Revue de presse Niger – 17/04/2026

Revue de presse Niger – 17/04/2026

Coopération Niger-Libye : le ministre libyen des Affaires étrangères reçu par le Premier ministre – ANP – 16/04  

Le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine, a reçu, ce mercredi 16 avril 2026 à son cabinet, le ministre libyen des Affaires étrangères, M. Eltaher Salem Elbaour à la tête d’une délégation.

Le chef de la diplomatie libyenne a indiqué être venu présenter ses salutations aux plus hautes autorités nigériennes, soulignant que les deux pays entretiennent des relations historiques qui dépassent ‘’les liens de fraternité et de mariage ‘’.

‘’Cette coopération entre la Libye et le Niger englobe plusieurs activités et consultations dans les domaines économiques et politiques ‘’ a-t-il précisé.

M. Elbaour a rappelé que sa visite fait suite à celle du ministre nigérien des Affaires étrangères la semaine dernière à Tripoli, où les deux responsables s’étaient rencontrés en marge de l’ouverture du complexe Sadam.

‘’ Des questions importantes ont été discutées lors de cette rencontre, les deux parties doivent travailler sur ces dossiers pour l’intérêt commun des deux pays ‘’ a-t-il poursuivi, annonçant que ‘’les deux délégations prendront contact pour discuter d’un protocole d’accord sur plusieurs questions importantes ‘’.

A cette occasion, M. Elbaour a transmis ses remerciements au gouvernement nigérien, notamment au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères, pour l’hospitalité dont ils font l’objet depuis leur arrivée à Niamey.

Le Ministre libyen des affaires étrangères a enfin souhaité que cette visite permette de réaliser des progrès dans la coopération bilatérale entre les deux pays.

Il critique Tiani, le Niger le vomit et désactive son passeport nigérien : Kemi Seba de nouveau apatride – L’Infodrome 17/04  

Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi a été interpellé en Afrique du Sud. Selon les éléments communiqués par la police sud-africaine, l’arrestation a eu lieu à Pretoria, en compagnie de son fils et d’un certain François van der Merwe. Ce dernier aurait été rémunéré pour faciliter une entrée illégale au Zimbabwe voisin, avant un projet de passage vers l’Europe.

Placé en détention provisoire, l’activiste a vu son audience renvoyée au 20 avril 2026. En attendant, les interrogations se multiplient. Le Bénin, qui a émis un mandat d’arrêt international à son encontre pour « apologie du terrorisme et incitation à la rébellion », réclamerait son extradition. Mais l’affaire se complique par un élément diplomatique de taille. Kemi Seba détient un passeport diplomatique du Niger, document qui lui avait été délivré par les autorités de Niamey, où il était présenté comme conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani. Le passeport français était un titre de protection pour lui. Lorsqu’il faisait l’objet d’une interpellation, il brandissait ce passeport : Je suis Français et la France intervenait pour sa libération. Aujourd’hui, avec le passeport diplomatique du Niger, il voyageait clandestinement et a été chopé par la police. Malheureusement, il n’a plus ce précieux document de protection qu’est le passeport français.

La prise de position contre Niamey

Or, entre-temps, le Niger a brutalement changé de position. Un communiqué du secrétariat général du gouvernement, publié le jeudi 16 avril 2026, annonce le retrait immédiat de son passeport diplomatique, la cessation de ses fonctions auprès de la présidence, ainsi que sa déclaration en tant que « personne non grata » sur le territoire nigérien. Motif invoqué des agissements jugés contraires aux intérêts fondamentaux de la nation, à l’ordre public, et aux principes de coopération et de confiance régissant les relations entre les institutions et leurs collaborateurs. Niamey avait jusqu’ici soutenu l’activiste, mais après des critiques publiques de Kemi Seba à l’encontre de la gouvernance du général Tiani, le CNPS s’éloignede lui. Selon des sources, l’activiste aurait récemment dénoncé certaines orientations du régime nigérien, ce qui aurait précipité sa disgrâce.

