Revue de presse Niger – 16/04/2026
À Niamey, l’ONG EMMNR mobilise la jeunesse autour de Youri Gagarine pour la Journée de la Cosmonautique – ANP – 15/04
Des dizaines de jeunes venus des différents arrondissements de Niamey se sont réunis, ce samedi, au siège de l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger–Russie (EMMNR), à l’occasion de la Journée de la Cosmonautique. À travers une projection et des échanges autour des sciences spatiales, la rencontre a mis en lumière l’héritage de Youri Gagarine, symbole de l’entrée de l’humanité dans l’ère spatiale.
Placée sous le signe de la transmission des savoirs, la célébration a été marquée par la projection d’un cours d’amitié retraçant la vie et le parcours du premier homme à avoir franchi les limites de l’atmosphère terrestre. Dans une atmosphère studieuse, les participants ont redécouvert les contours d’un exploit qui a bouleversé la perception humaine de l’univers.
Le 12 avril 1961, à seulement 27 ans, Gagarine embarquait à bord de Vostok-1 depuis le cosmodrome de Baïkonour. En 108 minutes, il accomplissait une orbite complète autour de la Terre, inscrivant son nom dans l’histoire. « Poyekhali ! » — « C’est parti ! » — avait-il lancé au moment du décollage, une phrase devenue depuis emblématique de l’audace humaine face à l’inconnu.
Ce vol, au-delà de sa dimension technologique, a marqué l’entrée de l’humanité dans l’ère spatiale moderne. À son retour, Gagarine sera élevé au rang de Héros de l’Union soviétique, avant d’entamer une tournée mondiale sans précédent, visitant 29 pays en seulement sept ans. Une « mission de paix » qui contribuera à façonner son image d’ambassadeur universel.
L’importance de cet événement dépasse largement le cadre historique soviétique. En 2011, Organisation des Nations Unies a officiellement reconnu la portée universelle de cet exploit en proclamant le 12 avril Journée internationale du vol spatial habité, à travers la résolution A/RES/65/271.
Une décision qui consacre non seulement l’héritage de Gagarine, mais souligne également le rôle central des sciences et des technologies spatiales dans le développement des nations et la coopération internationale.
À Niamey, éveiller des vocations
Pour l’ONG EMMNR, cette commémoration ne se limite pas à un simple devoir de mémoire. Elle s’inscrit dans une démarche plus large visant à susciter des vocations scientifiques chez les jeunes Nigériens.
Tout au long de la rencontre, les échanges ont été nourris, les questions nombreuses. « C’est inspirant de voir qu’un homme, parti d’un village modeste, a pu accomplir une telle prouesse », confie un participant, visiblement marqué par le récit.
Car avant d’entrer dans la légende, Gagarine était aussi un enfant de milieu rural, né en 1934 dans le village de Klouchino, dans une famille de paysans. Devenu pilote de chasse, il rejoint en 1960 le premier groupe de cosmonautes soviétiques, sélectionné pour participer à une aventure qui allait changer le cours de l’histoire.
Le destin de Gagarine s’est brutalement interrompu le 27 mars 1968, lors d’un vol d’entraînement à bord d’un MiG-15UTI. Il n’avait que 34 ans. Pourtant, son héritage demeure intact. Des cratères lunaires, des astéroïdes, des rues, des musées à travers le monde portent aujourd’hui son nom.
Au-delà de l’icône, les organisateurs ont tenu à rappeler l’homme : un père de famille, un mari, un fils, profondément attaché à ses racines et à ses proches. Une dimension humaine qui a particulièrement touché les jeunes présents.
À travers cette initiative, l’ONG Ensemble Main dans la Main Niger–Russie entend renforcer les liens entre le Niger et la Fédération de Russie, notamment dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique et de la culture.
Dans un contexte mondial où la coopération scientifique apparaît plus que jamais comme un levier de développement, ce type d’initiative prend une résonance particulière. À Niamey, cette journée aura permis, le temps de quelques heures, de lever les yeux vers le ciel — non pas comme une limite, mais comme une promesse.
Et pour ces jeunes rassemblés autour d’une histoire vieille de 65 ans, une certitude semble s’imposer : les frontières de demain ne seront peut-être plus celles de la Terre.
