Santé : à Belbedji, les agents de santé dénoncent le remplacement « arbitraire » de 12 chefs de CSI

Santé : à Belbedji, les agents de santé dénoncent le remplacement « arbitraire » de 12 chefs de CSI

Par Elhadj Papa

Les agents de santé du district sanitaire de Belbedji, dans la région de Zinder, ont observé une grève de 48 heures à partir du mercredi 7 janvier 2025, à l’appel du Syndicat Unique de la Santé et de l’Action Sociale (SUSAS), section départementale de Belbedji.
Le mouvement visait à protester contre le remplacement jugé arbitraire des 12 chefs de Centres de Santé Intégrés (CSI) du district.
Selon le secrétaire général du SUSAS/Belbedji, Idrissa Edji Assalam, cette décision ferait suite à une lettre adressée le 14 décembre 2025 au ministre de la Santé et de l’Hygiène publique par le collectif des 12 chefs de CSI, dans laquelle ces derniers dénoncent de graves dysfonctionnements au sein de l’équipe cadre du district.
Des accusations de mauvaise gestion
Dans cette correspondance, les chefs de CSI accusent l’équipe cadre de pratiques liées notamment à la gestion du personnel, des biens de l’État et des fonds des partenaires techniques et financiers.
Parmi les faits dénoncés figurent, entre autres :
des détournements présumés de fonds destinés aux activités de vaccination en zones nomades, financées par la Fondation Bill & Melinda Gates et le groupe Dangote ;
dans le cadre de la campagne MEN5/TCV, seulement 42 % des fonds auraient été utilisés, tandis que 4 véhicules sur 20 seulement auraient été mis à la disposition des CSI ;
moins de 30 % des fonds alloués aux CSI dans le cadre de la distribution de masse de l’azithromycine auraient été effectivement répartis ;
des irrégularités dans les sorties avancées financées par l’UNICEF, avec une seule sortie effectuée sur toute l’année 2025 ;
un prélèvement systématique de 10 % sur la plupart des activités, à l’exception de la CPS ;
une prise en charge jugée injuste et dérisoire des chefs de CSI lors des formations, ateliers et réunions, ceux-ci percevant 15 000 FCFA par jour au lieu des 40 000 FCFA prévus par la grille officielle des perdiems du fonds commun validé par l’État.
Un règlement de comptes, selon le syndicat
Pour le secrétaire général du SUSAS/Belbedji, le remplacement des chefs de CSI relève d’un « règlement de comptes » à l’encontre de responsables ayant dénoncé ces pratiques.
Le syndicat exige également son implication dans la commission d’affectation, conformément à l’arrêté ministériel n°000437 du 13 avril 2022, qui prévoit la participation des représentants syndicaux, un texte qui, selon lui, n’est pas respecté.
Une grève suspendue après négociation
Dès le premier jour de la grève, le directeur régional de la Santé de Zinder s’est rendu à Belbedji où une rencontre de négociation s’est tenue avec les responsables syndicaux.
À l’issue des échanges, des engagements ont été pris, sans que les détails n’aient été rendus publics. Toutefois, cette médiation a permis la suspension du mouvement de grève, qui n’a finalement duré qu’une seule journée.
Pour Idrissa Edji Assalam, si de telles décisions de sanction à l’encontre des dénonciateurs venaient à se multiplier, les objectifs nationaux en matière de vaccination et d’accès universel aux soins, prônés par le président de la République, chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, risqueraient de ne pas être atteints.
Les agents de santé disent désormais attendre des réponses concrètes des autorités compétentes à leurs doléances.

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