
Port des tenues militaires : La fin de l’anarchie vestimentaire à Niamey !
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 et l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) au pouvoir, une tendance inquiétante s’est emparée du quotidien des Nigériens. Portés par un élan patriotique exalté, certains citoyens ,acteurs de la société civile, hommes, femmes et parfois même des enfants, se permettent désormais de arborer à tout vent des tenues militaires. Cérémonies privées, rassemblements publics, mariages ou baptêmes : l’uniforme du soldat est devenu, pour beaucoup, un effet de mode incontournable.
Pire encore, cet engouement démesuré a glissé vers un usage abusif flagrant. Certains individus ne se contentent plus du treillis, mais arborent publiquement des écussons réglementaires et des insignes portant les armoiries de la République. Ce mélange risqué des genres efface dangereusement la frontière entre les civils et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS).
Face à cette dérive, les autorités régionales ont décidé de siffler la fin de la récréation. À travers le Communiqué N°2026-001/GRN rendu public ce mercredi 2 septembre 2026, le Gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, est monté au créneau. Le constat du Gouverneur est sans appel : la prolifération non régulée d’effets militaires parmi la population civile constitue une menace directe pour la sécurité publique.
Le communiqué le rappelle avec fermeté : « Compte tenu du contexte sécuritaire actuel, le Gouverneur de la région de Niamey rappelle à la population de Niamey et de ses environs que le port de la tenue militaire est interdit sauf pour les membres du Gouvernement sur autorisation sur toute l’étendue du territoire de la région. »
Dans un Sahel confronté à d’immenses défis sécuritaires, l’uniforme ne saurait être un déguisement ou un accessoire festif. Le texte précise clairement que tout contrevenant subira la loi « dans toute sa rigueur ». Le Directeur de la Police de la Ville de Niamey a d’ores et déjà été chargé de veiller à l’application stricte de cette mesure d’ordre public.
Le message de l’autorité est limpide : le patriotisme ne se mesure pas à l’étoffe du treillis que l’on porte, mais au respect strict des lois et des institutions du pays.
La voie du Sahel.






