Revue de presse Niger – 20/04/2026
Niger : ‘’La situation sécuritaire du pays est calme et sous contrôle’’ (Ministre de la défense) – ANP – 19/04
Le Ministre d’Etat de la défense nationale, le général d’armée Salifou Mody a, au cours d’une interview accordée à la télévision nationale du Niger (RTN) le samedi 18 avril 2026, déclaré que ‘’la situation sécuritaire du pays est calme et sous contrôle’’.
Dans son intervention, le Ministre Salifou Mody a d’abord rappelé le rôle régalien de son département ministériel consistant à ‘’défendre l’intégrité du territoire et à protéger les institutions de la République contre toute menace de l’intérieur comme de l’extérieur’’.
Pour ce faire, a indiqué le Ministre d’Etat de la défense, son département est appelé à mettre en œuvre ‘’un certain nombre de plans, et surtout une politique pour assurer cette lourde responsabilité’’, rappelant encore que son entité a ‘’un rôle d’organisation de l’Etat dans son entièreté pour faire face à toute éventualité’’.
‘’La situation sécuritaire nationale est calme et sous contrôle’’ déclare le Ministre d’Etat de la défense nationale aujourd’hui’’, notant que le Niger a décidé, depuis les évènements du 26 juillet 2023, de prendre en main ‘’la défense de notre territoire et de notre pays’’, impliquant ainsi de ‘’lourdes responsabilités et de lourdes charges pour les forces armées nigériennes et la gendarmerie qui sont les deux bras armés du Ministère de la défense nationale’’.
‘’Nos compatriotes doivent se rassurer parce que ces forces sont sur le terrain et sont entrain d’assurer la mission de défense et de sécurité de notre vaste territoire’’, précisant qu’il y a quotidiennement et en permanence ‘’23.000 hommes sur le terrain et engagés dans différentes opérations nationales’’.
Dans la mise en œuvre de différents plans ou stratégie nationale dans le domaine, le premier responsable de la sécurité du pays d’indiquer que ‘’ces personnels qui assurent cette sécurité sont dans une relative autonomie reposant sur une décentralisation des responsabilités du commandement des zones d’opération et plus haut il y a eu une centralisation, une coordination de l’ensembles de forces de défense et de sécurité dans la mise en œuvre de cette stratégie avec les moyens mis à leur disposition pour pouvoir faire leur travail’’.
‘’Nos compatriotes doivent être rassurés que tout est mis en œuvre pour que leur tranquillité et leur quiétude soient assurées à ce niveau’’ a-t-il rassuré.
Selon toujours le Ministre d’Etat de la défense nationale, la stratégie nationale en matière de défense de notre pays repose sur un certain nombre de reformes et une réorganisation de nos dispositifs, parce que ‘’la plus grosse erreur, c’est de confier sa sécurité à un autre, particulièrement à un autre pays’’.
Pour cela, ‘’après la repise en main de notre souveraineté sécuritaire, nous avons d’abord cherché à élaguer tout ce qui pouvait encore entraver la marche de notre système de sécurité et ensuite mettre en place des moyens et des dispositions nous permettant d’assurer cette souveraineté sécuritaire’’ a expliqué le général d’armée Salifou Mody.
Évoquant la lenteur de la réaction des FDS en cas d’attaque, constatée par les populations, le Ministre Mody a expliqué cette lenteur par l’étendue du territoire, l’effectif des FDS et l’enclavement de certaines zones (manque de routes), tout en appelant les nigériens à ‘’comprendre que les FDS ne peuvent pas être derrière chaque village’’, relevant que le Niger compte à peu prêt 32.000 villages administratifs, sans compter les groupements nomades.
‘’Vous imaginez l’effectif que nous devons mobiliser en cas d’attaques dans tous ces villages’’ s’est-il interrogé, avant de faire remarquer que pour palier à tout cela, la stratégie préconise ‘’une responsabilisation des communautés, une autonomisation des chefs régionaux et une centralisation au plus haut niveau de la hiérarchie de l’ensemble des FDS, pour que l’information puisse passer rapidement auprès de ceux qui sont sur le terrain’’.
