Revue de presse Niger –22/04/2026
Niger : 9000 agents recrutés et 69 commissariats créés pour renforcer les forces de défense et de sécurité (Ministre de l’intérieur) – ANP – 22/04
Le ministre d’État de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba, lors d’un entretien accordé à la RTN ce mardi 21 avril 2026, a annoncé qu’une stratégie structurée de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité intérieure a été mise en place, reposant sur l’accroissement des effectifs, la modernisation des moyens et l’amélioration du renseignement.
Selon lui, près de 9 000 agents ont été recrutés en 2025, dont 5 000 au niveau de la police et environ 4 000 pour la garde nationale, afin de réduire le déficit en personnel et renforcer la couverture sécuritaire du territoire.
Dans le même élan, plusieurs centres de formation ont été réhabilités pour assurer un meilleur encadrement des nouvelles recrues, tandis que des efforts logistiques ont été consentis, notamment avec l’introduction de moyens roulants tels que les motos pour améliorer la mobilité et la réactivité des unités.
Par ailleurs, 69 commissariats ont été créés à travers le pays, dont certains dans des quartiers de Niamey, avec l’appui des collectivités locales ayant mis des infrastructures à disposition pour faciliter leur opérationnalisation.
Des unités polyvalentes de la Garde nationale ont également été déployées dans plusieurs zones, contribuant au renforcement du dispositif sécuritaire et à la conduite des patrouilles sur le terrain.
En outre, les forces de défense et de sécurité participent désormais aux opérations de défense du territoire à travers des actions conjointes, notamment des patrouilles mixtes.
Enfin, le secteur des sociétés privées de sécurité a fait l’objet d’un assainissement, ramenant leur nombre à 52 structures reconnues et encadrées par des directives visant à garantir leur professionnalisme, alors que trois ans en arrière, le Niger en comptait des milliers.
Face à la montée de la criminalité : les autorités mettent en place un escadron polyvalent – ANP – 22/04
Le ministre d’État, de l’intérieur Mohamed Toumba a indiqué lors de son interview sur les antennes de la télévision nationale (RTN) de ce mardi 21 avril 2026, que la mise en place d’une unité de la police appelée » escadron polyvalent » contribue efficacement à contrecarrer toutes formes de criminalité dans le pays.
La présence accrue des forces de police à travers les commissariats contribue à instaurer davantage de calme et de sérénité, malgré la croissance rapide de la ville, a indiqué le général de division Toumba, précisant que ‘’l’escadron polyvalent, récemment déployé, notamment à Dogon Kiriya, une zone considérée comme un couloir de passage de l’insécurité transnationale entre plusieurs pays ainsi que dans certains quartiers de Niamey, est une stratégie spécifique’’.
Selon le ministre, un escadron polyvalent est une unité capable d’assurer simultanément plusieurs missions, notamment les opérations de terrain et les enquêtes judiciaires. Cette approche permet de combiner l’action sécuritaire avec la collecte de preuves, grâce à la présence d’officiers de police judiciaire (OPJ).
Le Ministre d’Etat d’indiquer que ‘’cette organisation répond à une problématique longtemps constatée : des individus interpellés lors d’opérations militaires étaient parfois relâchés faute de preuves exploitables par la justice. En intégrant des compétences judiciaires directement sur le terrain, ces unités permettent désormais de documenter les faits de manière rigoureuse et de faciliter les poursuites’’.
Autonomes et dotés de moyens adaptés, ces escadrons peuvent intervenir dans des zones isolées. Toutefois, ils se distinguent des forces spéciales, bien que complémentaires à celles-ci, notamment au sein de la garde nationale ou de la police, comme les unités d’intervention spécialisées.
S’agissant de la stratégie globale, le ministre insiste sur une montée en puissance des capacités sécuritaires, articulée autour de deux axes majeurs : le renforcement des effectifs et la modernisation des forces.
Pendant longtemps, le déficit en personnel a constitué un défi majeur. Aujourd’hui, des efforts importants sont engagés pour recruter massivement au sein des forces de défense et de sécurité, y compris dans des localités jusque-là dépourvues de structures sécuritaires, comme certaines préfectures.
Le recrutement se veut à la fois quantitatif et qualitatif. Il intègre désormais des profils spécialisés, notamment dans les domaines technologiques et du renseignement, afin d’adapter les forces de sécurité aux enjeux contemporains.
‘’L’objectif affiché est clair : répondre à l’urgence sécuritaire tout en construisant une police moderne, professionnelle et capable d’anticiper les nouvelles formes de criminalité’’ a-t-il souligné.
Le Togo joue-t-il les ponts entre Paris et Niamey? – RFI – 22/04
L’Alliance des États du Sahel (AES, composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso) était au centre des discussions de ce week-end à Lomé. « Le Togo est prêt à mettre son expertise en médiation et son ancrage régional au service de la stabilité pour servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale », a déclaré Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, à l’occasion de la réunion.
