Revue de presse Niger – 14/04/2026

Revue de presse Niger – 14/04/2026

Niger : l’ancien PM Ouhoumoudou et 2 autres proches de Bazoum inscrits sur le fichier des personnes en lien avec le terrorisme (FPGE) – Actu Niger – 13/04

Les autorités nigériennes viennent d’ajouter de nouveaux noms sur la liste du Fichier national des personnes ou groupes liés à une entité terroriste (FPGE). Il s’agit de proches de l’ancien président Bazoum Mohamed, son ex-Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou ainsi que deux autres collaborateurs de l’ancien chef de l’État, Madame Takoubakoye Aminata Boureima et Djibo Yaya. Conformément à la réglementation édictée par le CNSP, ces personnes, qui sont poursuivies pour diverses infractions liées à la sécurité de l’État et à la lutte antiterroriste, sont visées par des mesures immédiates, avec notamment le gel de leurs avoirs, l’interdiction de voyager, la surveillance financière et des restrictions commerciales ainsi qu’en matière de protection consulaire. Les 3 nouveaux inscrits sur la liste noire du FPGE sont en exil depuis les évènements du 26 juillet et Amy Takoubakoye et Djibo Yaya, très actifs sur les réseaux sociaux, ont été récemment déchus provisoirement de leur nationalité par ordonnance présidentielle pour les mêmes faits.

C’est par une note officielle adressée le 09 avril 2026 par le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération que les autorités nigériennes ont notifié aux missions diplomatiques l’inscription de trois (03) nouvelles personnalités sur le fichier des personnes impliquées dans des actes terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’État (FPGE).

Selon le document, les 3 personnes visées sont toutes actuellement « en fuite à l’étranger ».Il s’agit de l’ancien Premier ministre de Bazoum Mohamed, Ouhoumoudou Mahamadou, en poste au moment du coup d’État du 26 juillet 2026. Plusieurs fois ministre sous Mahamadou Issoufou, dont il est également proche et a dirigé le cabinet à la Présidence, il est poursuivi pour « crime de trahison et complot contre la sûreté de l’État ».

Les deux autres nouveaux inscrits sur le FPGE sont également d’anciens membres du cabinet du président déchu qui mènent actuellement une opposition farouche au CNSP, principalement sur les réseaux sociaux, à partir de leur terre d’exil.Il s’agit de Mme Takoubakoye Aminata Boureima, poursuivie pour « production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, diffamation et injures par communication électronique », ainsi que Djibo Yaya, poursuivi pour « production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, diffamation, injures par communication électronique et apologie du terrorisme ».

Pour ces mêmes faits, l’ancienne ministre (2020), Dr Amy Boureima, ex-DG de l’Institut national de la statistique (INS), et Djibo Yaya, qui était au cabinet de Bazoum, ont d’ailleurs été récemment déchus provisoirement de leur nationalité par ordonnance présidentielle.

Mesures et sanctionsConformément aux dispositions en vigueur, ces personnes sont désormais visées par une série de mesures restrictives dont le ministre a instruit les chefs de missions diplomatiques et postes consulaires de veiller à leur stricte application.Il s’agit notamment du gel des avoirs financiers et de l’interdiction d’accès aux comptes bancaires, de l’interdiction de déplacement à l’intérieur du pays et de l’interdiction de voyager à l’étranger ainsi que de la restriction des transactions commerciales avec les entreprises, qui ont l’obligation de signaler toute interaction avec ces individus au Comité national du FPGE. Aussi, le ministère précise que cespersonnes ne peuvent plus prétendre à l’assistance ou à la protection du Niger via ses ambassades à l’étranger.

Liste noireLa liste noire des personnes inscrites sur le Fichier national des personnes, groupes de personnes ou entités (FPGE) impliqués dans des actes de terrorisme au Niger continue donc de se gonfler. Créée fin 2024 par ordonnance du Président du CNSP et Chef de l’État, le Général Abdourahamane Tiani, cette liste a visé jusqu’à présent des proches de l’ancien président Bazoum Mohamed, qui continuent encore à s’opposer aux autorités de la Refondation.Dans un premier temps, une dizaine de personnes, dont d’anciens membres du cabinet, des anciens ministres et officiers des FDS, ayant fui le pays après les évènements du 26 juillet 2026, ont été concernées par cette inscription sur la liste du Fichier national.