Arrestation de Kémi Séba en Afrique du Sud : l’activiste sous le coup d’une extradition vers le Bénin ou la France – Actu Niger – 18/04
C’est l’information qui a fait le buzz cette semaine sur les réseaux sociaux africains. Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, le leader de l’ONG Urgences panafricaines, a été interpellé le mercredi 15 avril à Pretoria, en Afrique du Sud. Selon la police sud-africaine, l’activiste panafricaniste, qui a été interpellé en compagnie de son fils et d’un passeur alors qu’ils tentaient un passage clandestin vers le Zimbabwe, a déjà été présenté à un tribunal de la capitale sud-africaine et son affaire a été mise en examen pour le 20 avril prochain. La justice du pays de Mandela va donc se prononcer sur le cas de Kémi Séba, proche des régimes militaires de l’AES et activiste pro-russe, qui risque une extradition vers son pays d’origine, le Bénin, où il est recherché pour des faits d’atteinte à la sécurité de l’État, mais aussi vers la France, où il est également poursuivi dans d’autres affaires. Bien qu’il soit sous le coup de mandats d’arrêt internationaux, son organisation a dénoncé une « persécution » orchestrée par la France et une « mise à mort politique » par les autorités béninoises. En attendant la décision de la justice africaine, le sort de l’activiste reste suspendu à la machine et aux réseaux qui se sont déjà mis en branle pour obtenir sa libération ou… sa tête !
C’est une affaire privée qui tombe au mauvais moment et de la plus mauvaise des manières pour Kémi Séba ! L’activiste panafricaniste a été arrêté en Afrique du Sud, où une procédure d’extradition est actuellement en cours, selon la police locale. Visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », il est accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre.
Disparu des radars depuis un temps, cette interpellation, qui a fait le buzz de la semaine sur les réseaux sociaux africains, est intervenue alors que ses partisans et même ses détracteurs attendaient son appréciation du scrutin présidentiel du 12 avril dernier au Bénin, qui a vu le sacre de Romuald Wadagni, le dauphin du chef d’État sortant, Patrice Talon, contre qui Séba est un farouche opposant.
Interpellation pour tentative d’émigration illégale d’un fugitif recherché par Interpol
Dans un communiqué jeudi, la police sud-africaine a donné sa version des faits. Le 15 avril 2026, Stellio Gilles Robert Capo Chichi (45 ans), Khonsou Seba Capo Chichi (18 ans) et François van der Merwe ont comparu brièvement devant le tribunal de première instance de Brooklyn, un quartier situé à Pretoria, la capitale administrative du pays. « Cette comparution fait suite à leur arrestation le 13 avril 2026 lors d’une opération menée par les services de renseignement à Brooklyn. L’intervention a été réalisée par l’unité des crimes contre l’État (CATS) de la Direction des enquêtes sur les crimes prioritaires (Hawks), avec l’appui de la section de gestion des opérations tactiques des Hawks et de l’unité de contreterrorisme du renseignement criminel », a indiqué la même source, qui a précisé que les trois individus sont soupçonnés d’être impliqués dans « la facilitation d’un passage clandestin vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo ».
Selon les détails donnés par les services sud-africains, le père, le fils et leur facilitateur ont été appréhendés lors d’une opération d’infiltration (« sting operation ») dans un centre commercial de Pretoria. Et selon les informations recueillies par la même source, le facilitateur aurait reçu environ 250 000 rands pour aider le père et le fils à traverser la frontière vers le Zimbabwe, avec l’intention finale de rejoindre l’Europe. Lors de l’arrestation, a-t-il également été indiqué, les forces de l’ordre ont confisqué des téléphones portables ainsi qu’une somme d’environ 318 000 rands en espèces.
