Revue de presse Niger –19/01/2026

Revue de presse Niger –19/01/2026

La télé de proximité TAL TV a un nouveau directeur en la personne d’Ismaila Daouda – 17/01 – ANP 

Ismaila Daouda est nommé Directeur de Tal TV, la deuxième chaîne de télévision publique nigérienne de l’office de radiodiffusion télévision du Niger( RTN) par Arrêté du Ministère de la Communion et des Nouvelles Technologies de l’information.

Lancée le 18 décembre 2001 date commémorant la proclamation de la République du Niger.  

La chaîne a été créée dans un contexte nigérien marqué par la libéralisation de l’espace médiatique d’une part et de l’autre la nécessité pour le service public de la télévision nigérienne de se rapprocher des téléspectateurs de plus en plus exigeants quand au contenu et à la qualité du programme.  

Sa mission est de produire des programmes de qualité destinés essentiellement aux jeunes et aux femmes d’où sa devise :  » jeunesse- proximité-Dynamisme « .

La diffusion de la chaîne est pour le moment limitée à Niamey la capitale et ses environs.  

Aujourd’hui, c’est une nouvelle ère qui souffle pour la télé avec l’arrivée d’une équipe jeune à la tête de laquelle se trouve Ismaila Daouda, journaliste de formation.

Le nouveau directeur Ismaila Daouda aura pour mission de développer les activités en renforçant la compétitivité dans l’espace médiatique.

Lancement à Niamey des festivités commémoratives du centenaire de la capitale ANP – 17/01  

Le Ministre d’État de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire, Général de division Mohamed Toumba a présidé, ce samedi 17 janvier  2026 au centre international des conférences Mahatma Ghandi de Niamey, la cérémonie officielle du lancement des festivités entrant dans le cadre de la commémoration du centenaire de la capitale Niamey.

Cette première édition est placée sous le thème « 100 ans d’histoire, de résilience et d’avenir »

Dans son discours d’ouverture, le Ministre d’État de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire, Général de division Mohamed Toumba a , au nom de son  excellence le général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, chef de l’État, et de du Premier Ministre, ministre de l’économie et de finances, Ali  Mahaman Lamine Zeine, tenu à remercier tous ceux qui ont bien voulu honorer de leur  présence cette importante cérémonie.

Le Ministre d’État d’indiquer que « le centenaire qui sera célébré à travers une série de manifestations représente tout un symbole, surtout en ce  moment où notre pays est entrain d’écrire une nouvelle page de son histoire sous le sceau de la  refondation, de la souveraineté conquise ».

 En effet, « c’est dans cette ville que se sont tenues les assises nationales de la refondation, au cours desquelles le peuple nigérien, dans sa diversité, a exprimé clairement sa volonté de rupture avec les schémas imposés, de reconquête de sa  souveraineté et de la refondation de la République »a-t-il  rappelé, notant que « la célébration de ce centenaire intervient dans un contexte  de résistance farouche et assumée du peuple nigérien, une résistance déterminée, portée par une jeunesse consciente, par des femmes engagées, par des citoyens mobilisés qui ont dit non à la domination, non à l’ingérence étrangère, non aux forces impérialistes, mais oui à  la souveraineté totale, oui à la fierté et la démocratie

».

Mohamed Toumba  de fait savoir que « Niamey est aujourd’hui le symbole de cette rupture historique avec l’ordre néocolonial, le lieu où s’exprime avec force la volonté  collective de bâtir un Niger libre, respecté et maître de ses choix ».

Évoquant le thème choisi pour cette première édition, Ministre d’Etat de préciser qu’il « est une marque de reconnaissance, de sacrifice consenti pour la  liberté, mais aussi un engagement pour construire et projeter Niamey comme une capitale de référence dans la sous-région ».

Ajoutant que, « en cette période où notre pays fait  face à de multiples défis, à cause de ses énormes potentialités, cet événement historique m’offre  l’opportunité de lancer un vibrant appel pour le renforcement des liens de solidarité qui unissent les filles et les fils ».

En prenant la parole à cette occasion,  l’administrateur délégué de la ville de Niamey, le colonel Boubacar  Garanke a exprimé sa profonde gratitude à toutes les générations de bâtisseurs qui, depuis 1926, ont façonné notre capitale, notamment aux pionniers qui ont posé les premières fondations, aux premiers administrateurs qui ont structuré les cadres initiaux de notre cité.  