Le Togo se positionne comme un pont entre le Sahel et la communauté internationale. Les relations entre ces pays et la France se sont dégradées. Le Togo joue-t-il dans ce dossier un rôle de « facilitateur, de médiateur » pour que les choses s’arrangent ?
D’après nos informations, le Togo fait déjà passer des messages de part et d’autre. Les bonnes relations de Lomé avec les juntes nigérienne et malienne constituent un atout.
Le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey et son homologue français Jean-Noël Barrot se tutoient souvent. C’est un possible canal pour faire passer des messages. « Tant que nous pouvons aider à apaiser, à réconcilier, nous le faisons », reconnaît un interlocuteur officiel du Togo.
Dans deux dossiers par exemple, le Togo est intervenu pour calmer les uns et les autres. Il y a eu l’affaire de l’embarrassante cargaison d’uranium de Niamey, où se sont croisés les intérêts français, nigériens et russes.
Et au Mali, par exemple, Lomé a rassuré Paris qui n’avait plus de nouvelles de son agent de renseignement arrêté à Bamako.
Selon un fin connaisseur de la sous-région, un éventuel dégel effectif des relations entre Paris et l’Alliance des États du Sahel, si dégel il y a, commencerait par une reprise de la coopération entre différents services de renseignement.
Lors d’un forum au Sénégal, le Niger et le Mali accusent leurs voisins de soutenir le terrorisme – Zonebourse – 21/04
Les ministres des Affaires étrangères du Niger et du Mali ont accusé des pays voisins de parrainer le terrorisme, tout en se disant prêts à coopérer sur certains dossiers avec la CEDEAO, le bloc régional d’Afrique de l’Ouest dont ils se sont officiellement séparés l’année dernière.
Ces accusations soulignent les fractures régionales en Afrique de l’Ouest, lesquelles risquent de compliquer les efforts visant à endiguer la violence djihadiste à travers le Sahel, cette bande de terre semi-aride qui traverse l’Afrique.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso voisin luttent contre des insurrections djihadistes depuis plus d’une décennie. Ces trois pays sont dirigés par des gouvernements militaires qui ont pris le pouvoir par des coups d’Etat avant de rompre avec la CEDEAO pour former leur propre bloc, l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
« Il y a des pays voisins qui abritent actuellement des groupes terroristes, soutiennent des groupes terroristes ou reçoivent fréquemment des forces hostiles qui mènent des opérations contre nous », a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, à Reuters en marge d’un forum sur la sécurité au Sénégal tard lundi.
Il a refusé de nommer les voisins auxquels il faisait référence, mais a ajouté que des puissances étrangères hors de la région étaient également impliquées.
Il a affirmé que des mercenaires ukrainiens avaient attaqué le Mali et revendiqué la responsabilité de l’action, dans une référence apparente aux commentaires d’un porte-parole de l’agence de renseignement militaire ukrainienne (GUR) concernant des combats dans le nord du Mali en 2024.
L’Ukraine avait déclaré à l’époque qu’aucune preuve n’attestait son rôle dans les combats. Elle a depuis nié avoir fourni des drones aux rebelles du nord du Mali.
Les tensions ont également été vives entre le Mali et la Mauritanie ces dernières semaines, le Mali affirmant que deux de ses soldats étaient détenus par des groupes armés de l’autre côté de la frontière, tandis que la Mauritanie s’est dite offensée par cette allégation qu’elle a démentie.
LE PRÉSIDENT DE LA CEDEAO APPELLE À UN RAPPROCHEMENT
Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a déclaré lors d’un discours au forum que de nombreux pays cherchant à coopérer avec le Niger en matière de lutte antiterroriste sont également en train d' »alimenter, financer et entretenir » le terrorisme dans le pays.
Il a précisé à Reuters qu’il faisait référence à la France. Le ministère français des Affaires étrangères n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le dirigeant militaire du Niger, Abdourahamane Tiani, avait accusé en janvier les présidents français, béninois et ivoirien de parrainer une attaque contre l’aéroport international du pays, une accusation formulée sans fournir de preuves.
L’actuel président de la CEDEAO, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, a appelé les Etats de l’AES soit à réintégrer le bloc régional, soit à collaborer davantage avec lui.
Cependant, le Malien Abdoulaye Diop a déclaré à Reuters que « le Mali, le Burkina Faso et le Niger, politiquement parlant, se sont retirés de la CEDEAO ».
« Notre retrait est définitif, il est donc inutile de dire que nous demandons aux gens de revenir. »
Néanmoins, M. Diop a ajouté que l’AES pourrait maintenir un dialogue constructif avec la CEDEAO sur la liberté de circulation et la préservation d’un marché commun.