Selon la police sud-africaine, les enquêtes préliminaires révèlent que Stellio Gilles Robert Capo Chichi est un « fugitif recherché ». Et de citer des poursuites au Bénin, où l’unité des Hawks, avec l’assistance d’Interpol, a confirmé qu’il est activement recherché pour des « crimes contre l’État ».
En France aussi, il est également lié à des « activités criminelles similaires » dans ce pays.
Kémi Séba sous le coup d’une extradition vers le Bénin
Selon les services sud-africains, le dossier a été reporté au 20 avril 2026. Dans l’attente de cette date, « les accusés ont été maintenus en détention ».
« Des procédures d’extradition sont d’ores et déjà en cours pour répondre aux mandats d’arrêt internationaux », a aussi annoncé la police de la nation arc-en-ciel.
Mise à mort politique
L’activiste va donc être fixé sur son sort ce 20 avril 2026 lors de sa comparution devant la justice. En attendant, son ONG a dénoncé, dans un communiqué, une « mise à mort politique ».
Selon l’ONG Urgences panafricaines, il s’agit d’une persécution politique commandée par la France et le régime de Patrice Talon, au Bénin, qui cherche à « tuer politiquement » Kemi Seba.
Si en Afrique du Sud, l’affaire est pour le moment traitée selon une procédure normale pour des faits d’émigration clandestine et de réponse à un mandat d’arrêt international contre un fugitif recherché par Interpol, le cas Kémi Seba pourrait prendre une autre tournure dans les prochains jours.
Opposant certes au régime de Talon, l’activiste est très populaire sur les réseaux sociaux panafricains, ce qui pourrait donner à l’affaire une tournure plus politique qui jouerait à son avantage. Il est surtout connu pour sa proximité avec les régimes militaires au pouvoir dans les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Au Niger, il bénéficie même d’un statut de conseiller spécial du Président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, qui lui a d’ailleurs fait délivrer un passeport diplomatique, après la déchéance de sa nationalité française. Proche des réseaux russes en Afrique, il est connu pour la virulence de ses critiques envers l’ancienne puissance coloniale française, pays où il est né, ainsi que d’autres chefs d’État du continent proches de Paris. C’est ce qui pourrait d’ailleurs le desservir au regard des intérêts géopolitiques en jeu et de la proximité entre certains chefs d’État africains qui, en bons syndicalistes aussi, savent se rendre service à l’occasion !
Au Togo, une réunion pour définir une «nouvelle stratégie pour le Sahel en crise» – RFI – 18/04
À Lomé, la capitale togolaise, se tient ce samedi 18 avril 2026 une réunion consacrée à « une nouvelle stratégie pour le Sahel en crise ». Initiée par le Togo, elle réunit des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso), de l’Organisation des Nations unies, ainsi que des personnalités africaines et des représentants de plusieurs pays européens.
Au Sahel, l’épicentre de la crise sécuritaire reste concentré au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Ces trois pays, dirigés par des militaires, auteurs de coups d’État, ayant claqué la porte de l’institution régionale la Cédéao pour former l’Alliance des États du Sahel (AES). Comment travailler ensemble afin de lutter contre le terrorisme, l’insécurité ? C’est l’ambition de la « nouvelle stratégie pour le Sahel », au centre des discussions de ce samedi à Lomé.
La menace terroriste s’étend progressivement vers les États du littoral du golfe de Guinée. « Les digues de la méfiance doivent sauter », « la stabilité régionale est en jeu », préviennent déjà des participants à la rencontre.
Rôle de médiateur
Le Togo, pays membre de la Cédéao, mais très proche des militaires au pouvoir dans les trois pays membres de l’AES, tente de faire un rapprochement entre les deux organisations. Pour faire face aux djihadistes, la coopération internationale est également nécessaire.