Le voici désormais apatride de fait, privé de son statut diplomatique et persona non grata dans le pays qui l’avait accueilli.

Le mandat d’arrêt international émis par le Bénin daye de décembre 2025, quelques jours après le putsch manqué. Les autorités de Cotonou poursuivent Kemi Seba pour des déclarations faites lors de la mutinerie avortée du 7 décembre 2025, dans lesquelles il s’était félicité de l’annonce rapidement démentie d’une tentative de destitution du président Patrice Talon. Depuis, l’activiste multiplie les critiques contre le régime béninois, qu’il accuse de maintenir une emprise néocoloniale française et de réprimer toute opposition. L’ONG Urgences panafricanistes, que préside Kemi Seba, a publié un long communiqué dénonçant une « mise à mort politique méthodiquement engagée » par le pouvoir béninois. Selon elle, l’activiste incarne l’espoir d’une génération aspirant à la souveraineté et à la rupture avec la « françafrique ». L’ONG rappelle que l’entourage de l’opposant a été victime de persécutions, y compris ses parents âgés, arrêtés et détenus pendant plusieurs jours. Elle voit dans l’arrestation en Afrique du Sud une nouvelle manœuvre du régime de Patrice Talon, appuyé par son « parrain français ».

Toutefois, la procédure sud-africaine n’est pas celle du Togo ou du Burkina Faso. En janvier 2026, l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrêté au Togo, avait été transféré à Ouagadougou en un temps record, « comme un colis militaire », selon l’expression reprise par plusieurs observateurs. Une extradition éclair perçue comme un transfert politique. En Afrique du Sud, en revanche, le cadre juridique est plus contraignant. L’extradition obéit à des règles précises, avec intervention des tribunaux et respect des droits de la défense. Les avocats de Kemi Seba pourront contester la demande béninoise, notamment en arguant du caractère politique des poursuites un motif classique de refus d’extradition dans de nombreux traités internationaux. La présence du passeport diplomatique nigérien, même désormais révoqué, complique encore le tableau. Au moment de son arrestation, Kemi Seba était porteur de ce document d’où le gage de citoyen nigérien. Les autorités sudafricaines devront déterminer si elles reconnaissent sa validité passée et quel statut accorder à l’intéressé. Niamey, en le déclarant persona non grata, semble vouloir se désolidariser complètement de l’affaire, laissant Pretoria et Cotonou se débrouiller seuls.

Que devient l’État de droit

L’ONG Urgences panafricanistes appelle au calme et à la mobilisation, affirmant que l’Afrique du Sud, terre de lutte contre l’apartheid, ne saurait se faire le complice d’un « régime aux ordres ». Elle estime que le combat de Kemi Seba est juste et que la justice sud-africaine, héritière de l’esprit de Mandela, saura résister aux pressions. « L’Afrique n’est jamais tombée », martèle le communiqué, promettant que « le meilleur arrive » et que « nous vaincrons ». Privé de son passeport nigérien, menacé d’extradition vers le Bénin où l’attend une procédure judiciaire à charge, il risque également d’être poursuivi en Afrique du Sud pour tentative d’entrée illégale au Zimbabwe. Son fils, arrêté avec lui, complique encore les aspects familiaux de l’affaire. Pour les observateurs de la scène politique ouest-africaine, ce dossier traduit les limites du panafricanisme radical quand il se heurte aux réalités des États. Kemi Seba, qui avait trouvé refuge au Niger après la déchéance de sa nationalité française, perd aujourd’hui son dernier appui étatique.

Ses critiques récentes contre le général Tiani dont on ignore encore la teneur exacte lui ont coûté son passeport diplomatique et son statut. L’activiste se retrouve seul face à la machine judiciaire béninoise, dans un pays étranger, l’Afrique du Sud, dont les tribunaux devront trancher. L’audience du 20 avril sera décisive. La justice sud-africaine devra se prononcer sur la légalité de la détention et, le cas échéant, sur la recevabilité d’une demande d’extradition. Entre les pressions diplomatiques de Cotonou, le silence de Niamey et la mobilisation des soutiens de Kemi Seba, le juge devra faire prévaloir le droit. L’affaire est scrutée bien au-delà des frontières sud-africaines, car elle pose une question de fond : l’extradition peut-elle être utilisée comme une arme politique contre les opposants ?

