Niger : la grande cure d’austérité de l’État, neuf structures publiques supprimées pour alléger les dépenses.

Niger : la grande cure d’austérité de l’État, neuf structures publiques supprimées pour alléger les dépenses.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Face à une conjoncture économique et financière particulièrement tendue, les autorités nigériennes ont décidé de frapper fort. Par le décret n°2026-310 du 8 juin 2026, le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a acté la suppression de plusieurs structures publiques rattachées à la Présidence de la République, à la Primature et au Secrétariat général du Gouvernement. Une décision qui s’inscrit dans une volonté affichée de réduire le train de vie de l’État et de rationaliser les dépenses publiques.
Cette réforme administrative marque un tournant dans la gestion des finances publiques. Au total, neuf organismes sont concernés, parmi lesquels le Centre national d’études stratégiques et de sécurité (CNESS), le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire (FISAN) ou encore l’Agence de modernisation des villes du Niger. Leurs missions ne disparaissent pas, mais sont désormais transférées aux ministères techniques compétents afin d’éviter les chevauchements de compétences et les coûts de fonctionnement jugés excessifs.
Dans un contexte marqué par la baisse des ressources publiques et les défis économiques auxquels le pays est confronté, cette réorganisation vise à concentrer les moyens disponibles sur les priorités nationales. La suppression des conseils d’administration, des directions générales et des organes de régulation devrait permettre de réduire considérablement les dépenses liées aux indemnités, aux véhicules de fonction, au carburant et aux frais de fonctionnement.
Le décret prévoit également le redéploiement des fonctionnaires détachés vers leurs administrations d’origine, tandis que les contrats des agents auxiliaires prennent fin. Les biens mobiliers et immobiliers des structures supprimées seront transférés au ministère chargé des Finances pour une réaffectation en fonction des besoins de l’administration.
Au-delà de la simple réorganisation institutionnelle, cette mesure traduit la volonté des autorités de mettre en œuvre une gouvernance plus sobre et plus efficace, conformément aux orientations de la Charte de la Refondation. Reste désormais à savoir si cette politique de rationalisation permettra de dégager des marges budgétaires suffisantes pour soutenir les secteurs prioritaires et améliorer les conditions de vie des populations.
Une chose est certaine : avec cette vaste restructuration, le Niger engage l’une des plus importantes opérations de réduction du train de vie de l’État de ces dernières années.

La voie du Sahel.

LA VOIE DU SAHEL

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