Le représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest, des diplomates africains et une quinzaine d’Envoyés spéciaux au Sahel de pays européens participent à la rencontre. Parmi eux, l’émissaire de la France. Selon le programme officiel, tous prendront la parole.
Sénégal: ouverture du Forum de Dakar dans un paysage sécuritaire africain transformé – RFI – 20/04
Dakar accueille, ce lundi 20 avril et mardi, la dixième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, une édition anniversaire, dans un contexte de recomposition profonde : recul de la présence française au Sahel, fragilisation de la Cédéao et progression du jihadisme vers les côtes du golfe de Guinée. Le président Bassirou Diomaye Faye préside l’ouverture.
Treize ans après sa création, le Forum de Dakar se tient dans un paysage sécuritaire africain transformé, rapporte notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois. Le G5 Sahel est dissous, la Cédéao est fragilisée par le retrait du Mali, du Burkina et du Niger et le jihadisme progresse désormais vers les États côtiers du golfe de Guinée tels que le Bénin, le Togo et le Ghana.
C’est dans ce contexte que se retrouvent, à Diamniadio, pendant deux jours, une centaine d’experts.
Parmi eux, figurent des responsables d’organisations régionales africaines, dont le président de la Commission de la Cédéao, mais aussi des militaires de haut rang, dont d’anciens chefs d’état-major et un général burkinabè représentant les centres stratégiques de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Des chercheurs et juristes africains seront également présents ainsi que des partenaires extérieurs : un représentant du département d’État américain ou encore l’envoyée spéciale allemande pour le Sahel.
Ateliers de discussions sur des sujets sensibles
Selon les programmes, après la cérémonie d’ouverture, les ateliers de discussion porteront sur plusieurs thématiques. Notamment le contrôle des ressources naturelles. Il sera question des terres rares et des minerais critiques. Selon l’organisation Rights & Resources, l’Afrique abrite 30 % de ces terres rares, indispensables à la mise en oeuvre d’énergies propres qui serviront à soutenir la transition énergétique actuellement en cours dans le monde. La RDC qui concentre 70 % du cobalt mondial en est l’exemple le plus emblématique. D’où la nécessité pour l’Afrique de s’organiser, explique, à Sidy Yansané du service Afrique de RFI, le Docteur Solange Bandiaky-Badji, présidente de l’Initiative pour les droits et ressources.
« Il y a par exemple le Ghana, le Gabon, la Côte d’Ivoire qui sont les plus grands producteurs de manganèse, le Mali et le Burkina Faso et même le Niger avec l’uranium. l’Afrique, tout d’un coup, est devenue le centre de géopolitique par rapport à ces ressources. Avant, bien sûr, il y avait le pétrole qui posait des problèmes. Si on prend le cas du Nigeria avec le delta du Niger où il y a eu d’énormes problèmes, il y a aussi les mines avec les mines d’or où il y a toujours eu des problèmes ».
« Mais on n’a jamais vu cette ruée géopolitique où toutes les puissances veulent venir en Afrique, poursuit le Docteur Solange Bandiaky-Badji. Et maintenant, ce qu’on se demande, c’est comment éviter cette malédiction des ressources ? On a vu récemment le gouvernement du Sénégal qui a révoqué des contrats miniers parce qu’il s’est dit qu’il faudrait qu’on puisse renégocier, faire en sorte que le gouvernement puisse gagner en taxes, mais aussi que les communautés puissent en gagner. Si on regarde les communautés qui se trouvent dans les zones, il y a beaucoup plus de ressources. C’est là où on a beaucoup plus de pauvres. Et, en fin de compte, les jeunes choisissent l’immigration. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas accès à la terre, à leurs ressources, alors que ça pouvait servir non seulement les gouvernements, mais aussi les communautés locales qui se trouvent à la base ».
Parmi les autres thématiques abordées lors de ce forum : les transitions politiques, la cybersécurité et la recomposition des forces de sécurité régionales. La clôture du forum est prévue, mardi 21 avril, en fin d’après-midi.