 Le colonel Boubacar Garanke a souligné que « Cette vision axée sur la refondation place la souveraineté, la dignité nationale et l’accélération des réformes sociales au cœur de l’action publique ».

Pour Boubacar Garanke le thème de cette commémoration porte une teneur particulière, en ce sens qu’il renvoie à notre devoir de mémoire, éclaire notre responsabilité d’aujourd’hui et projette notre ambition de demain.  

L’administrateur délégué de la ville de Niamey a fait savoir que  « Niamey, 100 ans d’histoire, de résilience et d’avenir, prend tout son sens dans notre contexte national tourné vers la refondation de notre pays ».

En effet, a-t-il expliqué, «  les événements du 26 juillet 2023 ont marqué un tournant majeur dans la marche du Niger.  Notre capitale, Niamey a vécu ce moment comme un acte décisif de souveraineté, de redressement et de dignité retrouvés ».

Rappelons que Niamey fut érigée au rang de Capitale en 1926, puis structurée en administration en 1931 sous l’implication de Djibo Salifou, dit Amir de Niamey, dont  »nous saluons avec respect et admiration la vision fondatrice ».

Boubacar  Garanke de soutenir que  « en un siècle, Niamey a connu l’engagement des premiers quartiers administratifs, les premières infrastructures publiques, l’essor des marchés emblématiques de la capitale, la construction des ponts reliant les deux rives du fleuve, la modernisation progressive des routes, des lotissements et carrefours, et  l’extension vers les plateaux».

Notons qu’auparavant, le gouverneur de la région  de Niamey, Général de division  assoumane Abdou Harouna a pris la parole pour souhaiter une chaleureuse  bienvenue aux participants à cette cérémonie.

Connectivité et Innovation : Airtel Niger lance sa solution « Starlink by Airtel » pour plus d’internet aux usagers Actu Niger 18/01

L’hôtel Radisson Blu de Niamey a abrité, dans la soirée du samedi 16 janvier 2026, un évènement majeur qui fera date dans le développement des nouvelles technologies et, plus particulièrement, de l’internet au Niger. Il s’agit du lancement officiel de la commercialisation de la solution « Starlink by Airtel », une innovation technologique déployée par Airtel Niger pour renforcer la connectivité internet dans le pays, grâce au partenariat stratégique entre la filiale africaine du groupe Bharti Airtel et SpaceX, la maison mère de Starlink. Annoncée fin décembre, cette solution, que le Niger sera l’un des premiers pays à expérimenter sur le continent, offre aux usagers du premier opérateur télécoms du pays une nouvelle expérience, avec une meilleure couverture du réseau et une connectivité stable et sécurisée, conformément à l’engagement d’Airtel Niger, depuis 25 ans, de répondre toujours mieux aux besoins de ses clients.

L’année 2026 s’annonce sous de bons auspices pour Airtel Niger, ses partenaires et ses clients, avec de nouvelles promesses d’innovation technologique qui augurent de lendemains meilleurs en matière de services télécoms et, plus particulièrement, d’offres internet de qualité. Le ton a été donné samedi soir, à l’occasion du dîner de gala organisé par le premier opérateur du marché national, pour honorer ses partenaires et entamer la nouvelle année avec le lancement officiel de la solution « Starlink by Airtel » au Niger.

L’évènement, riche en couleurs et en symboles, a été rehaussé par la présence de nombreuses personnalités, dont des représentants du gouvernement, notamment le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, M. Mahaman Elhadj Ousmane, des représentants des institutions de la République, des administrations et du secteur privé, des ambassadeurs et des membres du corps diplomatique. Étaient également présents le PCA d’Airtel Niger, M. Ibrahim Idi Ango, le Directeur général, M. Dina Amadou, ainsi que le DG de l’ARCEP, organe de régulation des télécoms au Niger. On notait enfin la participation de responsables des FDS, de chefs traditionnels, de partenaires et d’associations de consommateurs, de professionnels des médias, d’artistes influenceurs et de nombreux invités.

