Kemi Seba toujours derrière les barreaux : le silence assourdissant de ses alliés panafricanistes interroge.

Kemi Seba toujours derrière les barreaux : le silence assourdissant de ses alliés panafricanistes interroge.

Par Abdoulkarim Ousmane Mahamadou.

L’influenceur et militant panafricaniste Kemi Seba reste détenu en Afrique du Sud. L’audience consacrée à l’examen de la demande d’extradition formulée par le Bénin, attendue le 14 juillet, a une nouvelle fois été reportée. En cause, un retard dans la transmission officielle du dossier, qui vient seulement d’être déposé à l’ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou.
Ce nouveau renvoi prolonge l’incertitude autour du sort de celui qui s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures les plus médiatiques du courant souverainiste africain. En attendant que la justice sud-africaine puisse examiner le fond du dossier, Kemi Seba demeure en détention, sans qu’aucune date définitive n’ait été annoncée pour la reprise de la procédure.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire soulève désormais une question politique et médiatique. Alors que Kemi Seba a souvent bénéficié du soutien public de plusieurs personnalités du mouvement panafricaniste, leur silence actuel ne passe pas inaperçu.
Parmi les absents les plus remarqués figurent Abdourahamane Oumarou du Niger, Nathalie Yamb ainsi que Franklin Nyamsi, tous connus pour leurs prises de position en faveur de la souveraineté africaine et leurs critiques virulentes contre les puissances occidentales. Jusqu’à présent, aucune campagne d’envergure ni déclaration forte n’a été enregistrée de leur part pour exiger la libération ou soutenir publiquement Kemi Seba.
Cette discrétion contraste avec la mobilisation observée par le passé sur d’autres dossiers impliquant des figures du mouvement panafricaniste. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes s’interrogent déjà sur les raisons de cette réserve, certains y voyant une fracture au sein du courant souverainiste, tandis que d’autres évoquent un choix stratégique afin de ne pas interférer avec une procédure judiciaire en cours.
De son côté, le Bénin poursuit ses démarches pour obtenir l’extradition de son ressortissant. Les autorités béninoises reprochent à Kemi Seba plusieurs faits qui restent au cœur de la procédure judiciaire. L’Afrique du Sud devra désormais examiner la recevabilité de cette demande avant toute décision éventuelle de remise aux autorités béninoises.
L’affaire dépasse aujourd’hui le simple cadre judiciaire. Elle met également à l’épreuve la solidarité affichée entre les principales figures du panafricanisme contemporain. En attendant la prochaine audience, une question demeure : les voix qui dénoncent régulièrement les injustices à travers le continent se feront-elles entendre pour défendre l’un des leurs, ou le silence continuera-t-il d’accompagner cette affaire ?

La voie du Sahel.

LA VOIE DU SAHEL

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