La BOAD se retire du capital de BOA Niger et BOA Bénin Agence Ecofin 17/04  

La Banque ouest-africaine de développement a cédé ses participations dans ces deuc filiales de Bank of Africa à l’industriel Sonimex. Cette évolution intervient dans un contexte de performances différenciées entre les deux établissements et de réallocation des positions au sein du groupe.

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a cédé, au cours de l’année 2025, l’ensemble de ses participations détenues au capital de BOA Bénin et BOA Niger. L’information a été rendue publique jeudi 16 avril par Bank of Africa Group à l’occasion de la présentation des résultats 2025 de ses six filiales cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).

Au Bénin, la BOAD, actionnaire historique de BOA Bénin depuis sa création en 1989, a cédé la participation de 2,3 % qu’elle détenait à l’opérateur industriel béninois Sonimex. Cette cession, dont le montant n’a pas été dévoilé, marque la fin d’une présence de plus de trois décennies de la BOAD au capital de BOA Bénin. Avec son retrait, l’actionnariat de BOA Bénin a évolué. Au 31 mars 2026, BOA West Africa reste majoritaire avec 54,1 % des parts, suivi de Sonimex (2,3 %), tandis que le flottant à la BRVM s’établit à 43,6 %.

Au Niger, la BOAD, institution de financement du développement des États de l’Union monétaire ouestafricaine (UMOA), a également cédé la totalité de sa participation dans BOA Niger, soit 5,7 %, au même investisseur, Sonimex. Cette opération marque la sortie de la BOAD du capital de la troisième banque du Niger en termes de crédits et de dépôts, ainsi que de l’unique société nigérienne cotée à la BRVM. Elle traduit également une recomposition de l’actionnariat au sein de cet établissement, avec l’entrée d’un acteur privé régional.

Des trajectoires financières contrastées entre les deux filiales

La sortie de la BOAD intervient dans un contexte de divergence des performances entre les deux filiales. Au Bénin, BOA a enregistré une progression de ses principaux indicateurs en 2025. Le total bilan a progressé de 2,6 % pour atteindre 964, 6 milliards de francs CFA, tandis que le produit net bancaire a augmenté de 10,2 % pour s’établir à 51,27 milliards de francs CFA. Le résultat net de la banque a progressé de 2,3 %, à 20,1 milliards FCFA, soutenu par l’évolution de la marge nette d’intérêt. La banque a proposé un dividende de 585 francs CFA par action, pour un montant global proche de 25 milliards de francs CFA. Cette dynamique s’accompagne d’un ajustement de l’activité, marqué par une baisse des dépôts (-3,1 %) et des crédits (-4,1 %), en lien avec une réorientation vers le financement des petites et moyennes entreprises.

Au Niger, BOA Niger a affiché des indicateurs en recul. Le total bilan a diminué de 9,5 % en 2025 et le produit net bancaire s’est établi à 21,1 milliards FCFA, en baisse de 1,2 %. Le résultat net a connu une contraction significative de 91,8 %, à 409 millions de francs CFA, contre 5 milliards FCFA un an plus tôt. Les dépôts ont progressé, tandis que les crédits ont reculé. Dans ce contexte, la banque n’a pas prévu de distribution de dividende au titre de l’exercice 2025.

Enjeux pour le groupe et dynamique du marché régional

Ces opérations de cession s’inscrivent dans un environnement marqué par des ajustements stratégiques au sein du groupe. Les six filiales bancaires cotées à la BRVM représentent 8 % de la capitalisation boursière globale et 20 % du secteur financier sur ce marché régional. Les filiales ont affiché une performance globale de +48,5 %, supérieure à celle du marché boursier (+25,3 %), mais disparate, variant de +1,4 % à +112 %.

LA VOIE DU SAHEL

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