Une nouvelle solution innovante qui célèbre 25 années d’engagement et de confiance renouvelée entre Airtel Niger et ses clients

Dans son mot de bienvenue, le Directeur général d’Airtel Niger, M. Dina Amadou, a tenu tout d’abord, au nom de toute l’équipe de l’entreprise, à exprimer sa gratitude à l’ensemble des invités pour leur présence ainsi que « leur confiance renouvelée, qui demeure le moteur de notre engagement au quotidien ». Il a ensuite dressé le bilan de l’année 2025, qui a été marquée par des accomplissements majeurs. « Grâce à votre soutien et à votre collaboration, nous avons pu réaliser des projets d’envergure avec l’innovation continue de nos services, en mettant sur le marché nigérien la e-SIM, le service SPAM Alert pour vous sécuriser, ainsi que l’application My Airtel pour vous faciliter vos transactions », a-t-il rappelé.

Le DG d’Airtel Niger a aussi évoqué l’extension sans relâche de la couverture nationale par l’opérateur n°1 en la matière au Niger, avec un taux de couverture qui atteint désormais 99 % des communes, ainsi que la modernisation continue du réseau par le déploiement de la technologie 4G sur 92 % de sa couverture. « Ces réussites sont aussi les vôtres, et nous en sommes particulièrement fiers », s’est-il félicité.

Pour l’année 2026, a poursuivi M. Dina Amadou, « nous sommes impatients de vous dévoiler, dans les jours à venir, plusieurs projets ambitieux reposant sur des technologies plus innovantes, dont notamment notre partenariat avec SpaceX pour le déploiement de la solution Starlink, que nous avons l’honneur de lancer officiellement ce soir afin de répondre encore mieux à vos besoins ». Ensemble, a-til assuré, « nous allons explorer de nouvelles opportunités et renforcer notre collaboration pour atteindre de nouveaux sommets ».

En concluant son allocution, le DG d’Airtel Niger n’a pas manqué d’exprimer ses vœux pour cette nouvelle année 2026, priant pour qu’elle apporte à toutes et à tous une santé florissante, des projets inspirants et de nombreux moments de joie partagée. Il a enfin tenu à adresser une pensée pieuse envers le Niger et son peuple, ainsi qu’aux FDS qui sont, de jour comme de nuit, à l’œuvre pour assurer la sécurité du pays ainsi que des biens des laborieuses populations.

Dans une intervention particulièrement remarquée, M. Ibrahim Iddi Ango, PCA d’Airtel Niger, a célébré le partenariat stratégique avec Starlink, « une alliance de talents, de compétences et de visions ». Des ingrédients qui permettent d’aller plus haut, plus loin et au-delà de l’imagination, comme le proclame si bien et si justement le slogan de l’entreprise, n’a pas manqué de faire remarquer fièrement le PCA d’Airtel Niger, qui a également tenu à saluer la confiance des clients, laquelle n’a jamais fait défaut à la société, même en temps de difficultés. La preuve, a souligné M. Iddi Ango, « leur rang a continué de grossir, leur confiance a continué de grandir et ils ont eu raison de croire en nous et de croire en des jours meilleurs pour eux et pour notre réseau, car la patience et la persévérance sont les meilleurs ingrédients du succès

».

Le PCA d’Airtel Niger a par la suite mis l’accent sur cette année 2026, au cours de laquelle Airtel Niger fêtera son 25e anniversaire. Un quart de siècle qui a permis à l’entreprise, dont il est témoin de la naissance, de devenir un acteur incontournable du marché des télécoms et, plus généralement, de l’économie nigérienne.  

Avec Starlink by Airtel Niger : priorisation du client, sécurité, fluidité, stabilité et permanence de la connectivité  

La soirée de lancement commercial s’est poursuivie avec la présentation par M. Kellé Zoubeyrou, Directeur d’Airtel Business, de la solution « Starlink by Airtel », une innovation qui a déjà commencé avec Airtel Group et qui, de façon progressive, est arrivée au Niger, puisqu’elle est déjà opérationnelle chez certains clients. Aujourd’hui, nous découvrons ensemble cette innovation.

Dans sa présentation, l’expert a expliqué, point par point et avec force détails, la particularité de ce partenariat entre le groupe Airtel et SpaceX, la maison mère de Starlink. Un partenariat qui se décline comme une union de technologies, de forces, d’intelligence et de compétences, et qui a abouti à une solution dont le but est avant tout de répondre à certaines défaillances et manquements qui ont été constatés sur l’offre actuellement déployée.