Sahel : Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme freinent le développement de la région, selon lieutenant-Dr Zakari – ANP – 15/04
Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au Sahel entraînent la déstabilisation des marchés financiers, augmentent les recettes fiscales et en constituent des obstacles au développement, renseigne l’officier de la gendarmerie Nigérienne Dr. Lieutenant Mahamadou Zakari dans un article paru dans la revue Sahel-Gates de Mars 2026.
L’officier nigérien , dans son analyse ‘’l’impact économique du terrorisme et du blanchiment d’argent sur le sahel et surtout au Niger’’, a d’abord contextualisé son étude en passant par l’historique et le cadre juridique, aux conséquences du financement du terrorisme et blanchiment d’argent.
Il a par la suite souligné les origines et facteurs clés du blanchiment d’argent et du terrorisme au Niger, ainsi que le rôle prépondérant des crypto monnaies.
Dr-lieutenant Mahamadou Zakari a surtout passé en revue les mécanismes du blanchiment d’argent, et enfin les conséquences du blanchiment d’argent et du terrorisme en Afrique et surtout au sahel.
Ainsi, l’auteur explique que ‘’le blanchiment d’argent constitue l’une des causes fondamentales de l’appauvrissement des pays du sahel et surtout du Niger tant qu’il contribue au financement des terroristes. Le financement du terrorisme, quant à lui, il a des origines diversifiées avec des conséquences multiples au Niger’’.
La phase du terrorisme et du blanchiment d’argent au Niger n’est plus cachée, qu’il faille procéder uniquement à la dénonciation, mais il est nécessaire que l’Etat mette en application des stratégies d’attaque ou de réaction pour lutter et éradiquer ces phénomènes qui engendrent des conséquences insurmontables dans tous les domaines et bloquent le développement en semant les incompréhensions et les doutes entre le gouvernement et les populations.
Dans son article, l’auteur s’interroge sur les impacts ou les conséquences du terrorisme et du blanchiment d’argent sur les pays du Sahel et surtout du Niger. Autrement dit : qu’est-ce que le terrorisme et le blanchiment d’argent apportent comme nuisance à l’économie des pays du Sahel et surtout du Niger ?
A partir de cette question principale, on peut déduire des questions secondaires comme suit : quelle est l’origine du blanchiment d’argent et du terrorisme au Sahel et surtout au Niger ? En d’autres termes, qui finance le terrorisme au Sahel et surtout au Niger ? Quelles sont les résolutions et actions prises dans la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent ?
Dr. Mahamadou Zakari renseigne qu’au Niger, les groupes terroristes diversifient leurs sources de financement, notamment par l’exploitation illicite des ressources minières et le prélèvement de taxes illégales sur les circuits économiques locaux, notant que la corruption, le trafic illicite de la drogue, le trafic illicite d’armes et la fraude fiscale constituent les menaces élevées.
Parlant spécifiquement des conséquences du blanchiment d’argent et du terrorisme en Afrique et surtout au Sahel, Dr- Lieutenant Mahamadou Zakari a fait comprendre que ce phénomène et son corollaire, le financement du terrorisme en Afrique ont des conséquences dévastatrices, notamment la déstabilisation de l’économie par l’inflation et la distorsion de la concurrence, la fragilisation de la gouvernance à cause de la corruption, l’affaiblissement de la sécurité par le financement de conflits et la pauvreté, ainsi que l’entrave au développement et à l’intégrité des marchés financiers. Ces activités criminelles minent la stabilité des États, rendent la collecte de revenus plus difficile et peuvent avoir des répercussions mondiales.
Des conséquences économiques
Déstabilisation des marchés financiers : L’introduction de capitaux illégaux fausse la concurrence, perturbe les flux financiers et encourage des activités économiques risquées.
Le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme affaiblissent la capacité des gouvernements à collecter des revenus, ce qui entrave le développement économique.
Autre conséquence : les flux financiers illicites sapent la stabilité économique, rendant le développement durable plus difficile à atteindre.
L’auteur préconise le recours à l’intelligence artificiel pour la détection des transactions suspectes et des circuits de blanchissement tout en suggérant l’encadrement de la cryptomonnaie à travers le renforcement et l’harmonisation de la réglementation.
Entre l’Iran et les États-Unis, pourquoi les juntes de l’AES ne veulent pas choisir – Jeune Afrique – 15/04
Un mois et demi après le déclenchement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, les juntes sahéliennes observent un silence remarqué, à la fois stratégique et contraint. Au risque de fragiliser leur posture souverainiste.
