Énergies renouvelables : Niamey lance l’offensive pour la souveraineté énergétique
Par Elhadj Papa
Niamey franchit un cap décisif dans sa quête d’indépendance énergétique. Ce mardi 7 avril 2026, la capitale nigérienne a accueilli l’ouverture du tout premier Forum international sur les énergies renouvelables, couplé à la Journée nationale dédiée au secteur. Une initiative ambitieuse qui marque la volonté affirmée des autorités de repositionner le Niger comme un acteur engagé dans la transition énergétique en Afrique.
Placée sous le thème « Quel modèle de transition énergétique pour un développement industriel durable au Niger ? », cette rencontre de haut niveau se veut à la fois un cadre de réflexion stratégique et un levier d’action. Elle réunit décideurs publics, experts, partenaires techniques et financiers autour d’un objectif commun : trouver des solutions concrètes à la crise énergétique qui freine le développement du pays.
Au-delà de son caractère institutionnel, l’événement rend également hommage au professeur Abdou Moumouni Dioffo, figure emblématique de la recherche scientifique nigérienne et pionnier des énergies renouvelables. La date du 7 avril, désormais consacrée Journée nationale des énergies renouvelables, rappelle l’héritage de cet illustre scientifique et vise à inspirer la jeunesse à s’engager dans les filières scientifiques.
Dans leurs différentes interventions, les autorités ont insisté sur le potentiel énergétique exceptionnel du Niger. Soleil abondant, ressources éoliennes et hydriques : autant d’atouts encore sous-exploités. Pour la ministre en charge de l’Énergie, le temps des constats est révolu. L’heure est désormais à l’action, avec une transformation profonde du secteur en ligne de mire.
Le message est clair : le Niger ne se considère plus comme un pays pauvre en énergie, mais comme un territoire riche d’opportunités. Cette nouvelle vision s’accompagne d’un appel pressant aux investisseurs et partenaires internationaux à accompagner cette dynamique.
De son côté, le Premier ministre a souligné l’urgence de proposer des solutions réalistes et financièrement viables pour combler le déficit énergétique. Il a rappelé les réformes déjà engagées, notamment la stratégie nationale d’accès à l’électricité et le compact énergétique 2025, qui traduisent une volonté politique forte d’accélérer l’accès à une énergie moderne et durable.
Mais au-delà des politiques publiques, c’est aussi à la jeunesse que s’adresse cet appel. Invitée à s’approprier le savoir et l’innovation, elle est appelée à devenir le moteur de cette transition.
À travers ce forum, le Niger envoie un signal fort : celui d’un pays résolument tourné vers l’avenir, déterminé à bâtir sa souveraineté énergétique sur ses propres ressources et sur l’intelligence de ses fils et filles.