« En termes de manquements, ici à Niamey par exemple, ceux qui ont la solution Starlink classique ont déjà des soucis où la bande passante n’est pas celle qui est contractuelle. Ou parfois, la connexion est lente, ou parfois, la qualité n’y est pas. Il y a aussi les entreprises, surtout les grandes entreprises, qui ont besoin de connectivité à travers Starlink. Mais il se trouve que l’offre Starlink qu’elles ont contractée ne comporte pas toute la sécurité qu’il faut pour qu’elles puissent bien faire leur travail », a-t-il expliqué, tout en ajoutant le cas des zones très éloignées, où opèrent des entreprises, notamment minières, qui ont besoin de connectivité, mais pour lesquelles la solution actuelle ne répond pas aux besoins.

« C’est là qu’intervient le partenariat entre ces deux groupes, Airtel et SpaceX, qui ont conçu une solution après plus de six mois de travail pour corriger un certain nombre de soucis constatés sur les solutions actuelles, mais aussi et surtout, comme autre avantage, ou même le premier que cela offre, la priorisation en termes d’accès à l’internet et d’accès à toutes les autres solutions via l’internet et via Starlink », a souligné le DG d’Airtel Business, filiale dédiée aux entreprises et au monde des affaires d’Airtel Group, le deuxième plus grand opérateur au monde en termes de nombre d’abonnés, avec une présence dans 14 opérations en Afrique et une forte implantation en Inde.

En plus de cette priorité accordée aux clients d’Airtel pour Starlink, la stabilité et la garantie de la bande passante, l’autre élément très important est la sécurisation. Avec le standing d’Airtel, a-t-il expliqué, les soucis sont terminés, car la solution est du même standard que le réseau sécurisé d’Airtel. En somme, et plus simplement, avec Starlink by Airtel, la sécurité de l’adresse IP de tous les clients est garantie, ce qui leur permet d’utiliser leurs données et de s’assurer de la disponibilité d’une installation permanente.

Un autre élément important avec Starlink by Airtel, c’est aussi l’accent particulier mis sur le marketing et l’aspect commercialisation, avec un service client de bout en bout. « D’abord, vous avez des commerciaux dédiés et ensuite la disponibilité des techniciens pour une prise en charge rapide en cas de problème. Enfin, last but not least, un autre élément aussi important avec Starlink by Airtel, c’est la facture certifiée qui accompagne chaque contrat et qui sera disponible chaque fin de mois afin de servir en cas d’audit ou, côté comptabilisation, d’être à l’aise pour la présentation des rapports d’audit et d’autres utilisations au besoin. »

Chez Airtel Niger, innovation et technologie au service des clients

Désormais, comme l’a si bien résumé le DG d’Airtel Business, « vous pouvez contracter chez Airtel Niger pour la connectivité Starlink avec la version V4 entreprise ou la V3 High Performance, pour ceux qui ont les équipements, afin de profiter d’une connexion rapide et fluide ».

La solution Starlink by Airtel Niger est en effet une véritable opportunité qui s’offre aux services étatiques, aux ONG, projets, grandes, petites et moyennes entreprises, qui n’ont plus besoin d’attendre pour vivre la meilleure expérience de cette innovation, avec un service après-vente dédié et rapide, comme l’a rappelé M. Dina Mahamat Amadou.

C’est dans une ambiance conviviale et parfaite que s’est clôturé le dîner de gala, qui a réuni plus de 200 invités, lesquels ont profité de l’occasion pour des échanges furtifs mais fructueux et du networking. Il faut dire qu’en plus des prestations artistiques et culturelles qui ont agrémenté la soirée, des activités ludiques ont été organisées et ont permis aux participants les plus chanceux de repartir avec des cadeaux de valeur, symbole d’une confiance renouvelée entre Airtel Niger, ses partenaires et ses clients. On ne cessera jamais de le dire et de le répéter pour marquer son accord avec le slogan de l’entreprise : Airtel Niger, toujours à la pointe de la technologie et de l’innovation !

