Spéculations sur la loi des finances 2026 : La Direction Générale des Impôts lève toute équivoque

Spéculations sur la loi des finances 2026 : La Direction Générale des Impôts lève toute équivoque

Pas de changements notoires, pas d’alourdissement de la fiscalité pouvant porter atteinte aux charges des ménages, juste quelques mesures visant à renforcer la mobilisation fiscale sans affecter les ménages, tel était en substance, le message du Directeur Général des Impôts, M. Adourahamane Malam Saley qui a animé un point de presse le mercredi 14 janvier 2026 relativement aux nouvelles mesures prévues la loi des finances 2026.

Chiffres à l’appui, illustrés d’exemples pratiques, le Directeur Général des Impôts a battu en brèche toutes les arguments polémiques entretenues à ce sujet.

Des clarifications et précisions qui remettent les pendules à l’heure suite aux spéculations qui ont semé confusion et vent de panique développées par certains internautes sur les réseaux sociaux. Plus de peur que de mal, la Direction Générale des Impôts a rétabli la vérité par rapport à la polémique savamment entretenue par les réseaux sociaux, présentant des mesures étouffantes et impopulaires.

Adoptée par le Gouvernement juste à la veille de l’année 2026, la loi des finances 2026 n’a pas fait l’objet de communication, laissant un vide qui a été vite occupé par les internautes qui se sont invités dans les débats sur une matière complexe, semant confusion, inquiétudes et panique au sein de l’opinion publique nationale.

L’on peut retenir dans cette loi des finances que les recettes budgétaires de l’Etat, exercice 2026, sont évaluées à mille huit cent soixante un milliards huit cent quatre-vingt-quatre millions trois cent vingt-sept mille cinq cent seize (1.861.884.327 516) FCFA et les ressources de trésorerie de l’Etat, exercice 2026, sont évaluées à mille soixante milliards trois cent trente-quatre millions six cent mille sept cent trente-trois (1.060.334.606.733) FCFA.

De nouvelles mesures fiscales ont été prévues en vue de renforcer la mobilisation fiscale dans un contexte marqué l’austérité, la résilience et les impacts des sanctions injustes imposées au Niger au lendemain des événements du 26 juillet 2023.

Elle n’a pas manqué de susciter diverses réactions de la part de certains de nos concitoyens. Spécialistes, experts, néophytes, influenceurs et autres bloggeurs se sont jetés dans les débats, interprétant chacun à sa façon les innovations introduites dans cette loi des finances. Malheureusement dans ces débats citoyens sur la loi des finances, la désinformation et les exagérations ont pris le dessus, semant un vent d’inquiétude voire de panique.

Les spéculations sur le budget 2026 se sont cristallisées essentiellement sur l’Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS), la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), la Taxe sur les Dépôts et Transfert d’Argent (TDTA) et la Taxe sur les Paiements en Numéraires (TPN).

Réagissant par rapport à ces points, le Directeur Général des Impôts, M. Adourahamane Malam Saley a apporté des clarifications sur les modifications intervenues, des réformes qui ne justifient aucune inquiétude ou panique.

Aucune hausse n’est prévue sur l’Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS) a laissé entendre M. Adourahamane Malam Saley. «…Aucune modification n’a été apportée au texte existant jusqu’) la fin de l’année 2025 », a souilgné le DGI.

‘’Les travailleurs n’ont aucune inquiétude à avoir car leur ITS n’augementera pas d’un franc en 2026 du fait de cette loi des finances’’ a-t-il rassuré.

M. Adourahamane Malam Saley de préciser que ‘’la mesure nouvelle a consisté à corriger certaines erreurs commises dans la rédaction du barème de calcul de l’impôt introduit par l’ordonnance n°2025-22 du 14 juillet 2025 portant adoption du Code Général des Impôts » Il s’agit donc d’une correction qui a permis la remise en place du barème appliqué depuis plus de dix ans et qui résulte d’un consensus obtenu entre le Gouvernement et les représentants des travailleurs.

