​ MALI : L’AXE DE LA MORT ET LE CRI DE COLÈRE DES TRANSPORTEURS QUI FAIT TREMBLER BAMAKO.

​ MALI : L’AXE DE LA MORT ET LE CRI DE COLÈRE DES TRANSPORTEURS QUI FAIT TREMBLER BAMAKO.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Une rupture historique vient de se produire au Mali. Dans une déclaration conjointe d’une violence verbale inédite publiée ce 3 juin 2026, les principaux syndicats de transporteurs routiers (CMTR, SNT, SYNACOR) ont décrété le boycott total de la capitale, accusant directement la junte militaire d’abandonner les chauffeurs à un véritable « massacre organisé ».

L’asphyxie programmée de la capitale.

​Ce n’est plus une simple alerte, c’est un séisme logistique. En ordonnant la suspension immédiate et sans condition de tous les trajets vers Bamako depuis le Sénégal, la Mauritanie ou toute zone de transit, les syndicats coupent les cordons vitaux qui approvisionnent le pays. Le corridor Dakar-Bamako, autrefois poumon économique de la région, est désormais qualifié de « couloir de la mort ». Pour le pouvoir de transition, le coup est terrible : Bamako risque l’asphyxie économique totale en l’espace de quelques jours, faute d’approvisionnement par les camions et les convois de marchandises.

“Lâcheté organisée » : Les mots qui tuent.

La virulence du communiqué marque un point de non-retour politique. En ciblant nommément le régime d’Assimi Goïta et ses généraux, les routiers brisent le tabou de la critique militaire en période de transition. L’accusation va bien au-delà de l’incompétence managériale ; le texte dénonce une « lâcheté organisée » et un « mépris total » pour la vie humaine.
​Les transporteurs décrivent avec précision l’horreur des routes depuis le blocus imposé le 25 avril dernier par le groupe terroriste JNIM : camions incendiés, chauffeurs et apprentis exécutés les mains liées dans le dos. Mais le véritable réquisitoire est dirigé contre l’armée nationale (les FAMa). Les syndicats affirment qu’à chaque embuscade, les forces censées les protéger « fuient et se replient », laissant les civils face aux bourreaux.

Un pouvoir acculé face à sa propre rhétorique.

“Ce n’est pas un appel à la grève. C’est un cri de survie. Le régime nous sacrifie. Nous refusons d’être les victimes sacrificielles d’un pouvoir qui a perdu le contrôle du territoire… »

Cette phrase résume le basculement : le secteur privé routier refuse d’être le complice d’un statu quo mortifère. En affirmant qu’aucun contrat ni aucun profit ne vaut la vie d’un père de famille, la société civile remet la sécurité réelle face aux promesses politiques. Pour la junte malienne, qui a bâti toute sa légitimité sur la promesse de la reconquête territoriale, ce réveil brutal de ceux qui nourrissent la nation sonne comme un cinglant désaveu.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou

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