Crimes coloniaux : le cas de la mission Voulet-Chanoine DW 16/01

Retour sur les massacres commis par la mission Afrique centrale/Tchad, dite mission Voulet-Chanoine. L’une des pages les plus sombres de la conquête française au Niger.

Au Niger, depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, en juillet 2023, ils tiennent un discours souverainiste. Une rupture diplomatique s’en est suivie avec la France, et les communautés victimes des crimes coloniaux sortent de plus en plus de leur silence, pour rapporter les récits de certains événements douloureux jusqu’ici quasiment oubliés par l’histoire.

Une conquête sous le signe de la violence

Le village de Maijirgui compte un peu plus d’un millier d’habitants, le 15 juillet 1899.Ce jour-là, dans cette localité située à une dizaine de kilomètres de Tessaoua, dans la région de Maradi, la population voit arriver l’expédition militaire française de conquête coloniale.

En route vers le Tchad, l’expédition est dirigée par deux officiers, connus pour leur violence : les capitaines Voulet et Chanoine. Tous les deux sont tués sur place les 16 et 17 juillet 1899 par leurs propres tirailleurs mutinés.

Cet événement a longtemps été relaté dans la plupart des manuels scolaires nigériens.Mais pour Maman Sayyabou Sallaou, descendant d’une des familles victimes de l’expédition coloniale, la mort des deux capitaines français ne doit pas faire oublier le massacre perpétré dans son village.

Il raconte que quand les colons sont venus au village de Maijirgui, tous les bras valides avaient fui et ont laissé les enfants, les femmes et les personnes âgées « il n’y avait pas eu de résistance vraiment comme dans les autres localités. Mais ils ont massacré tous ceux qu’ils ont trouvés au niveau du village, enfants vieillards, femmes. D’après ce que nos grands-parents nous ont raconté, c’est plus de 200 personnes qu’ils ont massacrées, leurs corps jetés dans un puits là-derrière le village. Ils ont ensuite incendié les greniers et les stocks de vivre de la population ».

Des atrocités mais aussi de la résistance

Pour l’historien nigérien Amadou Maman, les atrocités commises par la mission Voulet-Chanoine sur la population tout au long de son parcours en territoire nigérien sont des exactions qui relèveraient de la justice.

 » La mission Voulet-Chanoine tout au long de son passage au Niger, depuis Sansane hausa, Matankari, jusqu’à Zinder, c’est des exactions, des abus, parmi lesquels des incendies, des pendaisons… » raconte l’historien.

« Si vous prenez Konni, à l’époque peuplée d’environ 10.000 personnes, les exactions ont été estimées à 7000 morts. Konni a pratiquement été rayée de la carte.Cette mission, ce qu’elle a fait en langage juridique actuel, on peut le qualifier de crime contre l’humanité » assure-t-il.

La conquête du Niger par la France n’a cependant pas été sans résistance de la part des Nigériens. Le professeur Issa Mahaman, historien, cite l’exemple de la reine Saraouniya Mangou de Lougou face à la mission Voulet-Chanoine.

« Quand Voulet et Chanoine étaient venus à l’Arewa, il y avait la fameuse Saraouniya Mangou qui se préparait à résister. Elle a donné des instructions, on a positionné les archers pour qu’ils se battent contre cette présence étrangère » explique l’historien.

Selon lui « les capitaines Voulet et Chanoine ont eu des renseignements sur la position des archers, ils ont mis leur artillerie en marche et ont fait un carnage. Les guerriers ont été massacrés.Mais la Saraouniya jusqu’à présent c’est une grande énigme. La tradition dit qu’elle a des pouvoirs magiques, et qu’elle a réussi à s’échapper.En tout cas on ne l’a plus retrouvée ».

 Depuis que le Niger est dirigé par des militaires, il y a un peu plus de deux ans et demi, un nouveau rapport de force se crée avec la France.Des communautés de victimes des exactions réclament réparations et indemnisations à la France pour les crimes commis durant la période coloniale.

