
Niger : après les violences du 29 août, le CRDA réclame le retour aux urnes.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou
Au lendemain des violences qui ont secoué Niamey, le Conseil de Résistance pour le Renouveau Démocratique Africain (CRDA) hausse le ton. Dans un communiqué publié ce dimanche 30 août 2026, l’organisation estime que le Niger ne pourra sortir durablement de l’instabilité qu’en renouant avec la démocratie, l’État de droit et la souveraineté populaire.
Le constat dressé par le CRDA est sans concession. Les événements survenus dans la nuit du vendredi au samedi 29 août, marqués par des violences entre militaires et plusieurs arrestations au sein des Forces armées nigériennes, illustrent, selon l’organisation, l’impasse dans laquelle se trouve le pays.
« Le peuple nigérien a une nouvelle fois été témoin d’un déferlement de violences impliquant des frères d’armes », déplore le CRDA, qui dit exprimer sa « profonde compassion » aux familles des victimes ainsi qu’à l’ensemble de la population.
Mais au-delà de l’émotion, l’organisation entend s’attaquer aux causes profondes de la crise. Pour le CRDA, les affrontements ne constituent pas un simple accident de parcours. Ils seraient la conséquence directe de plusieurs années de « confiscation et de caporalisation du pouvoir par une minorité au sein de l’appareil militaire ».
Une accusation particulièrement lourde, dans un contexte où les tensions politiques et militaires demeurent vives au Niger.
« La violence ne peut être un projet de société »
Pour le CRDA, le maintien du pouvoir par la force ne saurait constituer une solution durable aux crises que traverse le pays. L’organisation estime que la paix et la cohésion nationale ne peuvent être bâties sur « la confiscation du pouvoir, la restriction des libertés, la peur et l’exclusion ».
Face au risque d’un nouvel engrenage, le Conseil appelle donc à un changement de cap radical : élections libres, inclusives, transparentes et crédibles, mais aussi ouverture d’un dialogue national « sincère et inclusif ».
Le message s’adresse autant aux civils qu’aux militaires. Le CRDA appelle « toutes les forces vives de la Nation » à privilégier la responsabilité, le dialogue et l’intérêt supérieur du Niger.
Le pari du retour à la démocratie
Dans un pays marqué depuis plusieurs années par les crises institutionnelles, les ruptures politiques et les tensions sécuritaires, le CRDA défend une conviction : la stabilité ne pourra pas être imposée durablement par la force.
« La violence ne peut être un projet de société », martèle l’organisation.
Le CRDA pose ainsi le retour à la démocratie comme l’unique voie permettant, selon lui, de briser le cycle des violences et de l’instabilité. Une sortie de crise qui passerait nécessairement par le rétablissement de l’État de droit et la restitution au peuple nigérien de son pouvoir de choisir librement ses dirigeants.
La Voie du Sahel






