Mali sous pression : l’Algérie hausse le ton et appelle à un sursaut national face au terrorisme.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
La situation sécuritaire au Mali suscite une inquiétude grandissante au sein de la région sahélienne. Face à des « développements dangereux » sur le terrain, l’Algérie sort de sa réserve diplomatique et réaffirme avec fermeté son attachement à l’unité du Mali, tout en condamnant sans ambiguïté le terrorisme sous toutes ses formes.
Depuis Alger, le ministre d’État chargé des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a délivré un message clair à l’issue d’une rencontre avec son homologue bosnien. Pour les autorités algériennes, il n’y a aucune équivoque : le Mali doit rester un État uni, tant dans son territoire que dans ses institutions et son peuple. Une position constante, qui s’inscrit dans la tradition diplomatique d’Alger, profondément attachée à la stabilité de ses voisins sahéliens.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement tendu pour Bamako, confronté à une recrudescence des attaques terroristes et à une fragilisation de son tissu sécuritaire. L’Algérie, forte de son expérience passée face au terrorisme durant la décennie noire, se pose en acteur lucide et déterminé. Elle rejette catégoriquement toute tentative de justification de la violence extrémiste, rappelant que ce fléau ne saurait être toléré, quels qu’en soient les motifs invoqués.
Au-delà de la condamnation, Alger met en avant une solution qu’elle juge essentielle : le renforcement de la cohésion nationale malienne. Pour Ahmed Attaf, l’unité interne constitue le premier rempart contre les groupes terroristes. Une nation divisée devient vulnérable, tandis qu’un peuple uni offre une résistance plus solide face aux menaces sécuritaires.
Ce plaidoyer en faveur de la cohésion intervient à un moment où le Mali doit relever de multiples défis, tant politiques que sécuritaires. Entre tensions internes, recompositions géopolitiques et lutte contre des groupes armés de plus en plus audacieux, l’État malien est appelé à consolider ses bases nationales pour éviter une déstabilisation plus profonde.
L’appel de l’Algérie résonne ainsi comme un avertissement, mais aussi comme une invitation à l’action collective. Dans un Sahel en proie à des crises multidimensionnelles, la solidarité régionale et le renforcement des États apparaissent plus que jamais indispensables.
En soutenant l’unité du Mali et en prônant une réponse ferme contre le terrorisme, Alger se positionne comme un partenaire engagé pour la stabilité régionale. Reste à savoir si cet appel sera entendu à Bamako et au-delà, dans une région où l’urgence sécuritaire impose désormais des réponses fortes, coordonnées et durables.
La voie du Sahel.