Après les Assises nationales de la Refondation de février 2025 et l’appel au pardon et au dialogue du Chef de l’État, beaucoup avaient espéré que les autorités allaient revenir sur cette décision qui soulève des polémiques tant au Niger qu’à l’extérieur. Il faut dire que les personnes visées par cette mesure, qui suit un ordonnancement judiciaire bien établi tel que cela a été expliqué par le ministre de la Justice, M. Alio Daouda, sont par la suite visées par d’autres mesures administratives restrictives de leurs droits et devoirs de citoyens.

Avec les dernières inscriptions, tout laisse à croire que Niamey surveille toujours les caciques de l’ancien régime, même, et surtout, à l’extérieur !

Résolution de l’UE : le Général Malick Diaw dénonce une ingérence et promet une réponse de l’AES – Aniamey – 14/04

Le Conseil national de Transition (CNT) a réagi lors de l’ouverture ce lundi de sa session d’avril 2026, à l’adoption par le Parlement de l’Union européenne d’une résolution relative à la prétendue détention d’un citoyen de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans son propre pays.

Selon le Général Malick Diaw, le CNT a appris cette décision « par des médias à la solde de l’impérialisme et du néo-colonialisme ». Il estime qu’il s’agit d’une ingérence grave, concertée et délibérée dans les affaires intérieures d’un État souverain.

Le Conseil national de Transition condamne cette démarche avec la plus grande fermeté, dénonçant une tentative de remise en cause de la souveraineté des États de l’AES.Face à ce qu’il qualifie d’ingérence, le Général Malick Diaw se veut ferme : il assure que lors de la prochaine séance inaugurale des sessions confédérales, le Parlement de l’AES saura apporter une réponse appropriée à cette résolution jugée audacieuse.résolution audacieuse

Au Niger, la junte place sous sanctions Ouhoumoudou Mahamadou, ancien Premier ministre de Bazoum et proche d’Issoufou – Jeune Afrique – 13/04

L’ancien chef du gouvernement figure sur une liste de trois personnalités sanctionnées pour « actes terroristes ». Une mesure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du sort de l’ancien président, toujours en détention.Par une note datée du 9 avril et adressée aux représentations diplomatiques et consulaires du Niger à l’étranger, le ministère nigérien des Affaires étrangères annonce l’inscription de plusieurs proches de l’ex-président Mohamed Bazoum sur une liste de personnes impliquées dans des « actes terroristes ».

Ouhoumoudou Mahamadou, son dernier Premier ministre, est poursuivi pour « crime de trahison et complot contre la sûreté de l’État », tandis que Yaya Djibo, qui fut membre du cabinet du président déchu, est accusé de « production et diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, diffamation, injures par un moyen de communication électronique et apologie du terrorisme ». Une troisième personnalité, Aminata Boureima Takoubakoye, qui fut ministre de la Communication de la junte militaire dirigée par Salou Djibo (2010-2011), est poursuivie pour des chefs d’accusation similaires, à l’exception de celui d’apologie du terrorisme. Tous trois vivent actuellement en exil.

Cette inscription entraîne, conformément à une ordonnance du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) adoptée le 27 août 2024, une série de mesures restrictives : gel des avoirs, interdiction de déplacement sur le territoire sans autorisation préalable, interdiction de voyage à l’étranger et encadrement strict des transactions commerciales, les opérateurs économiques étant tenus de signaler toute interaction avec les personnes visées.Le contexte. Selon le document du 9 avril, ces dispositions sont appliquées après une mesure prise le 2 avril dernier, date qui marque officiellement la fin du mandat de Mohamed Bazoum, toujours en détention depuis le coup d’État mené le 26 juillet 2023 par Abdourahmane Tiani, et qui n’a jamais formellement démissionné.