Téhéran, le 23 février. Le général Célestin Simporé, ministre burkinabè de la Défense, serre chaleureusement la main de son homologue iranien, le général Aziz Nasirzadeh. Les deux hommes posent tout sourire en uniforme, sous les regards ombrageux des portraits du Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, et de son prédécesseur, Rouhollah Khomeiny. À l’issue de la rencontre, le général iranien se félicite de ce signe d’un « renforcement des relations avec l’Afrique de l’Ouest », et en particulier avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cinq jours plus tard, il est tué par une frappe aérienne, tout comme Khamenei, dès les premières heures de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Un mois et demi après le déclenchement du conflit, aucune des juntes au pouvoir au sein de l’AES n’a officiellement réagi. La confédération, qui chapeaute l’alliance et dont le capitaine Ibrahim Traoré a pris la présidence en décembre dernier, n’a pas non plus eu de réaction officielle. L’AES, qui s’emploie désormais à tenter de parler d’une seule et même voix sur la scène diplomatique, s’est fendue d’un seul et unique communiqué, début mars. Mais il s’agissait alors de démentir une fausse communication, estampillée AES et circulant sur les réseaux sociaux, dans laquelle l’Iran était qualifié d’ « État allié » et qui affirmait que l’organisation sahélienne suivait les événements avec « gravité ».
Ne pas fâcher Donald Trump
Les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger s’étaient pourtant montrées sensiblement moins prudentes, au lendemain de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier dernier, en plein cœur de Caracas, par un commando des forces spéciales américaines. Dans un courrier adressé au Conseil de sécurité de l’ONU, qu’Ibrahim Traoré avait saisi au nom de la confédération qu’il préside, le chef de l’État burkinabè avait dénoncé une « ingérence inacceptable » et un « acte d’agression » constituant une « violation du droit international ».
Comment, dès lors, expliquer ce silence assourdissant des juntes sahéliennes face à l’opération américano-israélienne contre l’Iran ? La première réponse est conjoncturelle et immédiate : la peur des répercussions. « Prendre position dans un contexte aussi explosif, avec un Donald Trump qui a démontré qu’il était absolument imprévisible, serait extrêmement risqué pour les juntes », juge un analyste ouest-africain ayant souhaité garder l’anonymat.
« Tout le monde sait que le président américain est prêt à tout, à tout moment, et l’armée américaine est présente en Afrique de l’Ouest. Elle peut intervenir, comme elle l’a prouvé au Nigeria », abonde un économiste sahélien, sous couvert d’anonymat lui aussi, évoquant les frappes menées par l’armée américaine fin décembre, dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria. Si la cible était alors l’État islamique, cette démonstration de force de la puissance militaire américaine à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Niger n’a pas manqué d’inquiéter les états-majors sahéliens.
Garder de bonnes relations avec les Américains
Le silence des juntes sahéliennes s’explique également par un pragmatisme prudent, doublé d’une certaine forme d’opportunisme. Comme l’a montré l’activisme diplomatique de Washington vis-à-vis des pays de l’AES, l’administration Trump entend désormais rompre avec l’ère Biden et renouer le dialogue avec les juntes. Les récentes visites à Bamako, Ouagadougou puis Niamey, de Nick Cheker, chef du bureau des affaires africaines du Département d’État américain, qui a multiplié les rencontres de haut niveau au cours des dernières semaines, ont été la face visible de cette offensive américaine.
« Malgré tout ce qui a pu être écrit dans les médias, les États-Unis n’ont jamais complètement cessé leurs échanges avec les pays de l’AES », confiait à Jeune Afrique une source sécuritaire américaine basée en Afrique de l’Ouest, mi-février. Outre les échanges de renseignements dans le cadre de la lutte anti-terroriste, notre source assure par ailleurs, sans vouloir se montrer plus précise, que les États-Unis ont « plusieurs projets, lancés avant les coups d’État, et qui continuent ».
Et si les soldats américains ont été contraints, en août 2024, de quitter la base qu’ils occupaient à Niamey, ce retrait imposé s’intègre, à en croire notre interlocuteur, dans la nouvelle doctrine américaine en Afrique de l’Ouest : « Nous ne souhaitons plus envoyer de troupes au sol, nous voulons monter des partenariats plus robustes fondés sur des échanges de renseignements ».
