Libye : selon un média local, Mahamoud Sallah aurait été libéré de sa détention à Benghazi.
Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.
Après plus de seize mois passés en détention dans l’est de la Libye, Mahamoud Sallah, président du Front patriotique de libération (FPL), aurait retrouvé la liberté, selon des informations rapportées par un média libyen. Une annonce qui reste toutefois à confirmer officiellement.
L’information suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et sécuritaires nigériens. Selon un site d’information libyen, Mahamoud Sallah, chef du Front patriotique de libération (FPL), aurait été libéré par les autorités de Benghazi après plusieurs mois de détention.
Aucune confirmation officielle n’a cependant été obtenue auprès des autorités libyennes, du FPL ou des proches du leader rebelle. Jusqu’à une date récente, plusieurs sources continuaient d’affirmer que Mahamoud Sallah était toujours détenu dans la ville de Benghazi, fief du maréchal Khalifa Haftar.
Un acteur connu de la contestation armée au Niger
Originaire de la région pétrolière d’Agadem, dans le nord-est du Niger, Mahamoud Sallah s’est imposé au fil des années comme l’une des figures les plus connues de la contestation dans cette partie du pays.
Avant son engagement dans la lutte armée, il s’était fait connaître comme défenseur des intérêts des populations vivant dans les zones d’exploitation pétrolière. Il avait notamment travaillé pour la China National Petroleum Corporation (CNPC), avant de dénoncer ce qu’il considérait comme une mauvaise répartition des retombées économiques du pétrole au profit des communautés locales.
En 2020, il crée l’Union des forces patriotiques pour la refondation de la République (UFPR), un mouvement armé qui dénonçait la gouvernance du régime de l’époque. Après l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Bazoum en 2021, il accepte de déposer les armes à la faveur d’un processus de dialogue.
Le retour à la rébellion après le coup d’État de 2023
Le coup d’État du 26 juillet 2023 marque un tournant. Quelques semaines plus tard, Mahamoud Sallah lance le Front patriotique de libération (FPL), un mouvement politico-militaire réclamant le retour à l’ordre constitutionnel et la libération du président déchu Mohamed Bazoum.
Le FPL revendique plusieurs actions armées dans le nord du Niger. En juin 2024, le mouvement attire l’attention internationale après avoir revendiqué le sabotage d’un tronçon de l’oléoduc Niger-Bénin transportant le pétrole brut nigérien vers le port de Sèmè-Kpodji. Le groupe justifie alors son action par son opposition au financement du régime militaire à travers les revenus pétroliers.
Une arrestation en Libye
Le 23 février 2025, Mahamoud Sallah est arrêté à Qatrun (ou Gatrun), dans le sud de la Libye, lors d’une opération menée par la 87e brigade d’intervention rapide relevant des forces du maréchal Khalifa Haftar. Cinq de ses compagnons sont également interpellés. Les autorités libyennes l’accusent alors d’activités armées transfrontalières et de liens avec des groupes opérant entre le Niger et la Libye.
Après son arrestation, il est transféré à Benghazi où il reste détenu pendant plus de seize mois. Plusieurs organisations et mouvements alliés au FPL réclameront sa libération, dénonçant une détention à caractère politique.
Les circonstances d’une libération encore floues
Selon le média libyen à l’origine de l’information, Mahamoud Sallah aurait finalement été remis en liberté ces derniers jours. Les raisons exactes de cette décision ne sont pas encore connues.
Plusieurs hypothèses circulent : une mesure de clémence des autorités de l’est libyen, des négociations discrètes impliquant des médiateurs régionaux ou encore un réajustement des relations entre les différents acteurs sécuritaires du Sahel et de la Libye.
Si cette libération venait à être officiellement confirmée, elle constituerait un tournant majeur pour le FPL et pour la situation sécuritaire dans le nord du Niger. Elle pourrait également relancer les spéculations sur l’avenir politique et militaire de Mahamoud Sallah, figure controversée mais incontournable de la contestation armée née après le renversement du président Mohamed Bazoum.
Pour l’heure, la prudence reste de mise en attendant une confirmation formelle des parties concernées.
Note de vérification : les sources consultées confirment l’arrestation de Mahamoud Sallah le 23 février 2025 à Qatrun en Libye et sa détention à Benghazi. En revanche, aucune source indépendante accessible n’a pour l’instant permis de confirmer sa libération .
La voie du Sahel.