Décolonisation médiatique dans l’AES : après le Burkina Faso, le Mali bannit Jeune Afrique de son territoire Actu Niger 18/01

Au Mali, le gouvernement a décidé d’interdire, sous toutes ses formes, la circulation, la distribution et vente journal panafricain « Jeune Afrique », basé à paris, en France.  Dans une décision signé ce vendredi 16 janvier 2026 par le Ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, également premier ministre, le General de division Abdoulaye Maiga, les autorités ont évoqué comme motifs, des « accusations fallacieuses et subversives contre le Mali », des « accusations sans fondement ainsi que « l’absence d’équilibre dans le traitement de l’information », « la partialité et un discours orienté » et aussi de « diffamation et incitation à la haine » ou encore « d’apologie du terrorisme ». En septembre 2023, les autorités burkinabés, autre pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), a déjà banni de son support, le magazine considéré comme roulant pour Paris et la vieille « Françafrique ». Bien qu’il s’en est toujours défendu, sans vraiment convaincre une large frange de l’opinion sahélienne, le média  ne fait aucun mystère de son aversion assumée pour les régimes militaires au pouvoir à Ouagadougou, Bamako et Niamey.

Ce que les souverainistes de l’AES décrivent comme « une décolonisation médiatique » de l’opinion mais qui est vu sous d’autres cieux comme une véritable « entorse à la liberté de presse », se poursuit de plus belle au sein de la confédération sahélienne. Le media qui se réclame panafricain « Jeune Afrique » est banni du Mali, après le Burkina Faso en 2023. Le gouvernement de la République du Mali a interdit, en effet,  « la circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sur toute l’étendue du territoire national », selon une décision rendue publique le 16 janvier 2026 par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Selon la décision,  cette mesure fait suite à des accusations fallacieuses et subversives contre le Mali, notamment en lien avec la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures. La note évoque aussi des faits d’apologie du terrorisme. Le gouvernement malien reproche également au journal un manque d’objectivité et d’équilibre dans le traitement de l’information, des accusations sans fondement, une partialité éditoriale, des discours orientés, ainsi que des actes de diffamation et d’incitation à la haine. La décision précise que toute infraction à l’interdiction, la circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sur toute l’étendue du territoire national, exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Avant le Mali, le Burkina avait pris les devants pour des raisons similaires

En septembre 2023, les autorités burkinabé de transition avait également ordonné la suspension sur son territoire de « tous les supports de diffusion » (journal papier, site internet) du média panafricain fondé en 1960 à Tunis par le journaliste franco-tunisien et patron de média Béchir ben Yahmed, après la parution d’articles au sujet de présumés tensions au sein de l’armée burkinabè.

«Le gouvernement de transition a décidé en toute responsabilité de la suspension jusqu’à nouvel ordre de tous les supports de diffusion de Jeune Afrique au Burkina Faso à compter de ce lundi 25 septembre 2023 », avait indiqué le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication burkinabè de l’époque, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l’actuel Premier ministre du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso.

Avec cette suspension, le balayage médiatique des médias occidentaux, particulièrement français, se poursuit de plus belle, ce que certains défenseurs de la démocratie verraient comme une atteinte à la liberté d’expression et de presse. Plusieurs médias français comme notamment les chaines audiovisuelles RFI, France 24, LCI, TV5 ou même de grand titre de la presse écrite comme Le Monde  sont suspendu ou interdit de diffusion dans l’espace de la Confédération des Etats du Sahel (AES).

Avec cette décision, les autorités maliennes confirment la persistance du désamour entre l’opinion des sahéliens et les médias occidentaux, accusés de « rouler pour l’impérialisme ». Pour contrer ce qu’ils appellent comme « une guerre informationnelle », les autorités de la Confédération AES ont lancé, il y a quelques mois, leurs propres médias notamment une télévision basée à Bamako ainsi qu’une radio qui émet depuis Ouagadougou, en attendant des plateformes numériques d’informations qui publieront à partir de Niamey. La guerre contre l’impérialisme c’est aussi et avant tout une guerre de communication, clame-t-on sous le ciel sahélien où le mot d’ordre c’est désormais de se donner les moyens de raconter au monde son propre récit des faits et de l’actualité!