Concernant la TVA, le Directeur Général des Impôts a relevé que: « La loi des finances pour l’année budgétaire 2026 n’a pas supprimé les exonérations de TVA pour les tranches sociales au titre de la consommation d’eau et d’électricité pour les ménages’’.

La mesure prise a consisté juste à corriger certaines erreurs contenues dans le texte de l’ordonnance de juillet 2025 portant adoption du Code Général des Impôts, a soutenu M. Adourahamane Malam Saley.

Sur la troisième question relative à la Taxe sur les Dépôts et Transferts d’Argent qui a fait l’objet d’une cristallisation des spéculations des internautes, le Directeur Général des Impôts a indiqué qu’il s’agit de l’institution d’une Taxe sur les comptes ouverts auprès des opérateurs qui vise à élargir l’assiette fiscale.

Selon la DGI, cette taxe comporte deux taux :

– Un taux de 0,5% sur les dépôts effectifs et transferts de compte à compte, d’un montant inférieur ou égal au plafond fixé par la banque centrale, c’est-à-dire 2.000.000FCFA.

-Un taux de 5% applicable lorsque le montant du dépôt ou du transfert de compte à compte dépasse le seuil maximum autorisé par la règlementation bancaire.

Illustrant le premier taux, le Directeur Général des Impôts, M. Adourahamane Malam Saley a expliqué que pour un dépôt ou transfert de compte à compte de la somme de 10.000 FCFA, par exemple, le montant à prélever sera de 50 FCFA.

Pour le deuxième taux de 5%, il s’agit d’une simple mesure de dissuasion à l’encontre des acteurs qui tenteraient de violer la réglementation bancaire.

Toujours par rapport à la Taxe sur les Dépôts et Transferts d’Argent (TDTA), le Directeur Général des Impôts de préciser que ‘’seules les opérations de dépôt ou de transfert de compte à compte réalisées en 2026 seront concernées’’ par ces mesures.

Il faut retenir en définitive par rapport à la TDTA que :

– Seuls les dépôts et les transferts de compte à compte sont concernés par la taxation ;

– les transferts d’un compte à un autre compte ouverts au niveau d’un même opérateur ne donnent pas lieu à la taxation ;

– Les envois directs de fonds et les transferts autres que ceux faits de compte à compte ne sont imposables ;

– les transferts d’un compte à un autre compte ne sont taxables que lorsqu’ils mettent en relation d’affaires deux (2) opérateurs différents.

Autre précision de taille, à ce niveau, le Directeur Général des Impôts a également notifié qu’ «En raison des travaux administratifs à réaliser par nos services, notamment la rédaction et la publication d’une circulaire d’application et les travaux informatiques à faire par les entreprises assujetties pour paramétrer cette nouvelle taxe, un délai de trois (3) mois est accordé aux opérateurs pour l’adaptation de leurs systèmes d’information».

S’agissant de la quatrième innovation relative à la Taxe sur les Paiements en Numéraires (TPN) qui a suscité également diverses spéculations, elle a été instituée afin de répondre à des objectifs stratégiques pour l’Etat, notamment en vue de favoriser la bancarisation.

Cette taxe de dont le taux est 1 % ne s’appliquera qu’aux transactions supérieur à 100.000FCFA réalisées par ou avec les entreprises soumises à un régime réel d’imposition, c’est-à-dire les sociétés, les professions libérales et les personnes physiques dont les chiffres d’affaires annuels sont supérieurs à 50 millions (régime réel simplifié d’imposition) ou 100 millions (régime réel normal d’imposition).

En définitive, les nouvelles mesures fiscales qui ont fait l’objet d’exagération ou de déformation de la part de certains internautes sur les réseaux sociaux, ne justifient aucune inquiétude pouvant susciter autant de polémique. «Elles ont pour but de consolider le dispositif fiscal en vue d’une mobilisation juste et efficace de l’impôt, pour permettre de financer davantage nos dépenses notamment de sécurité et contribuer au renforcement de la bancarisation» a conclu le DGI.

Adoum Boulkassoum

LA VOIE DU SAHEL

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