Kemi Seba arrêté en Afrique du Sud : le chantre du panafricanisme rattrapé par la justice internationale.

Kemi Seba arrêté en Afrique du Sud : le chantre du panafricanisme rattrapé par la justice internationale.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

L’influenceur panafricaniste Kemi Seba, figure controversée de la contestation anti-occidentale en Afrique, a été arrêté en Afrique du Sud le lundi 13 avril, selon la police locale. Cette interpellation marque un tournant dans le parcours tumultueux de celui qui s’est imposé ces dernières années comme l’une des voix les plus radicales contre la présence française sur le continent.

Visé par un mandat d’arrêt émis par le Bénin, l’activiste est accusé d’avoir soutenu une tentative de coup d’État en décembre dernier. Les autorités sud-africaines ont confirmé qu’une procédure d’extradition est désormais en cours, ouvrant la voie à un possible transfert vers Cotonou pour y répondre de ces accusations graves.De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba s’est construit une notoriété à travers des discours virulents contre France et les dirigeants africains jugés proches de Paris. Fort de ses 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, il mobilise une audience jeune et engagée, sensible aux thèses souverainistes et panafricanistes. Son ONG, Urgences panafricanistes, est régulièrement au cœur de mobilisations politiques dans plusieurs pays africains.

L’activiste ne cache pas non plus son soutien aux régimes militaires issus de coups d’État dans le Sahel, notamment au Niger, dont les autorités lui ont accordé un passeport diplomatique. Une proximité qui alimente les critiques de ses détracteurs, qui l’accusent de promouvoir des agendas politiques déstabilisateurs.

Ce n’est pas la première fois que Kemi Seba se retrouve dans le viseur des autorités judiciaires. Il avait déjà été interpellé à plusieurs reprises au Bénin, notamment pour ses prises de position contre le président Patrice Talon. En 2024, il avait également été placé en garde à vue en France dans le cadre d’une enquête portant sur ses supposés liens avec le groupe paramilitaire russe Wagner.Des révélations médiatiques, connues sous le nom de « Wagner Leaks », avaient notamment évoqué un financement et un accompagnement stratégique de certaines de ses activités en Afrique entre 2018 et 2019 par Evgueni Prigojine.Entre militantisme assumé et soupçons d’ingérence étrangère, l’arrestation de Kemi Seba relance le débat sur les figures de l’activisme panafricaniste et leur rôle dans les recompositions politiques en Afrique.

Alors que la procédure d’extradition suit son cours, une question demeure : s’agit-il d’un opposant politique traqué ou d’un acteur engagé dans des dynamiques aux implications bien plus complexes ?

La voie du Sahel.

LA VOIE DU SAHEL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *