Volontariat dans l’AES : la jeunesse sahélienne veut passer à l’action.

Volontariat dans l’AES : la jeunesse sahélienne veut passer à l’action.

  1. Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Réunis à Niamey du 28 au 30 septembre, les volontaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont placé l’engagement citoyen au cœur de la construction de l’espace AES. Au-delà des échanges et des discours, la 3ᵉ édition de l’Université d’été des volontaires de la Confédération des États du Sahel entend jeter les bases d’un volontariat mieux structuré, mieux reconnu et davantage connecté aux besoins des populations.

Trois pays, une même ambition

Le Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire a présidé, mercredi 30 septembre à Niamey, la cérémonie de clôture de cette troisième édition placée sous le thème : « Le volontariat, une force pour la construction des États de la Confédération AES ».

Pendant trois jours, jeunes volontaires burkinabè, maliens et nigériens ont confronté leurs expériences à travers conférences, panels, travaux thématiques, master class et activités citoyennes.

L’objectif affiché est clair : faire du volontariat davantage qu’un simple engagement ponctuel. Il s’agit d’en faire un véritable instrument de participation citoyenne, de solidarité entre les peuples et de contribution au développement des trois pays.

Structurer pour mieux servir

Les échanges ont surtout permis d’identifier les défis qui freinent encore le développement du volontariat dans l’espace AES : reconnaissance des compétences acquises, accompagnement des volontaires après leurs missions, protection sociale, mobilité et meilleure utilisation des outils numériques.

Au terme des travaux, neuf recommandations ont été formulées à l’attention du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES. Parmi les principales propositions figurent la création d’une Agence confédérale du volontariat, le développement du volontariat de réciprocité, la digitalisation du secteur, la certification des compétences et la mise en place de mécanismes d’accompagnement post-volontariat.

Ces propositions traduisent une volonté de donner une dimension plus institutionnelle et régionale à l’engagement volontaire.

Du discours à l’action

L’Université d’été n’est pas restée enfermée dans les salles de conférence. Les participants ont également pris part à une activité citoyenne consacrée à la peinture des bordures de la chaussée et du boulevard des Armées à Niamey.

Un geste symbolique, mais aussi concret : montrer que le volontariat peut se traduire directement sur le terrain par des actions utiles aux communautés.

Quelle suite pour les recommandations ?

L’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre. La création d’un cadre confédéral du volontariat, la reconnaissance des compétences et la protection des volontaires nécessiteront des mécanismes précis, des ressources et une coordination entre les trois États.

La prochaine étape sera donc de transformer les recommandations de Niamey en dispositifs opérationnels. Car derrière le slogan « Trois pays, une jeunesse engagée, une même volonté de servir », se pose une question essentielle : comment faire du volontariat un véritable levier durable au service des populations et du développement de l’espace AES ?

 

La Voie du Sahel.

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