SONIDEP : GARE AUX CAMÉLÉONS

SONIDEP : GARE AUX CAMÉLÉONS

SONIDEP : GARE AUX CAMÉLÉONS !

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Ils ont applaudi hier, ils condamnent aujourd’hui. Ils conseillaient l’ancien patron, ils le chargent désormais de tous les péchés. À la nouvelle directrice générale de la SONIDEP, un avertissement : dans les couloirs du pouvoir, les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qui vous combattent ouvertement, mais ceux qui vous servent avec un sourire intéressé.
Au Niger, les changements de dirigeants offrent parfois un spectacle aussi édifiant qu’écœurant : celui des retournements de veste en série. À peine un responsable quitte-t-il son fauteuil que certains de ses anciens collaborateurs se transforment en procureurs impitoyables. Hier, ils louaient sa vision, défendaient ses décisions et sollicitaient ses faveurs. Aujourd’hui, ils le décrivent comme un homme têtu, incapable d’écouter les conseils, responsable de tous les dysfonctionnements et sourd à toute critique.
Quelle métamorphose !
Mais une question mérite d’être posée : où étaient donc ces donneurs de leçons lorsque leur patron était encore aux commandes ? Pourquoi n’ont-ils pas dénoncé publiquement les dérives qu’ils prétendent avoir observées ? Pourquoi leur courage semble-t-il surgir précisément au moment où celui qu’ils critiquent n’est plus en mesure de leur demander des comptes ?
La vérité est parfois brutale : certains conseillers ne servent pas le responsable, encore moins l’institution. Ils servent d’abord leur propre positionnement.
Madame la Directrice générale, prenez garde aux spécialistes de la flatterie, aux courtiers en conseils et aux professionnels de la proximité avec les puissants. Ils savent se rendre indispensables, vous dire ce que vous souhaitez entendre et transformer les erreurs d’hier en arguments pour conquérir votre confiance aujourd’hui.
Leur stratégie est simple : charger le prédécesseur pour se blanchir eux-mêmes. Faire croire qu’ils avaient tout compris, tout prévu et tout dénoncé, alors qu’ils étaient parfois au cœur même du dispositif décisionnel.
Attention, toutefois, à ne pas tomber dans l’excès inverse. L’ancien directeur général n’est ni au-dessus des critiques ni dispensé de rendre compte de sa gestion. Si des fautes ont été commises, les audits, les documents et les faits doivent parler. La vérité ne doit être ni un instrument de vengeance ni un fonds de commerce pour les opportunistes.
La SONIDEP n’a pas besoin d’une cour de flagorneurs. Elle a besoin de compétences, de transparence, de rigueur et de collaborateurs capables de dire non lorsque l’intérêt de l’entreprise l’exige. Une directrice générale bien conseillée n’est pas celle qui entend constamment qu’elle a raison, mais celle qui peut compter sur des personnes assez courageuses pour lui signaler ses erreurs.
Madame la Directrice générale, retenez ceci : celui qui dénigre aujourd’hui son ancien patron pour vous plaire pourrait vous dénigrer demain pour plaire à votre successeur.
Les postes changent, les discours changent, les fidélités changent. Mais l’opportunisme, lui, reste fidèle à sa seule cause : l’intérêt personnel.
À la SONIDEP comme ailleurs, il est temps de cesser de confondre les applaudissements avec la compétence et les flatteries avec la loyauté.
La Voie du Sahel.

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