées pour garantir que les marchandises destinées à des destinations spécifiques ne soient pas détournées.
« Les opérateurs économiques qui enfreindraient la réglementation en matière de transit s’exposeraient à de lourdes sanctions. Le non-respect de ces règles créerait des obstacles non tarifaires et nuirait à la confiance entre les nations, » a averti Bashir Adewale Adeniyi.
Certains opérateurs économiques sont accusés de déverser des marchandises déclarées comme en transit, sur le marché nigérian sans les dédouaner. Les autorités nigérianes dénoncent aussi le fait que plusieurs camions venant du port de Cotonou en direction du Niger, traversent le territoire sans s’acquitter des taxes liées au transit.
C’est pour ces raisons que le Nigeria avait fermé, il y a quelques mois, ce corridor, bloquant ainsi, plus de 1600 camions à la frontière de Kamba.
La réouverture de la frontière a permis aux camions en direction du Niger de reprendre leurs trajets à la satisfation des opérateurs économiques et des populations nigériennes à la veille du mois béni de Ramadan.
Sur le plan diplomatique, la visite de travail de la délégation douanière nigérienne et l’implication directe du Président Ahmed Bola Tinubu dans la réouverture de la frontière annoncent une décrispation des relations diplomatiques tendues entre les deux pays qui partagent 1500 km de frontières.
Commémoration des événements du 9 février 1990: D’un syndicalisme de revendication à un syndicalisme de participation: Par Adoum Boulkassoum
Les Etudiants et scolaires Nigériens ont commémoré, comme à l’accoutumée, les événements du 09 février 1990 marquant la barbarie qui s’est abattue sur les scolaires et étudiants qui manifestaient pacifiquement pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Conférences-débats, marches et meetings et recueillement ont marqué la commémoration du 36ème anniversaire de cette tragédie qui a couté la vie à trois étudiants et plusieurs dizaines de blessés. A l’université de Niamey, comme à l’intérieur du pays, les responsables des différentes sections de l’USN ont célébré, contexte oblige, l’évènement avec les autorités administratives dans le contexte de mobilisation générale décidée par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Cette commémoration qui intervient dans un contexte historique majeur pour le pays placé sous le sceau de la Refondation a donné lieu, entre autres, à un meeting grandiose qui s’est tenu au stade municipal de Niamey.
Depuis les événements du 26 juillet 2023 qui ont emporté le régime de la 7ème République et consacré l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) qui a engagé un processus de refondation basé sur la souveraineté du pays, la lutte contre les puissances impérialistes et la redéfinition des partenariats avec les puissances occidentales, l’Union des Scolaires Nigériens (USN) a radicalement changé de méthodes de lutte. Elle a activement participé au mouvement de résistance de l’escadrille, avec les autres forces populaires, qui exigeaient le départ des forces militaires étrangères du Niger.
Ces méthodes de lutte hier jugées brutales ont totalement changé de même que son style de revendication.
L’USN qui arpentait les rues, avec violence et fracas, saccageant souvent les biens publics et privés est on ne peut plus moins agressive et revendicative.
A la commémoration de son 36ème anniversaire, le syndicalisme de revendication, de tout ou rien, a fait place à un syndicalisme de participation. C’est ensemble avec des membres du CNSP, des membres du gouvernement et des autorités administratives que les responsables de l’USN se sont affichés au meeting du mercredi 11 février tenu au stade municipal de Niamey, chacun prenant la parole pour parler du contexte du moment.
Il est vrai que l’USN a profité de l’occasion pour exprimer ses vives préoccupations aux autorités, mais elle a aussi réaffirmé son engagement aux côtés du CNSP dans son combat pour la pleine souveraineté du Niger et la refondation de la République.
Ce qui est sûr, l’on assiste à un changement radical de trajectoire de l’USN qui devient de plus en plus collaborative, flexible et surtout participative.
L’obtention de visas à l’Ambassade d’Espagne à Niamey Un véritable calvaire pour les demandeurs. Par Mato Mani
Ils sont très nombreux les citoyens nigériens candidats pour l’obtention de visas à l’Ambassade d’Espagne qui depuis la fermeture du Consulat de France délivre le précieux document, pour des visites médicales, des voyages d’études ou encore pour mener des activités commerciales. Mais, il faut dire que la recherche de visa devient de plus en plus pénible avec une longue attente, dans des conditions qui frisent souvent la dignité humaine.
Au consulat d’Espagne à Niamey où on délivre le visa pour l’Europe ou Visa Shengen, ces derniers temps, c’est pratiquement un parcours de combattant d’accéder au précieux document. Les formalités pour l’obtention du visa qui étaient pourtant simples auparavant comme au niveau de certaines représentations diplomatiques deviennent de plus en plus compliquées avec des délais interminables.
Aucune explication n’est donnée pour les longues attentes et du coup les demandeurs aptes et remplissant les conditions s’interrogent sur les difficultés liées à l’obtention de ce visa surtout sur les délais de délivrance.
Pourquoi autant de files d’attente ces derniers jours devant le Consulat ? Pourquoi un délai si long, se demandent-ils?
Comment comprendre, qu’un nigérien en situation d’urgence tantôt pour des raisons médicales ou commerciales n’arrivent pas avoir de visas à temps? Pourtant certains observateurs constatent qu’après chaque deux semaines, c’est un nombre important de visas qu’on attribue souvent à des ressortissants étrangers alors que beaucoup de nigériens ayant fait les formalités attendent.
Cette situation pour le moins incompréhensibles doit interpeller le ministère des affaires étrangères, de la coopération et des nigériens à l’extérieur et pourquoi pas le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie. Dans cet élan de souveraineté et de dignité retrouvées il est nécessaire de mener une enquête approfondie sur cette situation. Le consul doit également surveiller son équipe car les demandeurs se plaignent notamment de l’agent de sécurité, d’une dame de nationalité béninoise ainsi que son frère habilités à faciliter la tâche aux demandeurs de visas.
Nombreux en tout cas sont les candidats au visa de l’Espagne interrogés qui parlent d’une situation intenable notamment dans l’obtention de ce visa pour avoir fait plusieurs mois en train de faire la navette sans suite, bien qu’à chaque fois on trouve un important des demandeurs de visa comme si c’est pour tromper la vigilance des vrais demandeurs.
D’habitude, il est donné deux semaines au demandeur pour avoir le visa après avoir versé une somme de 60.000 FCFA. Mais maintenant beaucoup de nos compatriotes disent que même si la personne dépose sa demande, c’est toujours le statuquo, et que chaque jour on voit une foule compacte à la devanture du consulat.
Dans le contexte de la refondation en cours dans notre pays, avec la vision clairement affichée du président de la République, Chef de l’Etat Tiani Abdourahamane de donner au nigérien sa dignité ce genre de pratiques n’ont plus leur place au Niger.
Il est temps de mettre fin à cette situation désagréable voire méprisante.
Mato Mani