Après le Sommet de Bamako : l’Alliance des États du Sahel à l’épreuve de ses propres ambitions ? – Timbuktu institute 17/01

L’Alliance des États du Sahel (AES) est un des signes les plus probants des oscillations géopolitiques en Afrique dont le Sahel est devenu l’un des théâtres privilégiés. La persistance de l’insécurité, la recomposition des alliances en présence et la remise en cause des cadres sous-régionaux traditionnels n’en finissent plus de corroborer cette fluctuation. Dans ce sens, le deuxième sommet des chefs d’État de l’AES tenu fin décembre à Bamako réitère s’il en était besoin, la volonté des dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso de faire front commun face à leurs défis sécuritaires, politiques et institutionnels. C’est fort de cette perspective que le Timbuktu Institute a organisé, le 15 janvier, un webinaire régional sur le thème : « L’AES après le sommet de Bamako : quelles perspectives en 2026 ? ». Modérés par le président du Timbuktu Institute, Bakary Sambe, les échanges conduits par divers experts ont permis d’interroger, au-delà des lectures souvent polarisées, les fondements institutionnels, la situation sécuritaire, les ambitions économiques ainsi que les incertitudes géopolitiques dans lesquelles se meuvent les pays de l’AES.

Terrorisme, divergences avec la Cedeao, confrontation avec les partenaires internationales…l’impression se dégage qu’il devient de plus en plus de mise de ne parler de l’AES que sous l’angle de ses défis ou obstacles. Cependant, la création de la Confédération des Etats de Sahel montre à tout le moins que l’AES semble abriter le souhait de se porter en force de prospective sousrégionale. Et en cela, « parler de l’AES en soi et s’intéresser à son fonctionnement s’avère plus qu’utile pour mieux appréhender notre espace sous-régional » pose en jalons, le modérateur Bakary Sambe. De ce fait, « la Charte du Liptako-Gourma, qui établit les principes d’assistance mutuelle, de non-agression entre membres et de coopération sécuritaire, économique et diplomatique a réaffirmé son attachement au cadre international, notamment la charte des Nations Unies et les textes de l’Union africaine », rappelle Dr Habsatou Issifou, juriste privatiste à l’Université Djibo Hamani. Tout en reconnaissant l’importance des institutions politiques de coordination déjà mises en place (collège des chefs d’État, sessions confédérales du conseil des ministres et celles du parlement confédéral), l’experte insiste sur la nécessité de créer « des organes permanents exécutifs chargés d’assurer le fonctionnement continu de l’Alliance et de la représenter sur le plan international ».

Si la genèse de l’AES fait suite à la volonté des régimes militaires de résoudre l’équation sécuritaire où les pouvoirs civils auraient montré leurs limites en plus de rompre les chaînes de dépendance avec des partenaires jugés inefficaces à en croire la rhétorique des dirigeants de l’AES, qu’en est-il de l’état actuel de la situation ? « Il y a-t-il progrès, stagnation ou nouveaux défis ? » interpelle B. Sambe.

La sécurité, une avancée poussive

Dr. Aly Tounkara, directeur du Centre Stratégique du Sahel (CE3S), dresse un bilan assez nuancé : « Avant l’arrivée de ces trois chefs d’État actuels, la coopération sécuritaire entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger était en léthargie, or on sait que la nébuleuse terroriste est transversale. Aujourd’hui, sur les plans tactique et opérationnel, des changements notoires ont été enregistrés. Le trio d’armées a facilité la mutualisation des efforts et agit de manière autonome ». Toutefois, reconnaît-il « la menace continue à se métastaser, même si les quartiers généraux de la zone du Liptako ont pu être défaits. » Dans le même sillage, le juriste et expert en sécurité Daouda Niang entrevoit des avancées sécuritaires. « L’armée malienne a fait des progrès d’adaptation face à la menace, en dépit de sa métastase. Sur le plan de l’équipement militaire également, on constate des évolutions » affirme-t-il avant de tempérer : « Après, l’AES a hérité d’une situation tellement catastrophique que pour la résoudre, il faudra du temps. » Il en résulte donc une conjoncture en « clair-obscur », surtout que comme le rappelle Bakary Sambe, 51 % des décès dus au terrorisme dans le monde en 2024 ont été enregistrés au Sahel, d’après l’Indice mondial du terrorisme de l’Institute for Economics and Peace.

