Sénégal : Diomaye Faye largue Sonko, la rupture qui fait trembler le pouvoir.

Sénégal : Diomaye Faye largue Sonko, la rupture qui fait trembler le pouvoir.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

Au Sénégal, le séisme politique que beaucoup redoutaient est désormais une réalité. En limogeant son Premier ministre Ousmane Sonko le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin à l’alliance politique qui avait porté l’opposition au pouvoir en mars 2024. Ce divorce spectaculaire marque un tournant majeur pour le régime sénégalais et ouvre une période d’incertitude politique dans l’un des pays les plus stratégiques de l’Afrique de l’Ouest.
Pendant plusieurs mois, les signes d’une rupture imminente s’étaient multipliés. Entre les deux hommes, autrefois présentés comme des frères politiques inséparables, les divergences étaient devenues de plus en plus visibles. Derrière l’image d’un pouvoir uni se cachait en réalité une lutte d’influence entre un président soucieux d’affirmer son autorité institutionnelle et un Premier ministre dont la popularité et le poids politique continuaient d’éclipser celui du chef de l’État.
L’éviction d’Ousmane Sonko apparaît ainsi comme une tentative de reprise en main du pouvoir par Bassirou Diomaye Faye. Depuis son accession à la magistrature suprême, ce dernier peinait à s’imposer pleinement face à celui qui fut son mentor politique et l’architecte principal de la victoire du Pastef. Beaucoup d’observateurs considéraient déjà que le véritable centre du pouvoir se trouvait davantage à la Primature qu’au Palais présidentiel.
Mais ce limogeage comporte également d’énormes risques. Ousmane Sonko conserve une base militante extrêmement mobilisée et une influence considérable auprès de la jeunesse sénégalaise. Son départ du gouvernement pourrait provoquer des fractures profondes au sein du parti au pouvoir et fragiliser durablement la stabilité politique du pays. Le spectre d’une crise institutionnelle ou de tensions de rue n’est désormais plus à exclure.
Au-delà des rivalités personnelles, cette rupture révèle surtout les limites des alliances construites dans l’opposition face à l’exercice du pouvoir. L’euphorie de la victoire de 2024 a rapidement laissé place aux luttes d’ego, aux ambitions concurrentes et aux divergences stratégiques sur la gouvernance du pays.
Le Sénégal entre ainsi dans une nouvelle zone de turbulences. En se séparant brutalement de Sonko, Diomaye Faye prend le pari risqué de gouverner seul et de consolider son autorité. Mais il pourrait aussi avoir ouvert une fracture politique dont les conséquences pourraient durablement redessiner le paysage politique sénégalais.
Selon plusieurs médias internationaux, cette rupture marque l’aboutissement de mois de tensions entre les deux dirigeants sénégalais.

La voie du Sahel.

Abdoulkarim Ousmane Mahamadou

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