Sécurité régionale : fin de mission du contingent nigérian au Bénin après la crise de décembre.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
Le détachement de l’armée nigériane déployé au Bénin à la suite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 a officiellement achevé sa mission. Une cérémonie solennelle, organisée le vendredi 30 janvier 2026 à la caserne de Togbin, a marqué le départ des soldats nigérians, scellant ainsi la fin d’un partenariat militaire ponctuel mis en place dans un contexte de forte tension sécuritaire.Au plus fort de la crise de décembre dernier, environ 260 militaires nigérians avaient été dépêchés au Bénin pour appuyer les Forces armées béninoises (FAB) dans la sécurisation des sites sensibles et la préservation de l’ordre constitutionnel. Stationnés principalement à Togbin, ces soldats avaient pour mission de renforcer le dispositif sécuritaire et de dissuader toute velléité de déstabilisation, dans une région déjà fragilisée par les menaces transfrontalières.
La cérémonie de retrait s’est déroulée en présence du chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le général Fructueux Gbaguidi, de hauts responsables militaires des deux pays ainsi que de l’ambassadeur du Nigeria près le Bénin, Olukayode Olugbenga Aluko. À cette occasion, les autorités béninoises ont rendu un hommage appuyé au professionnalisme et à l’engagement des forces nigérianes, saluant une coopération exemplaire fondée sur la solidarité et la confiance mutuelle.Dans son allocution, le général Fructueux Gbaguidi a souligné que cette collaboration militaire avait contribué de manière significative à la stabilisation rapide de la situation sécuritaire après les événements du 7 décembre. Il a également insisté sur l’importance des partenariats régionaux face aux défis sécuritaires communs, notamment la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et les trafics transfrontaliers.
Le retrait du contingent nigérian intervient dans un climat jugé désormais maîtrisé par les autorités béninoises. Il symbolise la stabilité retrouvée et le retour progressif à un dispositif sécuritaire exclusivement national, tout en maintenant des canaux de coopération ouverts entre Cotonou et Abuja. Les responsables des deux armées ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté de poursuivre les échanges stratégiques et les actions conjointes dans le cadre des mécanismes régionaux de sécurité.
Au-delà de la fin de cette mission spécifique, cet épisode illustre la capacité des États ouest-africains à répondre collectivement aux crises et à privilégier la coopération militaire comme levier de paix et de stabilité. Pour le Bénin comme pour le Nigeria, l’expérience de Togbin restera un exemple de solidarité régionale face aux menaces contre l’ordre constitutionnel et la sécurité des populations.