À la veille de cette échéance, le chef de la junte avait signé un décret prononçant la déchéance provisoire de nationalité d’Aminata Boureima Takoubakoye, ancienne directrice de l’Institut de la statistique du Niger et de Yaya Djibo.

Très actif sur les réseaux sociaux, Yaya Djibo s’est illustré par ses critiques répétées contre les autorités de Niamey et les régimes militaires sahéliens, relayant notamment les prises de position de Hamid N’gadé, ancien chargé de la communication de Mohamed Bazoum, engagé depuis le 7 avril dans l’Alliance des démocrates du Sahel, une initiative de ressortissants maliens, burkinabè et nigériens qui s’opposent aux juntes de l’AES.De son côté, Aminata Boureima Takoubakoye a multiplié les attaques contre les militaires au pouvoir. « Le CNSP qui vous garde en otage n’a aucune réalisation à présenter aux Nigériens. Ils ne peuvent même plus vendre l’espoir d’un lendemain meilleur. Pour cela, il ne leur reste que les mensonges et la haine à transmettre », a-t-elle écrit sur Facebook, le 2 avril dernier, ironisant sur sa déchéance de nationalité : elle affirme avoir reçu « 753 demandes d’amitié sur les réseaux grâce à la publicité gratuite que m’offre Tiani ».

La déchéance de nationalité est une arme privilégiée du régime militaire pour cibler opposants et anciens dignitaires. Dès novembre 2024, plusieurs figures, dont Hassoumi Massaoudou, ex-ministre des Affaires étrangères de Bazoum, et Alkache Alhada, ex-ministre du Commerce, avaient été déchus provisoirement de leur nationalité pour des faits présumés « d’attentats terroristes » ou « d’intelligence avec une puissance étrangère ».

Cette mesure avait également touché des responsables liés à des chefs de mouvements rebelles apparus après le putsch, parmi lesquelles Mahmoud Sallah et Moussa Sallah. Le premier a été arrêté dans le sud de la Libye en février 2025 par des forces affiliées à Khalifa Haftar, tandis que le groupe dusecond, le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), a revendiqué plusieurs sabotages de l’oléoduc reliant Agadem au port béninois de Sèmè-Kpodji.L’inscription d’Ouhoumoudou Mahamadou sur la liste des personnalités sanctionnées par la junte marque un tournant. Très présent dans les médias internationaux au lendemain du coup d’État pour dénoncer la prise de pouvoir militaire, l’ancien Premier ministre s’était, depuis, fait discret. « Il ne parle plus mais ses toutes premières réflexions assurant que le pouvoir actuel ne tiendra pas plus d’un mois, à cause des tensions de trésorerie, ont été très mal appréciées », confie un élu local. Sollicité par Jeune Afrique, l’intéressé n’a pas réagi.Au-delà des cas individuels, cette décision pourrait préfigurer une nouvelle phase dans le traitement réservé à Mohamed Bazoum lui-même. Dès le 13 août 2023, la junte avait annoncé son intention de le poursuivre pour haute trahison : « Le gouvernement nigérien a réuni à ce jour [les] preuves pour poursuivre devant les instances nationales et internationales compétentes le président déchu et ses complices locaux et étrangers pour haute trahison et atteinte à la sûreté intérieure et extérieure du Niger », affirmaient alors les militaires.Un an plus tard, en juin 2024, la Cour d’État du Niger, organe créé par la junte, a levé l’immunité du président déchu. Depuis, aucune procédure n’a véritablement abouti. Mais les charges désormais retenues contre l’ancien Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou, qui était très proche du prédécesseur de Bazoum, Mahamadou Issoufou, dont il a été le directeur de cabinet, témoignent d’une volonté plus affirmée de poursuivre les anciens hauts responsables.

Aucune communication n’a été faite par la justice nigérienne sur d’éventuelles poursuites contre l’ancien chef du gouvernement. La note de la diplomatie nigérienne est le seul document officiel évoquant les accusations à son encontre.

LA VOIE DU SAHEL

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