L’échiquier international représente aussi un paramètre d’analyse, note Dr. Aly Tounkara. Selon lui, la recomposition des alliances de sécurité, autrefois déséquilibrées, est à prendre en compte. « Déjà, l’on devrait relativiser la rupture des pays de l’AES avec leurs partenaires classiques. Certes, des conflits politiques mais ce qu’il y a c’est une redynamisation des relations avec d’autres partenaires comme la Russie, la Turquie ou la Chine qui permet aux pays de l’AES d’acquérir un équipement militaire mieux adapté à leurs besoins. » Daouda Niang renchérit en affirmant que dans la mesure où les pays de l’AES font face à des défis sécuritaires majeurs, si des pays comme la Turquie, l’Inde, la Russie ou la Chine « leur vendent des armes, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne les achètent pas. Il ne s’agit de couper les ponts avec l’Europe, mais de pouvoir dialoguer d’égal à égal avec n’importe quel partenaire », insiste-til.

Un espace économique AES est-il viable ?

Bien que l’AES même soit plutôt née de considérations politico-sécuritaires, les dirigeants de l’Alliance ne cachent plus leur volonté d’édifier un cadre de coopération économique viable. En témoigne la création de la Banque confédérale d’investissement et de développement. Modibo Mao Makalou, économiste et gestionnaire financier, relève que cette banque s’inscrit d’ailleurs dans le même esprit que la BIDC (Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao) ou la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement). « L’équation principale reste celle de son opérationnalisation, avec un capital initial fixé à 500 milliards FCFA, dont une partie sera levée sur les marchés financiers. La question de la politique économique qui sera mise en place reste ouverte, notamment l’accès éventuel à des États non membres ou à des institutions financières », pointe-t-il.

Au sujet de l’éventualité d’une monnaie commune à l’AES, il se montre pour le moins circonspect sur ce scénario : « Les pays de l’AES développent actuellement leurs critères de convergence macroéconomique sur le marché de l’Uemoa. Avec la rentrée en vigueur de l’Éco prévue pour 2027, toutes les autres monnaies des pays éligibles doivent disparaître. Si l’Uemoa disparaît avec le FCFA, que feront les trois États de l’AES ? Chacun une monnaie nationale ? Une monnaie commune ? Ou y aura-t-il des passerelles avec l’Éco ? » Il n’en demeure pas moins que, nuance l’économiste, l’économie agro sylvo pastorale et minière ainsi que le défaut de façade maritime de ces États qui – il faut le rappeler – se financent actuellement sur le marché financier et monétaire de l’Uemoa, présentent des convergences macro-économiques.

L’AES à l’épreuve du Sahel

« Le conflit est entré dans une phase de maturation où aucun des deux camps (forces djihadistes et armées régulières) ne sont en mesure de s’imposer en l’état actuel des choses. Allons-nous vers une guerre totale ou une paix des braves ? », pose Bakary Sambe. A ce propos, l’expert Aly Tounkara se montre optimiste en insistant sur la nécessité de la coopération régionale : « Même s’il est vrai que l’AES ne se cantonne pas à une stratégie purement militaire, le succès de l’Alliance dépendra aussi de sa capacité à pacifier l’environnement sous-régional. Il sera difficile de circonscrire la menace si, par exemple, le Niger et le Bénin, le Mali ou la Côte d’Ivoire ou le Mali et la Mauritanie ne coopèrent pas. Les défis structurels restent des obstacles aux actions de la Force unifiée. » De son côté, Daouda Niang s’est voulu plutôt pragmatique : « l’AES constitue une bouffée d’oxygène pour l’Afrique de l’Ouest.  Les pays de l’AES ne sont pas fermés à des solutions consensuelles. Ils exigent juste que celles-ci prennent en compte la réalité de l’existence de l’Alliance. Au vu de la situation présente, la sécurité est plus urgente que la démocratie. ». S’appuyant sur l’ouvrage du journaliste sénégalais, Ousmane Ndiaye, Dr. Bakary Sambe, répliquera durant la conclusion du débat soulignant qu’il faudrait « relativiser cette forme de contradiction construite devenue à la limite idéologique voire propagandiste et essentialiste entre démocratie et sécurité dans le seul but de justifier une réduction de l’espace civique relevant d’un déni des droits universels des peuples à l’expression et au libre exercice de leur droit ». Le Président du Timbuktu Institute a enfin donné rendez-vous aux participants pour d’autres débats interactifs et inclusifs dans le cadre de la célébration du 10e anniversaire de l’Institut, tout au long de l’année 2026.

LA VOIE DU SAHEL

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