Divergences diplomatiques et fragilités économiques
Autre élément qui joue dans le positionnement de l’AES : les trois dirigeants sahéliens peinent encore, sur de nombreux sujets diplomatiques, à afficher une position commune. Le Mali d’Assimi Goïta, en pleine crise diplomatique avec la Mauritanie en raison de l’insécurité récurrente sur les 2 000 kilomètres de frontière entre les deux pays, est également engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec Alger.
Au point que le 10 avril, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a annoncé que Bamako retirait sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), estimant au passage qu’« une autonomie véritable sous souveraineté marocaine est la solution la plus réaliste ». Un alignement sur la position marocaine qui, de fait, rompt avec la ligne tenue depuis le début des années 1980 par le Mali sur le dossier du Sahara occidental. À l’inverse, le Nigérien Abdourahamane Tiani se rapproche de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, notamment dans la perspective – lointaine – de relancer la construction du gazoduc transsaharien.
« Leurs intérêts diplomatiques divergent sur de nombreux sujets, voire sont radicalement opposés. Là, les trois juntes semblent d’accord pour saisir, prudemment, la main tendue par les États-Unis. Le simple fait d’adopter la même position est déjà une victoire diplomatique », relève l’économiste sahélien cité plus haut. Il estime également que cette absence de condamnation est peut-être, et surtout, dictée par des enjeux économiques : « À mesure que les mois et les années passent, et que les difficultés s’accumulent, on assiste à un retour à une forme de réalisme, aussi bien économique que politique ».
« Au Burkina Faso, Ibrahim Traoré est confronté à des frictions internes à la junte qui sont de plus en plus visibles ; au Mali, Assimi Goïta fait face aux conséquences de la crise du carburant, et le mécontentement va aller croissant avec l’inflation ; au Niger, Abdourahamane Tiani est confronté à l’urgence de renflouer les caisses… Dans cette situation, il est évident que chacun entend se concentrer sur ces problèmes intérieurs », détaille l’expert en politiques publiques.
Un ancien ministre ouest-africain fait une analyse similaire : « Les juntes au pouvoir ont pour premier objectif de se maintenir. Et pour cela, elles ont un besoin crucial des financements des bailleurs internationaux. Or ni le FMI ni la Banque mondiale ne déboursent un dollar sans l’aval des États-Unis. Fâcher Washington, c’est risquer de voir se tarir soudainement cette source de financement. »
Souverainisme à géométrie variable
Mais ce silence gêné ne risque-t-il pas d’entrer en contradiction totale avec les discours antiimpérialistes vantant le respect de la souveraineté des peuples ? Ne risque-t-il pas de couper les juntes d’une partie de leur base populaire ? « Les appels à la révolution marchent un temps, mais les juntes sont rattrapées par la réalité du pouvoir. Quand le prix de l’essence augmente de près de 15 % et celui du gasoil de 30 %, les slogans ne suffisent plus », tranche l’économiste sahélien cité plus haut. L’ancien ministre ouest-africain est plus brutal encore : « Cette idéologie panafricaine et souverainiste est une posture opportuniste, une idéologie d’emprunt qui ne repose sur rien. »
En contradiction avec la ligne souverainiste revendiquée par les dirigeants de la confédération sahélienne à chacun de leurs discours, le silence gêné des militaires à la tête de l’AES depuis le début de la guerre pourrait également raviver les tensions latentes avec certains chefs religieux. Au Mali, où Assimi Goïta est déjà en conflit ouvert avec l’imam Dicko qui lance régulièrement des appels à s’opposer à la junte depuis son exil en Algérie, la communauté chiite a plusieurs fois pris des positions fermes.
Le 11 avril dernier, Chouala Bayaya Haïdara, chef spirituel chiite et président de l’association Hizbourahamane, s’est ainsi rendu à l’ambassade d’Iran à Bamako, accompagné de représentants de l’Alliance des jeunes musulmans du Mali (AJMM), pour y apporter son soutien à Téhéran. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux quelques jours plus tôt, le leader religieux se félicitait de constater que « même après la mort de l’ayatollah [Khamenei], l’Iran a continué à résister ». Et de conclure que, « dès lors, l’Iran a gagné ».

