
AFRIQUE : MAHAMADOU ISSOUFOU, LE PLAIDOYER D’UN VISIONNAIRE POUR FINANCER LE DÉVELOPPEMENT DU CONTINENT
Par Ousmane Illo
À l’Africa Food Systems Forum 2026, l’ancien président du Niger, Dr Mahamadou Issoufou, a une nouvelle fois porté une vision qui dépasse les frontières de son pays : celle d’une Afrique capable de prendre en main son destin, de mobiliser ses propres ressources et de transformer son immense potentiel agricole en véritable moteur de prospérité.
Devant le Conseil des Sages de l’AFSForum2026, le champion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a livré un message d’une portée stratégique : la transformation des systèmes alimentaires africains ne peut être dissociée de l’ambition de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Pour Dr Mahamadou Issoufou, l’enjeu n’est pas simplement de produire davantage de nourriture. Il s’agit de bâtir une Afrique développée, moderne, prospère et débarrassée de la pauvreté. Une ambition qui exige, selon lui, de dépasser l’approche exclusivement agricole pour s’attaquer aux véritables leviers de la transformation structurelle.
Infrastructures, énergie à coût abordable, mobilisation des ressources intérieures, financement des entreprises productives : autant de chantiers indispensables pour libérer le potentiel du continent.
Mais l’ancien président nigérien a surtout mis le doigt sur un paradoxe africain majeur : le continent dispose de capitaux considérables, mais une partie importante de cette épargne est encore investie à l’extérieur de l’Afrique.
Les fonds de pension et d’investissement africains pourraient pourtant contribuer davantage au financement des infrastructures, de l’agriculture, de l’industrie et des entreprises créatrices d’emplois. À l’heure où des millions de jeunes Africains arrivent chaque année sur le marché du travail, l’enjeu est devenu existentiel.
Cette intervention illustre une fois encore le leadership continental de Mahamadou Issoufou. Après avoir joué un rôle central dans la promotion de la ZLECAf et avoir été désigné champion de cette initiative historique de l’Union africaine, il continue de défendre une intégration africaine fondée sur la production, les échanges et la mobilisation des ressources du continent.
Son plaidoyer à l’AFSForum2026 résonne donc comme une alerte et une feuille de route : l’Afrique ne manque ni de vision, ni de ressources, ni de jeunesse. Elle doit désormais avoir le courage de financer elle-même son ambition.
Le message de l’ancien président nigérien est sans équivoque : l’Agenda 2063 ne doit plus rester une promesse. Il doit devenir une réalité financée, construite et portée par les Africains eux-mêmes.
La Voie du Sahel.






