SCANDALE À LA CAIMA : Tempête autour des dons d’engrais et vagues d’interpellations au sommet !
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
Niamey – L’onde de choc secoue les milieux agricoles et les salons feutrés de la capitale. Selon plusieurs sources concordantes, une série d’interpellations aurait eu lieu au sein de la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA).
Au cœur des soupçons : la gestion opaque de plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’engrais destinées aux producteurs nigériens. C’est une affaire qui fait déjà couler beaucoup d’encre et alimente toutes les discussions dans les fadas de Niamey. D’après des informations relayées par des plateformes d’information locales, le Directeur Général de la CAIMA, le Dr Issoufou Baoua, ainsi que plusieurs de ses proches collaborateurs, notamment la Directrice de l’approvisionnement et le Directeur de la logistique auraient été interpellés par les services de sécurité. Des cadres du Ministère de l’Agriculture et le responsable du Projet de Résilience du Système Alimentaire (PRSA) seraient également visés par ces mesures de garde à vue.
Des milliers de tonnes de dons dans le viseur,bien que les autorités n’aient pas encore publié de communiqué officiel pour confirmer ou préciser les motifs exacts de ces arrestations, tous les regards se tournent vers la gestion des récents dons internationaux d’intrants agricoles.Trois concours majeurs seraient au centre des investigations : Un don marocain de 5 000 tonnes d’engrais ; Une enveloppe de 15 000 tonnes octroyée via le PRSA, financé par la Banque Mondiale ; Un don de 20 000 tonnes accordé par la Fédération de Russie et géré directement par la CAIMA. Sacs reconditionnés et fuites vers l’étranger ? Au-delà des simples soupçons de mauvaise gestion administrative, des irrégularités physiques majeures auraient été constatées sur le terrain.
Des usagers auraient signalé des anomalies inquiétantes concernant le stock russe : plusieurs sacs scellés d’engrais, censés contenir 50 kg, présenteraient des poids nettement inférieurs, laissant craindre des opérations de reconditionnement ou de soutirage frauduleux. Plus grave encore, des rumeurs persistantes font état de la présence de sacs d’engrais initialement destinés aux paysans nigériens sur des marchés transfrontaliers, notamment du côté de Lomé au Togo.
Si ces faits venaient à être formellement confirmés par l’instruction judiciaire, il s’agirait d’un coup dur pour le secteur agricole en pleine campagne électorale et de production. Pour l’heure, l’opinion publique reste suspendue aux clarifications attendues du Ministère de la Justice et des organes de lutte contre la corruption. Une affaire à suivre de très près.
La voie du Sahel.

